C'est en rêve seulement que les êtres nous sont doux et qu'il est bon de les avoir près de nous... dans la vie réelle ils sont les pierres aux angles aigus desquels on se heurte et l'on se blesse.
On a souvent parlé de la couleur et de la saveur des mots. Mais on n'a jamais rien dit de leur tension, de l'état de tension de l'esprit qui les profère, dont ils sont l'indice et l'index, de leur chargement.
Si ma poésie vise à accomplir quelque chose, c'est à délivrer les gens des manières limitées dont ils voient et ressentent.
Si nos enfants doivent être libres, ils doivent l'être de nous-mêmes également, de nos croyances limitatives, des habitudes et des goûts que nous avons acquis.
Tous les hommes aiment avant tout la lumière, ils ont inventé le feu.
Il n'y a rien que les hommes aiment mieux à conserver et qu'ils ménagent moins que leur propre vie.
Il y a deux sujets sur lesquels les Français mentent : le nombre de livres qu'ils lisent et le nombre de coups qu'ils tirent.
Les veufs pleurent le plaisir qu'ils avaient à tromper leur femme.
Les prétextes n'ont jamais besoin d'être vraisemblables ; autrement, ils seraient des raisons, non des prétextes.
C'est un mythe que le mâle soit fait pour compléter la femme dans le mariage. Il n'y a que dans l'accouplement qu'ils ne se dépossèdent pas, parce qu'ils agissent en bêtes.
S'ils invoquent le ciel, c'est pour usurper la terre.
A Los Angeles, ils ne jettent pas leurs ordures. Ils en font des émissions de variétés pour la télévision.
La paix, la paix à tout prix, nous clament tant de braves gens qui, en se conjoignant, aux lâches, aux amis des brutes et aux antisémites ordinaires peuvent s'ils n'y prennent garde, assurer le triomphe des forces du mal et de la régression.
C'est un défaut courant des hommes : penser qu'avec un peu d'argent ils obtiendront toujours ce qu'ils voudront.
Nous n'avons pas traité les juifs injustement, ils ont été injustes envers eux-mêmes.
Les gens qui se font incinérer s'imaginent que, réduits en cendres, ils échapperont à Dieu.
Quant à ceux qui ne croient pas à leur Seigneur, leurs oeuvres ressemblent aux cendres dont s'empare la vent dans un jour de tempête. Ils seront sans pouvoir sur ce qu'ils ont accompli.
Les Anglais n'ont jamais été un peuple religieux ; aussi ont-ils inventé le cricket pour se donner une notion de l'éternité.
Comment font les nudistes, n'ont-ils rien à cacher ?
Au fond, tous les êtres se ressemblent tellement. Ils veulent tous la même chose.
Les mots Sont des maillots Pour l'esprit Collants quand ils sont neufs Ils flottent dès qu'ils ont servi.
Les pays, c'est des conneries, ils n'existent que sur les cartes. Les villes, elles, existent vraiment...
Les enfants c'est comme les plants de fraisiers, on les enveloppe dans de la paille pour les protéger du froid et ils se tirent par les côtés.
La baie de Guanabara [...] C'est ainsi que les indigènes la nomment. Les Portuguais y sont entrés il y a cinquante ans, un jour de janvier. Ces ignorants croyaient qu'il s'agissait d'une rivière : ils l'ont nommée la « rivière de janvier », Rio de Janeiro.
Les esprits sont comme les parachutes. Ils ne fonctionnent que quand ils sont ouverts.
La plupart des histoires que l'on déclare d'amour arrivent à des gens qui se sont montrés leur derrière alors qu'ils n'en avaient pas le droit.
Il est des gens trop haut placés par la dignité de leur vie, par la noblesse de leur caractère, par la nature même des fonctions qu'ils exercent, pour que la moindre éclaboussure atteigne seulement jusqu'à leurs semelles.
C'était un honorable praticien qui guérissait les malades de toutes les maladies, excepté de celle dont ils mouraient.
Croisée des chemins : Les destins ne s'y croisent plus, ils se cherchent autour des ronds-points.
Les riches mangent peu, c'est pourquoi ils se sentent bien dans leur peau.
Les hommes ont inventé des choses qu'ils disent sérieuses. Le principal c'est le divertissement. Ce qui est sérieux n'est pas à notre portée.
Dans la logique des signes comme dans celles des symboles, les objets ne sont plus du tout liés à une fonction ou à un besoin défini. Ils répondent soit à la logique sociale, soit à celle du désir auquel ils servent de champ mouvant.
Avoir des amis dont vous aimez qu'ils soient comme vous est une forme de narcissisme.
Si les songes donnent des ailes aux insensés, ils dévoilent aussi les apparences à l'homme qui réfléchit et la vérité lui apparaît, qui se cache derrière le réel.
Les mêmes mots, dans une bouche nouvelle, prennent un accent de vérité qu'ils avaient perdu...
Il n'y a rien d'illogique comme les accidents. Ils n'ont aucun lien entre eux, et l'on ne peut pas, comme on le voudrait, profiter de l'un pour atténuer l'autre.
Dans la vie, il est des périls si déroutants qu'ils nous obligent à rester constamment sur le qui-vive, toujours prêts à manifester notre indignation ou notre scepticisme.
La liberté et le pouvoir de choisir ne devraient pas être le privilège de la richesse. Ils sont le droit de naissance de chaque Américain.
Les camps de camping, c'est quelque chose ! C'est un truc qui pue, qui coûte cher, où les gens s'entassent par plaisir et que si demain ils étaient obligés d'y aller, ils gueuleraient comme jamais !
Je n'ai pas pleuré à la mort de mon père, de ma mère, de Carmet, de Barbara et de Truffaut. Car, pour moi, tous ces gens que j'ai aimés ne sont pas morts. Ils sont là, sans arrêt, autour de moi, et nous nous parlons.
On devrait se méfier davantage des promesses des hommes politiques puisqu'ils ne peuvent nous faire de cadeaux qu'avec ce qu'ils nous prennent.
Dans les grandes villes modernes, les gens courent après eux-mêmes. Ils s'atteignent rarement.
Les révolutionnaires pensent abolir les classes : ils rétablissent une hiérarchie encore plus dure.
La preuve qu'il y a des êtres intelligents ailleurs que sur Terre est qu'ils n'ont pas essayé de nous contacter.
Vous essayez trop fort. Les gagnants oublient qu'ils sont dans une course. Ils adorent courir.
Ne vous découragez pas si vos enfants rejettent vos conseils. Des années plus tard, ils l'offriront à leur propre progéniture.
Il faut prendre les hommes comme ils sont.
Les célibataires en savent plus long sur le mariage que les hommes mariés. Sans quoi, ils ne seraient pas restés célibataires.
Les hommes ont d'étranges pudeurs, quand il s'agit de leurs affaires de coeur. Ils ne disent rien et s'étonnent ensuite de n'être pas compris.
Les gens abandonnent leurs manuscrits, comme ils le feraient d'un enfant dans un panier garni de linges, au tour d'un couvent.