Dans l'hôtellerie, les cafés et la restauration, dans le bâtiment, il n'y a pas un endroit où je vais où ils ne me disent pas qu'ils cherchent des gens. Pas un ! Hôtels, cafés, restaurants, je traverse la rue, je vous en trouve !
Tous les systèmes de moralité sont basés sur l'idée qu'une action a des conséquences qui la légitiment ou l'annulent. Un esprit imprégné d'absurde se contente de juger que ces conséquences doivent être examinées avec sérénité.
En tant qu'acteur en difficulté, vous ne recherchez pas les rôles qui vous définissent; vous cherchez juste du travail.
Montrez-lui que la richesse ne vous assurera pas un instant de bonheur, que le luxe ne console que les pauvres, uniquement parce qu'ils n'y sont pas habitués et pour peu de temps !
Non, mesdames et messieurs, la France n'est plus un pays libre, ni d'ailleurs un pays d'hommes libres. Tout le monde se couche, tout le monde s'écrase, tout le monde se tait, pour ne pas offenser les puissants, pour ne pas encourir leurs foudres.
Les grands poètes, les philosophes, les prophètes sont des êtres qui par le pur et libre exercice de la volonté parviennent à un état où ils sont à la fois cause et effet, sujet et objet.
Il n'est pas moins essentiel pour le bonheur de conserver des désirs que de les satisfaire.
La Bienséance est venue - et les Moeurs ont disparu.
Tous les coûts sont dans la facture.
Une fâcheuse rencontre a plus d'éloquence que tous les avertissements du monde.
Les artistes sont les antennes de la race.
Les hommes d'Etat vivent au jour le jour, tous les événements les surprennent, et les problèmes qu'ils s'efforcent de résoudre sont ceux de la veille ou de l'avant-veille, qu'ils n'ont d'ailleurs pas encore compris.
Les pires exils sont intérieurs.
L'homme meurt avec les idées qui meurent en lui.
Tous les débauchés sont des saints qui s'ignorent.
Il y a des manières d'accorder les grâces, qui sont plus insupportables que le refus.
Il y a transmission dans les sociétés humaines parce qu'elles sont historiques, et que le transfert des acquis, d'une génération à l'autre est, pour toute société, la condition de survie dans le temps.
La société a peur du génie propre des enfants. Pas au sens de génie artistique, mais de génie sexuel au sens libidinal de désir. Les enfants expriment plus de liberté que l'adulte. Ils empêchent ou retardent la sclérose des civilisations.
Je suis parfois un innocent, parfois un monstre. Tout ce qui est entre les deux ne m'intéresse pas. Tout ce qui est entre les deux est corrompu. Seuls, l'innocent et le monstre sont libres. Ils sont ailleurs.
Mais savez-vous combien d'occasions j'ai laissé échapper ; combien de rêves j'ai laissé se perdre, qui s'étaient trouvés sur mon chemin ?Il hocha la tête, plein de regret : « Je crois que certains d'entre eux auraient été très beaux - si je les avais forcés à se réaliser. »
J'aurais voulu de temps en temps être musique,Et, privé de mon corps, partir avec le ventSur les fleuves perdus, les vautours en révolte,Les troupeaux d'arbres fous qui broutent les hameaux.
On dépense des milliards dans les banques quand on sait qu'une fraction de cet argent pourrait sauver tous les enfants du monde.
Je ne suis donc pas du tout confiant : nous ne traitons pas les problèmes que nous comprenons.
Il est très difficile pour les riches d'être humbles.
Les choses les plus importantes doivent être dites simplement, car elles sont gâchées par la grandiloquence ; tandis que les choses insignifiantes doivent être décrites avec grandeur, car elles ne sont soutenues que par la justesse de l'expression, du ton et de la manière.
La culture russe est multiple et diversifiée. Donc, si vous voulez comprendre, ressentir la Russie, vous devez bien sûr lire des livres, Tolstoï, Tchekhov, Gogol et d'autres. Écouter de la musique. Tchaïkovski. Regardez notre ballet classique. Mais la chose la plus importante est que vous devez parler avec les gens.
Les gens veulent que vous soyez un adolescent fou et incontrôlable. Ils vous veulent misérable, tout comme eux. Ils ne veulent pas de héros ; ce qu'ils veulent, c'est vous voir tomber.
Le pouvoir concentré n'est pas rendu inoffensif par les bonnes intentions de ceux qui le créent.
Ca me plait de jouer les mamans !
Les années apportent l'expérience aux esprits sincères.
Sur 100 personnes qu'on voit sur les bateaux, 90 n'obtiendront pas le statut de réfugié. Sur ces 90, 4 seront rapatriés.
Les artistes sont par nature idéalistes, ils veulent que les gens soient traités justement, et que les privilégiés aident les autres.
Les belles-mères ne se souviennent jamais qu'elles ont été des belles-filles.
Nul n'a jamais changé autant le cours de l'Histoire que les historiens.
Le temps est, de tous les maîtres, celui que j'ai le premier éliminé de ma vie.
Pour les hommes, il n'y a jamais eu d'institution aussi fatale que l'argent.
Il convient d'assister aux inhumations, crémations et autres manifestations funèbres moins pour accompagner les autres que pour réfléchir sur soi.
Le Christ a parlé comme si le Monde n'était composé que de bons et de méchants ; il a oublié les imbéciles.
Dès qu'elles ont l'âge de raison, les filles déraisonnent en rêvant d'amour.
Les hommes ne veulent connaître que l'histoire des grands et des rois, qui ne sert à personne.
Tous les hommes naissent comédiens sauf quelques acteurs.
La corde au cou, c'est les enfants, tout le reste est aménageable.
Aujourd'hui la loi des apparences régit aussi la vie de tous les jours dans tous les métiers.
Je crois sincèrement que les seules ententes internationales possibles sont des ententes gastronomiques.
Cette nuit me plaisait. Les choses grandissent la nuit, mon imagination ouvre ses portes, les idées préconçues s'évanouissent. On cherche parfois le paradis aux mauvais endroits. Alors qu'on l'a à ses pieds. Ou dans son lit.
Le monde est silencieux, la nuit envoyait sur eux son souffle, une de ces nuits qui semblent faites pour abriter la tendresse, et il y a des moments où les âmes, comme libérées de leur noire chrysalide, rayonnant d'une sensibilité exquise qui rend certains silences plus limpides que des discours.
Le désolant quand on vieillit n'est pas dans les choses, mais en soi-même.
Il faut abandonner l'idée reçue que nous avons d'une société d'abondance comme d'une société dans laquelle tous les besoins matériels (et culturels) sont aisément satisfaits, car cette idée fait abstraction de toute logique sociale.
Avec les transports publics, rien ne sert de partir à point, il faut attendre.
Peut-être, en fin de compte, n'y a-t-il pas une grande différence entre la lumière et les ténèbres. Le problème, c'est notre façon de voir.