Pour le week-end, nous avons voulu faire les Châteaux de la Loire. Malheureusement, ils étaient déjà faits.
Il n'y a guère de gens qui ne soient honteux de s'être aimés, quand ils ne s'aiment plus.
Les mots dissimulent plus qu'ils ne dévoilent.
Trahir les puissants est le devoir des pauvres, s'ils veulent vivre dignement.
Les enfants sont imprévisibles, ils vieillissent et puis ils meurent.
Les hommes se déchirent non par ce qu'ils ont de différent, mais par ce qu'ils ont de faux en commun.
Beaucoup de jeunes séducteurs savent les mots qu'il faut dire aux femmes, mais ils ne savent pas reconnaître les femmes à qui il faut les dire.
Les économistes pensent que les pauvres ont besoin d'eux pour leur dire qu'ils sont pauvres.
Les acteurs rateraient très souvent, presque toujours, leurs entrées en scène, s'ils n'avaient pas, étant en coulisse, cette pensée constante : Il me semble qu'il y a bien longtemps qu'on ne m'a vu !
Ce qu'ils appellent mon talent n'est fait que de ma conviction.
Pourquoi les hommes ont-ils peur de la mort, alors que l'on meurt toutes les nuits ?
Les morts ont forcément le dernier mot, ils ne lâchent jamais prise, ils sont en vous désormais.
Les oiseaux volaient avec lenteur, montant dans le ciel puis redescendant, comme s'ils avaient voulu l'effacer, méticuleusement, avec leurs ailes.
Quand je vois que les Français seraient favorables au rétablissement de la peine de mort ! Ils sont tapés.
Les gens obstinés dans une mauvaise voie prennent pour une injure la seule idée qu'ils pourraient s'en écarter.
On ne refuse pas la pitié aux malheureux pourvu qu'ils n'en demandent pas d'avantage.
Comme ils souffrent, les morts qu'on n'aime plus !
Je recycle. J'ai une maison dans le sud de la France et j'ai un petit jardin. Je m'appelle Dujardin - «du jardin». Je cultive des carottes, des poivrons, des fraises, des haricots verts et des choses pour les salades, mais il y a beaucoup de sangliers partout et ils volent la nourriture.
Tous les pères sont les mêmes ! Vient toujours un moment où ils ne voudraient pas être regardés par leur fils avec les yeux qu'ils leur ont faits.
On aime éternellement ceux qu'on aime. On les aime quand ils sont là, parce qu'ils partiront pour vivre autre chose que nous. On les aime quand ils nous quittent, parce qu'ils reviendront nous vivre.
Pauvres de jouissances, ils veulent être riches d'illusions.
Les avares subissent le sort des abeilles : ils travaillent comme s'ils devaient vivre éternellement.
L'ennui, avec l'amour, c'est que la plupart des gens le confondent avec un embarras gastrique. Quand la crise s'achève, ils découvrent qu'ils sont mariés à une femme qu'ils n'auraient pas souhaitée à leur pire ennemi.
Communiqué final. La hantise des diplomates qui doivent réussir à expliquer en trois minutes ce qu'ils n'ont pas réussi à analyser en trois jours.
Avec quelque ardeur que les hommes poursuivent la victoire, ils aiment toujours à l'acheter.
Les hommes ne subsistent qu'à condition de comprendre mal le peu qu'ils comprennent.
Un meneur...est comme un berger. Il reste derrière le troupeau, laissant les plus agiles partir en avant, sur quoi les autres suivent, sans se rendre compte que tout le long ils sont dirigés par derrière.
Comme les grandes oeuvres, les sentiments profonds signifient toujours plus qu'ils n'ont conscience de le dire.
Méfiez-vous des autodidactes, surtout lorsqu'ils se vantent de l'être !
Pourquoi les gens naissent-ils? Pourquoi meurent-ils ? Et pourquoi cherchent-ils dans l'intervalle à porter le plus souvent possible une montre à quartz numérique ?
Les hommes sont conservateurs de ce qu'ils possèdent et communistes du bien d'autrui.
Les hommes appellent "filles" des femmes à qui ils n'ont eu le courage ou l'esprit de donner ni le titre de mères, ni celui d'épouses, quoiqu'ils leur en fassent tenir l'emploi.
La haine est un sac à dos qui pèse très lourd. Un jour, ils pourront le déposer et prendre un sac à dos plus léger qui s'appelle espérance.
Il faut toujours une doctrine à la force, même supérieure, tant les hommes ont besoin de croire et de faire croire qu'ils ont raison !
Les gens ne voient pas d'inconvénient à être méchants; mais ils ne veulent jamais être ridicules.
Pour les musulmans, Mahomet est une figure sacrée. Ils sont nombreux à se sentir offensés s'il est mal représenté.
Tout ce que les hommes ont fait de beau et de bien, ils l'ont construit avec leurs rêves...
Il est rare que les hommes politiques pensent autrement que le peuple. Premièrement ils y ont leurs racines, ils sont politiquement et intellectuellement marqués des mêmes préjugés. Deuxièmement, le peuple se compose d'électeurs.
Elle est comme ces gens en exil, qui rêvent de leur pays d'origine et ne le reconnaissent plus quand ils peuvent enfin y retourner : rien n'est comme dans leur souvenir.
Laissons les gens vivre leur vie et le faisons et ils l'entendent.
Oublie un peu tout ces idiots, ils verront jamais que ce qu'ils veulent voir, même si tu voulais tout changer en toi, tout ce que tu es, ça ne leur suffirait pas, ils se foutent que tu changes.
Les journalistes disent une chose qu'ils savent ne pas être vraie, dans l'espoir que, s'ils continuent à l'affirmer assez longtemps, elle deviendra vraie.
Les pilotes professionnels sont nécessairement des hommes simples. Leur pensée doit toujours être claire, sinon ils meurent - violemment.
Les pays sont comme les astres, ils peuvent étinceler et éclairer des siècles après leur extinction.
Les autres états du Nord, Parme, Modène, Toscane, Lucques, Venise, quoique leurs gouvernants fussent attachés au autrichiens, s'abstenaient cependant par frayeur de prendre part à la guerre; ils croyaient ainsi rester neutres, quoiqu'il fût facile de prévoir que les français n'accorderaient aucune valeur à cette neutralité.
La culture des peuples primitifs est souvent intimement liée à leur faune. Ainsi les indiens des plaines mangeaient-ils les bisons, mais celui-ci déterminait aussi pour une bonne part leur architecture, leurs vêtements, leur langue, leur art et leur religion.
Qui a dit que les absents avaient toujours tort ? Chez nous, on ne dit du bien des gens, on n'en écrit sur eux que lorsqu'ils ont disparu.
Quand une institution démarre, ceux qui la composent se demandent ce qu'ils peuvent faire pour elle ; puis ce qu'elle peut faire pour eux.
On place ses éloges comme on place de l'argent, pour qu'ils nous soient rendus avec les intérêts.
Il y a des hommes chez qui l'esprit n'est qu'un talent par lequel ils semblent dominés, qu'ils ne gouvernent pas, et qui n'est point aux ordres de leur raison.