Dire qu'il faut transmettre les valeurs de la République, c'est trop faible : il faut transmettre l'amour de la France.
On triomphe de toutes les horreurs de l'existence grâce à l'amnésie victorieuse et les capacités de sublimation.
Je m'aperçois soudain que je ne puis me rappeler en réalité aucun détail particulier de votre visage. Seulement votre silhouette, vos vêtements, au moment où vous êtes partie entre les tables du café : cela, oui, je me souviens...
Sachons éviter les offenses, puisque nous ne savons pas les supporter.
Si faire était aussi aisé que savoir ce qu'il est bon de faire, les chapelles seraient des églises, et les chaumières des pauvres gens des palais de princes.
En général, les gens sont plus intéressants quand ils ne font rien que quand ils font quelque chose.
Nous avons contre les femmes laides qui nous font des avances une colère faite du regret des jolies que nous n'avons pas eues.
De tous les animaux, seul le chat atteint une vie contemplative.
Une jeune femme a beau se convaincre que tous les hommes sont des vauriens, il en vient toujours un qui a l'air d'une exception.
Les maux du corps donnent l'idée de la mort, les peines de l'âme celles de l'éternité.
C'est la peur qui sert les partis, qui les grandit, qui les crée ; car c'est elle qui fait croire à leur pouvoir.
Si tous les gens étaient sages et bons, il ne se passerait rien et la terre semblerait inhabitable.
Votre jeunesse et votre sincérité. C'est peu pour s'en aller dans les méandres du monde.
Si les Romains avaient dû d'abord apprendre le latin, ils n'auraient jamais eu le temps de conquérir le monde.
Avec les rêves aussi on peut faire des confitures. Il suffit d'ajouter des fruits et du sucre.
Les plus grands jeux inventés par l'homme simulent la vie et la mort à s'y méprendre.
Dans l'immense marmite où mijotent tous les rêves des hommes en quête de consommation, l'écologie ne saurait servir de fond, au sens culinaire du terme, de bouillon destiné à mouiller les ragoûts qui n'agrémentent qu'un volet de notre vie de chaque jour.
Les hommes attendent parfois de la vie quelque chose qu'elle ne leur donnera pas, et cette attente idiote, c'est leur but, leur passion. Pourquoi les hommes rendent-ils creux ce qui est plein ?
Les raisons de dire "non" sont toujours plus mobilisatrices que celles de dire "oui".
En art ce qui est important ce n'est pas les matériaux mais ce que l'on veut dire.
Si les femmes sont les plus fortes, c'est que les hommes ne peuvent oublier qu'elles leur ont donné la vie, et parfois l'élan pour avancer, seuls comme des grands. Et que le «seul» pose problème.
On se dit que mieux vaudrait jouer, tous les quatre ans, le sort de ce pays à pile ou face. Il y aurait plus de chances heureuses. Celles-ci sont éliminées, sauf incident des élections législatives, par la pression d'une machine [...] ► Lire la suite
Le soir, on rencontrait par les chemins le vieux meunier poussant devant lui son âne chargé de gros sacs de farine.
C'est une terrible blessure narcissique d'admettre que nous ne sommes pas l'espèce les plus évoluées des créatures vivantes.
Que les choses soient parfaitement légales ! La loi d'abord... toujours la loi... le respect de la loi !
La télé dans les prisons : ils avaient déjà les barreaux, maintenant ils ont les chaînes.
Je suis trempé comme une soupe, j'ai que les dents à l'abri !
Les bandes dessinées sont des histoires; ils sont comme des romans ou n'importe quoi d'autre. Donc, la première chose à faire est de devenir un bon conteur.
Les soins d'une mère pour son enfant sont le fruit de l'expérience de toute sa vie.
Rien n'est éternel sauf, chez les hommes courageux, le goût de la liberté.
Tout ce que les hommes ont dit de mieux a été dit en grec.
L'homme est l'être qui ne peut sortir de soi, qui ne connaît les autres qu'en soi, et, en disant le contraire, ment.
On étouffe les clameurs, mais comment se venger du silence ?
L'espérance vertueuse va vite : elle possède les ailes de l'hirondelle.
A un certain âge, toutes les femmes ont envie d'être veuves.
Les événements sont comme les trapèzes : il y a une coïncidence et une seule qui permet de passer de l'un à l'autre.
On demande une miette d'amour pour tous les jours. On nous en donne une tonne pour l'éternité, qui est la mort.
Les révolutionnaires pensent abolir les classes : ils rétablissent une hiérarchie encore plus dure.
Les sociétés à castes et à classes rigides faisaient un gaspillage impardonnables de talents... Mais il faut reconnaître que de telles sociétés réduisaient les aspects nocifs de la compétition.
La censure intérieure de l'homme est impitoyable : nous ne connaissons même pas les pensées que nous ne voulons pas enfanter.
A quoi bon pleurer sur ce qui aurait pu être ?... Les hommes sont-ils donc les artisans de leur propre malheur ? Peuvent-ils se soustraire aux forces du destin ?
Les hommes ne se donnent la peine de se faire beaux que lorsqu'ils vont mourir. Comme s'ils voulaient être encore plus regrettés...
C'est une manie, chez ceux qui louangent les grands disparus, de semer des références à leur propre talent et de s'applaudir eux-mêmes.
Les barricades sont les voix de ceux qu'on n'entend pas.
Chaque crime est un noyau atomique et les éléments récurrents ses électrons, oscillant autour de lui et dessinant une vérité subliminale.
Ne discutez jamais avec les gens qui achètent l'encre par bidon de cinq litres.
Traitez vos amis comme vos tableaux : placez-les dans la lumière la plus favorable.
Les wagons du funiculaire sont construits selon une obliquité similaire à celle du chapeau d'un homme qui ne veut pas être reconnu.
Et pour quelles raisons étranges Les gens qui pensent autrement, Ça nous dérange ?
On a parfois l'impression que les Anglais ont pour principale occupation de jouer à être anglais.