Il y a peu de personnes en qui on ne voie des endroits faibles par où la tentation a pu entrer.
Où l'homme voit finir son pouvoir, Dieu commence.
Voilà le sort des hommes : quand leurs yeux sont constamment baignés de lumière ou saturés de beauté, ils en deviennent aveugles et ne perçoivent plus l'âme des choses.
Nous sommes si aveugles que nous ne savons quand nous devons nous affliger ou nous réjouir : nous n'avons presque jamais que de fausses tristesses ou de fausses joies.
De deux choses l'une : ou la parole vient à bout de l'érotisme, ou l'érotisme viendra à bout de la parole.
La mort. Cela ne s'apprend pas. On ne peut apprendre que ce qu'on peut répéter. La mort est un fait unique et un fait brut. A partir du moment où on ne croit pas à un au-delà ou à une réincarnation, il ne reste plus qu'à accepter le néant.
Il y a des moments dans lesquels l'homme, même brave, ou ne l'est pas ou ne veut pas l'être.
Seule une crise, réelle ou perçue, produit un réel changement.
J'aime boire mais je n'aime pas les ivrognes, qu'ils soient saouls de vin, d'une idée ou, pire encore, de Dieu.
Et si le théâtre n'était pas du tout où on l'attend ?
Chacun de nous a sa blessure : j'ai la mienne - Toujours vive, elle est là, cette blessure ancienne - Elle est là, sous la lettre au papier jaunissant - Où on peut voir encore des larmes et du sang !
C'est l'endroit où l'eau est profonde qu'elle est la plus calme.
Le pays où les pierres vous connaissent vaut mieux que le pays où les gens vous connaissent.
A l'expiration des mois sacrés, tuez les associateurs partout où vous les trouverez. Emparez-vous de leur personne, assiégez-les, dressez contre eux des embuscades.
Ma ligne rouge c'est le rassemblement de tous, parce que quand la France est dans la situation où elle est aujourd'hui, [...] nous n'avons pas le droit de nous diviser.
Tout art a ses racines dans le primitif ou alors il devient décadent.
Tout ce qui divise les hommes, tout ce qui les spécifie, les isole ou les parque, est un péché contre l'humanité.
De tous les animaux qui s'élèvent dans l'air, Qui marchent sur la terre, ou nagent dans la mer, De Paris au Pérou, du Japon jusqu'à Rome, Le plus sot animal, à mon avis, c'est l'homme.
Les révolutions sont des temps où le pauvre n'est pas sûr de sa probité, le riche de sa fortune et l'innocent de sa vie.
Rien ne choque tant les pauvres gens que l'oisiveté des riches ou de ceux qu'ils croient riches.
Je considère ma femme comme mon amante, et nous avons un lien qui va au-delà des mots comme la femme ou la petite amie ou la mère.
J't'emmerde Sébastian. C'est normal que des types comme toi et Kurt baisent le monde entier mais moi si j'le fais, on me largue pour une petite écervelée genre Cécile. Il manquerait plus que j'ai l'air de m'assumer et d'adorer le [...] ► Lire la suite
Enfant capricieux, Dieu s'offre le monde, s'en amuse un jour ou deux et l'oublie tout aussitôt dans son grand coffre à jouets qu'est l'univers.
La pudeur des femmes n'est que leur politique ; tout ce qu'elles cachent ou déguisent n'est caché ou déguisé que pour en augmenter le prix quand elles le révèlent.
Un pardon qui conduit à l'oubli, ou même au deuil, ce n'est pas, au sens strict, un pardon. Celui-ci exige la mémoire absolue, intacte, active - et du mal et du coupable.
On n'est pas toute sa vie à l'école, vient l'âge où il faut mettre en pratique.
J'ai entendu dire que quand on est perdu le mieux à faire c'est de rester où on est et d'attendre qu'on vienne vous chercher, mais personne ne pensera à venir me chercher ici.
Tous les arts sont comme des miroirs où l'homme connaît et reconnait quelque chose de lui même qu'il ignorait.
Et où que j'aille, dans l'univers entier, Je rencontre toujours, Hors de moi comme en moi, L'irremplissable Vide, L'inconquérable Rien.
L'amour est un état de grâce qu'aucun événement, petit ou grand, ne peut troubler.
Je conçois que l'on ait envie d'être serpent boa, lion ou éléphant ; mais que l'on ait envie d'être homme, c'est ce qui me dépasse tout à fait.
Le jour où les savants découvriront l'emplacement exact du centre de l'univers, c'est fou le nombre de gens qui vont être déçus que ce ne soit pas eux.
Les femmes, c'est le quotidien mis au premier plan : d'où la peur qu'il faut avoir des femmes.
Tenir un journal. Une manière comme une autre de récapituler, de savoir où on en est rendu. Ça aide des fois à trouver la solution plus vite.
Le désavantage de l'esprit - cette drôlerie supérieure - c'est qu'il s'exerce aux dépens de quelque chose ou de quelqu'un.
Il ne faut pas le bruit d'un canon pour empêcher ses pensées. Il ne faut que le bruit d'une girouette ou d'une poulie.
Tôt ou tard dans la vie nos faits et gestes nous rattrapent
Dieu ou quelqu'un me donnera-t-il le pouvoir de pousser mon soupir dans mes toiles, le soupir de prière et de tristesse, la prière du salut, de la renaissance ?
O triste mer ! sépulcre où tout semble vivant !
Il n'est pas de sourire plus pur que celui de l'enfant qui se jette dans les bras de sa mère ou de son père.
Où qu'il soit, où qu'il aille, l'homme continue à penser avec les mots, avec la syntaxe de son pays.
Avoir un avenir tout tracé, ça ne sert à rien quand on n'a nulle part où l'écrire.
Je voudrais t'écrire, je ne sais pas où. Les enfants qui envoient leur lettre au Père Noël marquent sur l'enveloppe Ciel.
La paix est ce bref moment glorieux de l'histoire où tout le monde se tient debout pour recharger.
Le golf ? Un sport où l'on doit tenter de contrôler une balle avec des outils tout à fait inadaptés à cet effet.
La politique consiste dans la volonté de conquête et de conservation du pouvoir ; elle exige, par conséquent, une action de contrainte ou d'illusion sur les esprits, qui sont la matière de tout pouvoir.
Là où il n'y a pas de gendarmes, une certaine race d'honnêtes gens est capable de tout.
Les biographes ne connaissent pas la vie sexuelle de leur propre épouse, mais ils croient connaître celle de Stendhal ou de Faulkner.
Le fauteuil académique est un lit de repos où le bel esprit sommeille.
Le monde matériel est plein d'analogies exactes avec l'immatériel, et c'est ce qui donne une couleur de vérité à ce dogme de rhétorique, qu'une métaphore ou une comparaison peut fortifier un argument aussi bien qu'embellir une description.