Nos beaux sentiments ne sont-ils pas les poésies de la volonté ?
La pensée se forme dans l'âme comme les nuages se forment dans l'air.
Ne pensez pas que ceux qui poursuivent les dames prennent tant de peine pour l'amour d'elles ; car c'est seulement pour l'amour d'eux et de leur plaisir.
Le mariage fait les êtres vieux et routiniers avant l'âge.
Les pensées qui nous viennent valent mieux que celles que nous trouvons.
Les choses se déforment facilement quand on regarde en arrière.
Les choses de l'enfance ne meurent pas, elles se répètent comme les saisons.
Les catholiques envisagent l'enfer sans en mourir, c'est plus confortable que rien.
Le passé est un enfer dont les morts ne peuvent plus sortir.
Les intellectuels sont des impuissants qui rêvent de confort en prétendant le contraire.
Nous nous sommes partagés les dieux, mais eux, se sont-ils partagé les hommes ?
Les riches conservent peu d'illusions. Ils laissent cela aux autres. C'est peut-être un service qu'ils leurs rendent sans le savoir.
Les lecteurs sont nombreux ; les penseurs sont rares.
Si les individus sont importants, les relations entre les individus ne le sont pas.
Pourquoi les situations heureuses sont-elles passagères ? Qu'ont-elles de plus fragile que les autres ?
Les médecins c'est comme les épouses ; elles ne sont jamais là quand on en a besoin.
Les pessimistes, ceux qui disent : considérons d'un côté les désavantages, de l'autre les inconvénients.
Chez certains, les vestiges du singe sont plus apparents !
Le public et les acteurs doivent être susceptibles de comprendre la même chose dans le même temps.
Les idées passent mal à la télé.
L'état ne peut pas augmenter les salaires, mais il peut aider les salariés à dépenser moins...
On appelle faiblesse les fautes des femmes qui ont une bonne réputation. Elles s'appellent scandales pour les autres.
Les vieilles amitiés s'improvisent.
Larmoir : meuble servant à ranger les pleurs.
Il n'y a de peuples vraiment paresseux dans les nations civilisées que ceux qui sont gouvernés de manière qu'il n'y aurait rien à gagner pour eux en travaillant davantage.
L'automne fait les bruits froissés,De nos tumultueux baisers...
Des livres lui dégringolaient sur les épaules, les bras, le visage. Un volume lui atterrit dans les mains, presque docilement, comme un pigeon blanc, les ailes palpitantes.
La douleur d'une perte vient du bonheur d'avoir pu profiter d'une présence. Les pires deuils sont possibles parce que nous avons aimé.
Les photos que j'aime, c'est un hasard d'une rencontre.
Les masses ouvrières sont toujours exploitées et opprimées par une minorité parasitaire qui, si elle ne disposait que de ses forces propres, ne pourrait maintenir sa domination un jour, une heure !
Et si les baisers dans ces mots pouvaient aussi voyager, Madame, vous liriez cette lettre avec vos lèvres.
Il n'y a rien de plus confinant que les prisons de nos propres perceptions.
Dans le petit monde où vivent les enfants, qui que ce soit qui les élève, il n'y a rien de si finement perçu et de si finement ressenti que l'injustice.
Dieu crée les hommes, mais ils se choisissent.
Le pays a besoin d'une autre voie, qu'on apaise les choses.
C'est ce que les gens savent d'eux-mêmes à l'intérieur qui leur fait peur.
L'artiste rend les choses concrètes et leur donne de l'individualité.
Je suis persuadé que les écrivains du futur assureront la relève comme l'a fait chaque génération depuis Homère...
Il ne faut pas prendre les gens ternes pour des messies.
Avant de croire en Dieu, il est nécessaire que les hommes croient en eux-mêmes.
Le son du tambour dissipe les pensées ; c'est par cela même que cet instrument est éminemment militaire.
L'absence grandit l'être aimé, le pare de qualités que souvent il n'a pas, estompe les défauts qu'il a.
Les fonctionnaires sont un petit peu comme les livres d'une bibliothèque. Ce sont les plus hauts placés qui servent le moins.
S'ils sont plus grands que nous... ils ont les pieds aussi bas que les nôtres.
Les plaisirs pris sans modération abrègent plus les jours des hommes que les remèdes ne peuvent les prolonger.
Il y a une chose dont on ne loue jamais les morts et qui est cependant la cause de toutes les louanges qu'on leur a données : c'est qu'ils sont morts.
L'histoire n'est pas dans les mots, elle est dans la lutte.
Un vieillard n'a plus de vices, ce sont les vices qui l'ont.
De même que les administrations fonctionneraient de façon satisfaisante s'il n'y avait pas le public, de même les théories économiques seraient relativement faciles à établir sans la présence de cet insupportable gêneur qu'est l'homme.
Les discours doivent correspondre aux saisons.