Beaucoup d'hommes ont un orgueil qui les pousse à cacher leurs combats et à ne se montrer que victorieux.
Les bonnes marchandises se passent de publicité.
Beaucoup de gens produisent, en se servant de mots qu'ils ne comprennent guère, un grand effet sur l'esprit d'autres gens qui ne les comprennent pas.
Les morts n'ont pas de voix, heureusement. Si les morts pouvaient se plaindre, quel cri, quelle clameur. On ne s'entendrait plus vivre.
Les Américains sont épouvantables en amour : ou ils sont tellement lents qu'on a envie de hurler, ou bien ils sont tellement rapides qu'on hurle.
On ne peut ni échapper au regard des dieux ni les contraindre.
Les auteurs de l'injustice s'arrangent toujours pour avoir la force de leur côté.
Les vertus religieuses ne font qu'augmenter avec l'âge; elles s'enrichissent de la ruine des passions et de la perte des plaisirs.
Les femmes tâtent leur chignon comme les hommes tâtent leur braguette.
Quand les riches se droguent c'est pittoresque. Quand les pauvres se droguent c'est un fléau social.
L'artiste ? Simple moisissure sur les excroissances lépreuses de la société... Ah l'abominable colporteur de rêve, l'immonde déviationniste de l'humanité !
Les systèmes sont les fictions du génie de chaque philosophe.
Battre les records, c'est l'idée fixe d'un véritable sportif, et il y a là comme une usurpation par le corps de cette vocation spirituelle du chrétien : se dépasser soi-même.
Les obstacles sont ces choses effrayantes que vous apercevez quand vous quittez votre but des yeux.
Le langage qu'un homme parle est un monde dans lequel il vit et agit ; il lui appartient plus profondément, plus essentiellement que la terre et les choses qu'il nomme son pays.
On pleure infiniment plus en son coeur que dans les yeux ou sur les joues. Les larmes du dedans rongent. Les autres, paraît-il, soulagent plutôt qu'elles ne rongent.
Les passions sont aux sentiments ce que la pluie est la rosée, ce que l'eau est à la vapeur.
Les gens de la terre : ils comprennent avec leur coeur et ils ont confiance en la nature humaine
Les yeux des autres sont autant de miroirs déformants et qui tuent à petit feu.
C'est une extraordinaire chose que le théâtre. Des gens comme vous et moi s'assemblent le soir dans une salle pour voir feindre par d'autres des passions qu'eux n'ont pas le droit d'avoir - parce que les lois et les moeurs s'y opposent.
Une Vénus est bien difficile à peindre puisqu'elle porte toutes les perfections, il est à peu près impossible de la rendre véritablement séduisante.
Dieu a construit le monde en une semaine et comme on n'a pas voulu le payer, il a rajouté les maladies.
C'est très couvrant de dire du mal de soi, surtout si l'on sait trouver les bonnes formules : elles vous habillent.
Celui qui accepte les inconvénients de la vie politique, ses servitudes, ses responsabilités, ses salissures et parfois ses risques, le fait pour agir, pour imprimer sa marque aux événements, en un mot pour gouverner.
L'homme est naturellement bon ; il aime à faire payer les services qu'on lui rend.
Les visages sont laids quand tu te sens seul.
Les candélabres coûtent plus cher que l'enterrement.
L'homme n'invente l'éternité de son existence que dans les sentiments qu'il partage.
Plus les grands patrons néolibéraux augmentent leurs revenus, plus ils estiment excessif le "coût de la main-d'oeuvre".
Les enfants (...) sont le seul moyen dont nous disposons pour tromper la mort et atteindre l'immortalité.
Lorsque les doigts préparent le beignet de haricot, ces doigts ne se frottent pas contre du sable.
Les gens changent. Je ne voudrais pas être responsable des interviews que j'ai faites, ou de la personne que j'étais quand j'avais 20, 21 ans.
Nous en savons moins sur les routes et le but d'une vie d'homme que sur ses migrations l'oiseau.
Quand la guerre est là, les artistes sont peut-être les derniers qui s'accordent une parole de liberté et peuvent faire rayonner cette force dans le peuple.
La barbarie ne pourra jamais être comprise. Elle vient de l'emprise du diable sur les hommes.
Tant pis et tant mieux sont les deux grands pivots de la conversation française.
Le sel est âcre quand on le goûte à part ; mais c'est le parfait assaisonnement qui donne aux mets toute leur saveur. Ainsi les difficultés sont-elles le sel de la vie.
La seule façon d'être suivi, c'est de courir plus vite que les autres.
Il ne faut pas mêler les torchons et les serviettes.
Il n'y a rien de plus malheureux pour les peuples que les trop longs règnes et comme Dieu est éternel, c'est la fin de tout.
Les grandes joies, comme les grandes douleurs sont muettes.
Etant l'impression passionnée de la vie, les arts ont pour fonction de nous mettre devant la vie dans un état passionné.
Contempler le monde ne coûte rien. Ce qu'il faut payer ensuite, ce sont les commentaires.
Il y a dans l'aurore du talent quelque chose de naïf et de hardi en même temps qui rappelle les grâces de l'enfance et aussi son heureuse insouciance des conventions qui régissent les hommes faits.
Le gouvernement est comme toutes les choses du monde ; pour le conserver il faut l'aimer.
Les enfants sont des adultes ratés.
Les horizons les plus beaux sont par nature inaccessibles.
Le plus grand bonheur ? Avoir tous les vices du monde, sans les reproches ni les remords qui les accompagnent.
Toute pensée qui se bornera aux combinaisons de l'économie politique sera infailliblement trompée dans les grandes affaires humaines.
Même dans une société éclairée, les tabous nuisent aux causes qu'ils prétendent servir. Car ils provoquent des peurs et les peurs induisent des comportements irrationnels, y compris en politique.