Se régler sur les choses ou régler les choses en fonction de soi - est tout un.
Ne me parlez pas de règles, très cher. Où que je sois, j'édicte ces foutues règles.
En votre absence je me noie ou plutôt je me cache parfois dans de mornes soirées à refaire l'inutile, à chercher un regard pour finir la nuit, à ne pas vous trouver, à regretter d'être venu, de ne pas être ailleurs, tout simplement ailleurs.
Connaître à demi est périlleux. Bois à en perdre le souffle ou ne t'abreuve pas à la source des Muses. Là des courants affleurant la surface intoxiquent le cerveau, mais si tu bois à satiété ta lucidité t'est rendue
Mes photographies ne sont pas planifiées ou comptées à l'avance, et je ne prévois pas que le spectateur va partager mon point de vue. Cependant, je pense que si ma photo laisse une image dans son esprit, quelque chose a été accompli.
Tout ce que vous avez dans la vie, c'est votre honneur, votre propre image, votre propre respect de vous-même. Si vous perdez cela, ou si vous le donnez ou si vous le vendez, alors vous ne l'aurez plus.
J'ai grandi à une époque où, si on n'avait pas d'enfant, on n'était pas une vraie femme. Donc, on fait des gosses. Et on se rend compte qu'on s'est fait bananer et qu'on aurait été mieux sans.
À ceux qui, inquiets, frustrés, oppressés, éructent contre le destin, les dieux, les démons, les princes, le triomphe de la masse et de la technique, je préfère ceux qui chuchotent, en passant, cette simple phrase : " Je ne sais plus où j'en suis. "
Le moment où vous adhérez à l'idée que vous êtes au-dessus de tout le monde, c'est le moment où vous devez être giflé.
Le plus difficile pour le fabricant d'un appareil ménager, c'est d'en calculer la résistance de telle sorte qu'il cesse de fonctionner exactement le lendemain du jour où a expiré sa garantie.
Il y a en Art une catégorie de joies supérieures, si profondes et si hautes que l'on est à jamais l'obligé de celle ou de celui qui vous les ont données.
Les buffets de gare sont des endroits où l'on sert à des voyageurs qui passent des aliments qui, eux, ne passent pas.
Les grandes passions, cérébrales ou sensuelles, sont affaires de gens dûment repus, désaltérés et reposés.
Le mal et le bien, aux origines, cela a dû être ce qui faisait plaisir ou non.
Nous partageons tout, hormis le privilège de la virilité, que le ciel lui a refusé par inadvertance et qu'elle usurpe allègrement. Il n'est aucun sentiment, aucun trait de mon caractère ou de mon visage que je ne puisse retrouver en elle.
Ce qui nous empêche d'être bons observateurs, c'est que nous voulons ou croyons toujours être acteurs.
Les êtres humains n'ont pas développé un cerveau pour se prélasser autour des lacs. Tuer est la première chose que nous avons appris. Et c'est une bonne chose, ou nous serions morts, et les tigres posséderaient la terre.
Mauvais marché où nul ne gagne.
Dans certains pays où il y a beaucoup moins de protection sociale qu'en France, on peut lire dans le regard des gens la peur de perdre ce qu'ils ont. C'est terrible.
Il n'existe point en ce monde, ni dans l'air, au milieu de l'océan, ni dans les profondeurs des montagnes, d'endroit où l'on puisse se débarrasser du mal qu'on a fait.
Une remise de décorations est l'instant privilégié entre tous où un homme en bonne santé peut entendre en avant-première le tombereau d'amabilités qu'on déversera plus tard sur son cercueil.
A ma première confrontation avec la mort et son caractère irréversible, j'avais 7 ou 9 ans.
Autrefois, on faisait des disques qui marchaient très fort et qui passaient beaucoup à la radio. Et puis on allait faire des salles, à Montpellier ou ailleurs, et il n'y avait personne. Maintenant, c'est le contraire.
Il faudrait se convaincre qu'on est en parfaite forme lorsqu'on atteint la capacité de faire à peu près tout pas très bien, ou quand on réussit à conserver ce poids magique qui est très précisément à 10 kilos du bonheur.
S'il y avait quelque part une ville à taille humaine, où l'on peut garder son intimité tout en ayant une connexion très forte avec les gens, un jardin-ville, j'irais tout de suite.
