Je ne suis pas une star de cinéma comme les autres acteurs dans la mesure où je dois marcher avec un garde du corps.
Si Dieu est retenu ailleurs, ou s'il n'est que médiocrement intéressé par le déroulement de l'insignifiante aventure humaine, pourquoi nous acharner à arracher le masque consolateur dont il couvre pour nous le visage de son éternelle absence ?
Le monde est un brelan où tout est confondu : Tel pense avoir gagné qui souvent a perdu.
Il y a un pays où les joies sont visibles mais fausses, et les chagrins cachés mais réels.
La reconnaissance posthume d'un alpiniste ou d'un écrivain a quelque chose à voir avec les glaces éternelles.
Les passions que construit l'acteur avec son corps et sa voix évoquent l'extase de la transe ou de la possession.
Quand une jolie fille vous regarde, il y a deux possibilités : ou bien c'est une allumeuse et vous êtes en danger ; ou bien ce n'est pas une allumeuse et vous êtes encore plus en danger.
Une bonne partie de la population ne fait aucun effort de réflexion, et ce n'est pas parti pour s'arranger. Alors ou bien on lutte pour une cause perdue et on y perd sa santé, ou bien on essaie de prendre les choses comme elles sont et de s'y faire.
Il y a des moments où on écrit parce qu'on pense participer à un combat. Cela a été le cas dans les débuts de ma carrière d'écrivain. Puis, peu à peu, se dégage finalement la vérité, une vérité plus nue, [...] ► Lire la suite
J'aime mieux être fouetté par le rabbin d'Alger que faire souffrir une femme ou un enfant juif.
La vie de l'homme ne dure pas même soixante-dix ans ; que le temps soit beau ou mauvais, les heures ne se ressemblent pas.
Je préfère être vraiment bonne en quelque chose ou ne pas le faire du tout.
Je conclus que les notes de musique et les rythmes ont d'abord été acquis par les géniteurs masculins ou féminins de l'humanité dans le but de charmer le sexe opposé.
Chacun a son défaut, où toujours il revient.
La paix est le temps où l'on dit des bêtises, la guerre le temps où on les paie.
Il est difficile de chasser Dieu tout à fait. Toujours il revient humblement déguisé sous un nom ou sous un autre, et sous le nom que nous avons choisi, il se fait aimer sans qu'on le sache.
Au moment où l'Église, par les dispositions prises en 1215 au quatrième concile du Latran pour mieux extirper les survivances du paganisme et pour mieux redresser les déviations hérétiques, fondait sur la cellule paroissiale, raffermie, l'appareil de propagande et de [...] ► Lire la suite
L'esprit moderne est en plein désarroi. La connaissance s'est étendue au point où ni le monde ni notre intelligence ne peuvent prendre pied. C'est un fait que nous souffrons de nihilisme.
La laïcité, c'est la disponibilité universelle du patrimoine humain, c'est la loi qui veut que chaque homme soit maître de son bien et que son bien se trouve partout où il y a des hommes.
Douces ou amères, les larmes soulagent toujours.
Il n'est pas nécessaire de méditer au nom de Jésus, de Bouddha ou de qui que ce soit. Il suffit de méditer, tout simplement. Méditer.
Le public ? Il a toujours été comme un troupeau : en quête de bons bergers et de bons chiens, et allant toujours là où le menaient les bergers et les chiens.
Aimer un être âgé, c'est s'enfoncer avec lui, profondément, dans un chemin d'où il faudra revenir tout seul dans le noir.
Il semble bien difficile de vivre, parce qu'avec ou sans amour, le premier problème de l'homme demeure l'amour.
Chocolat ! Voilà bien un mot qui évoque des extases indescriptibles. Est-il un homme, une femme ou un enfant qui n'en a pas désiré, qui n'en a pas dévoré, et qui l'instant d'après, n'a pas rêvé d'en dévorer encore ?
Dieu, on le trouve partout où il y a de la lumière.
L'amour de Dieu est trop grand pour être confiné à une seule partie d'un conflit ou à une seule religion.
C'est bien d'introduire plus de concurrence là où il y a des monopoles sclérosés.
La mort (ou son allusion) rend les hommes précieux et pathétiques.
Dans l'immense marmite où mijotent tous les rêves des hommes en quête de consommation, l'écologie ne saurait servir de fond, au sens culinaire du terme, de bouillon destiné à mouiller les ragoûts qui n'agrémentent qu'un volet de notre vie de chaque jour.
Toute attention prêtée à une chose extérieure, trouble ou altère l'intérieur.
Sous l'avalanche ininterrompue d'informations insignifiantes, plus personne ne sait où puiser les informations intéressantes.
La patrie est aux lieux où l'âme est enchaîné.
L'écriture est parfois indélicate et, qu'elle soit bienveillante ou non, elle finit toujours par en dire trop ou trop peu.
Aimer, ce n'est pas s'installer une fois pour toutes au sommet de ses certitudes. C'est douter toujours, trembler toujours. Et puis, demeurer vigilant pour éviter que le poison mortel de l'habitude ne s'insinue et nous tue, ou pire : nous anesthésie.
L'intellect a peu à faire sur le chemin de la découverte. Il y a un saut dans la conscience, appelez ça Intuition ou ce que vous voulez, la solution vient à vous et vous ne savez pas comment ni pourquoi.
La vie est une mèche que l'on consume, les pièces d'artifices reflétant nos joies ou nos malheurs.
On appelle cercle de famille un endroit où l'enfant est encerclé.
Dans les affaires, comme en amour, il est un moment où l'on doit s'abandonner.
Il n'y a que du naturel dans ce monde. Ou si vous voulez, et c'est pareil : il n'y a que des miracles dans ce monde.
C'est une chose très différente que d'aimer ou que de jouir ; la preuve en est qu'on aime tous les jours sans jouir et qu'on jouit encore plus souvent sans aimer.
Voyez-vous, Pasquier, il n'y a pas de bon régime politique. Tous ont leurs vices et leurs inconvénients. Le meilleur, à mon sens, ou plutôt le moins mauvais, c'est celui qui gêne le moins l'individu, celui qui laisse l'individu libre d'exercer avec fruit ses vertus cardinales.
La vie se décide au moment où on se demande : est-ce que ce sont les adultes qui sont cons ou est-ce moi ?
La jeunesse grandit dans un domaine qui n'est qu'à elle, où ni l'ardeur du ciel, ni la pluie, ni les vents ne viennent l'émouvoir.
Il y a deux voies pour le prophète : ou annoncer un avenir conforme au passé, ou se tromper.
Où se posaient les hirondelles avant l'invention du téléphone ?
Si on veut qu'une chose soit faite, il y a trois façons de s'y prendre : le faire soi-même, demander à quelqu'un de le faire, ou interdire à ses enfants de le faire.
Puis m'ont montré un parchemin écrit,Où n'y avait seul mot de Jésus-Christ :Il ne parlait tout que de plaiderie.
Nous ne changeons pas ! Ni de chaussettes, ni de maîtres, ni d'opinions, ou bien si tard, que ça n'en vaut pas la peine.
Une femme, c'est une présence, une odeur, un geste, un poudrier qui claque, le bruit de ses talons - plats, forcément - ou de son sac à main quand elle fouille dedans.