A trente ans, tout est joué : oeuvre, carrière, amour, destinée. Après, il suffit de suivre les rails - chemin de velours ou mauvaise glissade, peu importe - on "suit" sa pente. Entre vingt et trente ans, on la "fait".
D'où vient qu'un boiteux ne nous irrite pas et qu'un esprit boiteux nous irrite ? A cause qu'un boiteux reconnaît que nous allons droit et qu'un esprit boiteux dit que c'est nous qui boitons.
Toute votre vie, vous aurez le choix. Choisir l'amour ou la haine... je choisis l'amour.
Avant de donner un conseil, il faut l'avoir fait accepter, ou mieux, l'avoir fait désirer.
Le sang bleu se retrouve parfois dans les veines d'un demeuré ou dans la trompe d'un moustique.
L'Art est sexuel ou n'est pas... L'Art est consolateur ou n'est pas.
Nous bricolons plus ou moins notre vie pendant soixante à quatre-vingts ans, et ensuite, quand nous savons à peu près comment il faudrait vivre, il nous faut mourir.
Chaque poème à lire ou à relire est un poème à refaire.
Je suis soit mon meilleur ami ou mon pire ennemi.
Si l'on est blessé par une flèche empoisonnée, l'important est d'abord de la retirer, ce n'est pas le moment de s'interroger d'où elle vient, qui l'a tirée, de quel poison s'agit-il.
L'Amour n'est pas l'amour... C'est un carrefour Où les filles entrent en chantant En ressortent en pleurant...
Cette frontière extrême du langage, où la parole est la demeure de l'être.
Les fantômes sont nombreux dans une maison où de grandes souffrances ont été endurées.
L'histoire n'a pas la forme d'un convoi dont les wagons en mouvement éloigneraient toujours davantage la gare, mais celle d'un conte de bonne femme où l'on pourrait, sans avoir même à traverser des forêts épaisses, retrouver endormi l'homme aimé.
A vouloir toujours se tirer d'affaire en attribuant au prophète des propos qu'il n'a pas tenus ou que Dieu ne lui pas dictés, on risque de se faire foudroyer en pleine sécheresse.
Je m'en irai dormir dans le paradis blancOù les manchots s'amusent dès le soleil levantEt jouent en nous montrantCe que c'est d'être vivant.
La météo en Russie : trente-deux degrés ou de force.
Pour moi, la vie sans fond de veau, graisse de porc, saucisse, abat, demi-glace ou même fromage puant est une vie qui ne vaut pas la peine d'être vécue.
Si nous perdons la liberté ici, il n'y a pas d'endroit où s'échapper. C'est le dernier combat sur terre.
La vie est un voyage et le monde une foire où l'on ne trouve que des marchés, des jeux, des filous et de la cohue.
Si vous avez une idée de l'endroit où vous allez, vous n'irez nulle part.
Notre culture deviendra comme au temps médiéval où il y avait vraiment une élite culturelle. Le reste du monde ne fera que regarder la télévision, qui sera leur seul cadre de référence.
Je dois avoir un endroit où je peux trouver la tranquillité d'esprit.
Un peuple qui ne sait pas où il va est sûr d'y arriver dans un état exécrable.
Que ce soit la révolution ou la paëlla, rien de ce qui est espagnol n'est simple.
Le péché est comme une montagne qui se présente sous deux aspects différents, selon qu'on la voit avant d'y être arrivé, ou après.
Quand une anthologie paraît, tout bon poète (ou mauvais) s'y précipite pour constater qu'on l'a oublié une fois de plus.
Que faire lorsque vous souffrez du double handicap d'une timidité maladive et d'un esprit d'à-propos ne fonctionnant qu'avec vingt-quatre heures de retard ? Contentez-vous d'écrire les aventures d'hommes à l'esprit vif ou de filles pleines de ressources, dont les réactions sont d'une fulgurance infaillible.
Je ne prête aucune attention aux louanges ou aux reproches de qui que ce soit. Je suis simplement mes propres sentiments.
Une biographie est considérée comme complète si elle ne compte que six ou sept moi, alors qu'une personne peut en avoir jusqu'à mille.
Il y a deux choses auxquelles il faut s'habituer ou on trouvera la vie insupportable : les méfaits du temps et les injustices des hommes.
Un bon compromis est celui où tout le monde apporte sa contribution.
Nous nous sommes souvent demandé pour quelle raison nous nous battions, mais jamais, ou pas assez souvent, ou pas assez longtemps, pourquoi nous faisons la guerre.
Certains croient parfaitement connaître l'oiseau pour avoir vu l'oeuf d'où il est sorti.
La reconnaissance est une vertu qui tient souvent la place de l'amour, et bien des hommes achètent le bonheur en la faisant naître dans les âmes qui ne veulent pas ou ne peuvent pas aimer.
Un homme ne doit pas toujours sentir la savonnette ou l'eau de Cologne. C'est signe de paresse.
On apprend beaucoup en allant là où, a priori, on n'a rien à faire.
Nous parvenons quelquefois, en poursuivant nos recherches, à trouver la vérité là où nous nous y attendions le moins.
Amitié ou amour, il ne faut pas s'entendre sur l'essentiel, soit qu'on craigne d'en venir aux mains, soit qu'on redoute de s'ennuyer.
On peut le regretter ou s'en féliciter, mais la mère humaine n'a plus qu'un lien fort lointain avec sa cousine primate.
La gloire est comme ces navires où l'on ne meurt pas seulement à ciel ouvert mais aussi dans l'obscurité pathétique des cales.
La pauvreté est difficile à vivre ; mais neuf fois sur dix la meilleure chose qui puisse arriver à un jeune homme est d'être jeté par-dessus bord et contraint à nager ou couler.
Dans la logique des signes comme dans celles des symboles, les objets ne sont plus du tout liés à une fonction ou à un besoin défini. Ils répondent soit à la logique sociale, soit à celle du désir auquel ils servent de champ mouvant.
Au printemps lilas, roses et muguets,En été jasmins, oeillets et tilleulsRempliraient la nuit du grand parc où, seulsParfois, les rêveurs fuiraient les bruits gais.
Partout où il y a de l'esclavage, il ne peut y avoir éducation.
Je préfère ne pas penser à la mort, ou alors à celle des autres, c'est plus gai.
On dit que le secret de la réussite, c'est d'être là où il faut quand il faut. Mais comme on ne sait jamais quand ce sera, il faut trouver l'endroit idéal et y rester planté.
La langue de bois, langue écologique qui ne pollue pas la pensée dans la mesure où elle n'en contient pas.
Il est certain qu'il y a des circonstances où l'on est forcé de suppléer à l'ongle du lion, qui nous manque, par la queue du renard.
Le doute est en effet un état de balancement ou une espèce d'équilibre où les enfants ne peuvent pas se tenir.