Johnny, humainement, je le respectais, je l'aimais bien et je crois que c'était réciproque, mais je n'étais pas son ami comme pouvaient l'être Eddy Mitchell ou Jacques Dutronc, ses copains d'école, de bande, de bringue...
Les Etats-Unis font partie des pays où il y a le plus de végétariens.
Se marier dans sa jeunesse, c'est comme faire l'acquisition d'un poêle en plein été ; ce n'est qu'en hiver qu'on sait s'il chauffe ou s'il fume.
Mais il y a des jours où l'on cueille le jour au moment flottant des possibles, au moment fragile d'une hésitation honnête, sans orienter à l'avance le fléau de la balance. Il y a des jours où l'on pourrait presque.
Dans le même temps où Don Juan, de Séville, commandait à Valdés d'ouvrir les charniers, un français, de même ardeur emportée, et tragique, Rancé, subissait un tête-à-tête plus lugubre encore.
La faim a toujours été plus ou moins à mes côtés quand je jouais, mais maintenant je commençais à me réveiller la nuit pour trouver la faim debout à mon chevet, me regardant d'un air émacié.
On oublie les mots comme on oublie les noms. Le vocabulaire a besoin d'être constamment fertilisé ou il mourra.
Au moment où vous écrivez les derniers paragraphes, le livre vous témoigne une certaine hostilité dans sa hâte de se libérer de vous.
- Des camions bâchés. - Naturellement qu'ils sont bâchés. Mais c'est-y des allèges de pontonniers ou des prolonges d'artillerie ?
Ils aimaient la montée en ivresse. Le largage des amarres terrestres. Où tous les rêves étaient possibles.
Où il n'y a pas d'argent, il n'y a pas de parents.
En tant qu'êtres humains, nous avons une tendance innée à sauter aux conclusions; juger les gens trop rapidement et leur imposer des échecs ou des héros sans tenir dûment compte des faits et des idéaux de l'époque.
Chaque fois que vous commettez, individuellement ou collectivement, l'homicide, chaque fois que vous assassinez, pour quelque raison que ce soit, un semblable, comme chaque fois que vous vous massacrez entre factions, entre nations ou entre races, vous affaiblissez, vous appauvrissez la force spécifique de l'humanité. Chaque homicide est un suicide.
Je me demande toujours si l'héroïsme c'est d'être soi, ou d'être quelqu'un d'autre.
En quarante ans d'observations, l'attitude de confiance - ou de défiance - en la personne nous est apparue, sous des formes très diverses, comme la quintessence des conduites culturelles, religieuses, sociales et politiques qui exerce une influence décisive sur le développement.
Certains me parlent de l'âme. Le corps meurt et l'âme demeure, mais où va-t-elle ? J'aimerais le savoir. Personne ne le sait hormis ceux qui élucubrent, ceux qui brodent.
Le XXIè siècle sera humaniste ou ne sera pas.
Admettre l'art de vivre des autres n'est pas donné à tous les peuples, ou en tout cas à tous les chefs que les peuples se donnent. Savoir l'admettre, le reconnaitre, décider parfois de s'en inspirer, c'est déjà tout un art de vivre.
J'ai eu beaucoup de chance, je faisais partie de la période d'après-guerre où tout devait être refait.
Tous les jeunes gens, jeunes hommes et jeunes femmes, enfants de riche ou de pauvre, seront traités sur un pied d'égalité : fils de bourgeois, fille des quartiers, peu importe leur religion mais tous d'abord français et passionnément au service de la France.
Le bonheur, on ne sait jamais très bien où il commence si on sait où il finit.
Enfant je me voyait avec la figure héroïque d'un Hemingway, un Malraux ou un Cendrars.
Celui qui comprend et pardonne - où donc trouvera-t-il un mobile d'action ?
Ah ! Nos nuits d'amour, Lucienne ! L'union des corps et des coeurs. L'instant, l'instant unique où on ne sait plus si c'est la chair ou si c'est l'âme qui palpite...
Quels choix, à l'opposé, les hommes de la liberté ont-ils à proposer aux Français guettés par la résignation ou la révolte ? N'est-il pas temps de passer du malentendu à l'espoir, en permettant que ce peuple, purgé de ses fantasmes, se réconcilie avec lui-même ?