L'art doit être une expression d'amour ou ce n'est rien.
Peut-on tromper les autres sans se tromper un peu ou beaucoup soi-même ?
Un auteur n'existe que lorsque tous ceux qui le souhaitent peuvent le lire indépendamment de leur formation ou de leurs privilèges.
Il faut finir par se convertir à l'homme, un jour ou l'autre, et au bon Dieu ensuite.
Il y a des parents qui veulent, à tout prix, maintenir le prestige de l'autorité et qui ne réussissent qu'à installer, dans leur foyer, le spectre hideux de la tyrannie. Ils font, de leurs enfants, des esclaves ou de sauvages petits rebelles.
Les hommes politiques finissent toujours par se convaincre plus ou moins de ce qu'ils veulent faire croire à leurs électeurs.
On ne trouve jamais complètement désagréable ou inintéressant quelqu'un à qui l'on plaît.
Le théâtre demeure un des rares espaces où il est encore possible de réfléchir devant et avec les autres.
Dans la mesure où l'éthique naît du désir de dire quelque chose de la signification ultime de la vie, du bien absolu, de ce qui a une valeur absolue, l'éthique ne peut pas être une science.
Les questions auxquelles on répond par oui ou par non sont rarement intéressantes.
Cette relation intellectuelle était épanouissante, mais très franchement, si je les suivais partout, c'était quand même beaucoup plus pour Nico que pour la musique ou l'écriture.
Les relations sont comme la drogue. Ils vous tuent ou vous donnent le meilleur sentiment de votre vie.
Tous les intégrismes, qu'ils soient religieux ou politiques, commencent par un livre. Ils prendront fin lorsqu'on écrira beaucoup plus de livres.
Je crois que pour en faire une oeuvre littéraire, il faut tout simplement rêver sa vie - un rêve où la mémoire et l'imagination se confondent.
Lorsque Dieu créa le monde Où tant d'bien et d'mal abonde, L'paradis fut habité D'abord par la liberté.
La science, il est vrai, ne progresse qu'en remplaçant partout le pourquoi par le comment ; mais si reculé qu'il soit, un point reste toujours où les deux points d'interrogations se rejoignent et se confondent.
Il n'y a rien de plus fragile, de moins sûr, il n'y a rien qui ne fasse plus de mal à un auteur que la lecture ou la relecture de ses écrits.
La meilleure, et la plus simple, justification de sa foi, ou de sa non foi, consiste à dire la vérité.
Est-ce qu'on est maître de devenir ou de ne pas devenir amoureux ? Et quand on l'est, est-on maître d'agir comme si on ne l'était pas ?
Donc, en fait, la seule chose que vous pouvez juger dans ce sport, c'est le long terme. Vous pouvez juger une carrière ou une saison, mais pas une course.
Je suis désolé que mon existence ne soit pas très noble ou sublime.
Symbolisons la paix et l'amour où que nous soyons.
L'intérieur de l'être humain n'est pas seulement un organisme qui travail pour nous garder en vie, c'est tout un monde plein d'histoires, de souvenirs, de joies, de peines où la raison et la passion forment un humain équilibré, bien organisé ou un humain détruit qui ne cesse de se rabaisser.
Au point où j'en suis de ma vie et de ma carrière, je me sens, oui, assez libre.
Je suis à l'âge où, si l'on ne réalise pas tout de suite ses derniers rêves d'enfant, ils se transforment l'année d'après en regrets de vieillard.
Mais on a beau pleurer très sincèrement, il y a toujours un moment où il faut remettre de la poudre.
Assurément les sentiments aussi vieillissent ; il est des modes jusque dans la façon de souffrir ou d'aimer.
Le temps du Christ est le temps où nous sommes. Il nous demande encor d'inventer l'homme.
Confie-moi tes réparties spontanées, je te dirai qui tu es et où tu en es avec le Seigneur.
On dévore les livres, ou bien les livres vous dévorent. C'est une drogue effrayante et douce, un séduisant voyage.
Les portes chaudes. Dans les Thermopiles nous avançons, dans cet étroit corridor nous avançons, où le nombre des hommes de Xerxès ne comptera plus. Spartiates, citoyens soldats, anciens esclaves, tous de courageux Grecs. Frères, pères, fils... nous avançons, pour l'Honneur, pour servir, pour la Gloire, nous avançons.
Le seul défaut qu'ont les oeuvres excellentes est d'être habituellement à l'origine de plusieurs écrits exécrables ou médiocres.
Lequel des deux est le plus grand écrivain, celui qui raconte des choses originales ou celui qui fait que dans sa phrase un lieu commun n'est plus un lieu commun ?
Le mari n'est jamais qu'un laquais ou qu'un maître. Le femme a, sur ce point, des raisons qui font loi.
La radio et la télé resteront toujours, avec ou sans image, de la parole alternée avec de la musique, des mots et des notes, rien de plus.
Les récits sont faits de zones débordant les unes des autres, creusant des failles ou des réservoirs.
On naît bicyclette ou vélo, c'est presque politique. Mais les vélos doivent renoncer à cette part d'eux-mêmes pour aimer - car on n'est amoureux qu'à bicyclette.
Amuse-toi, va où tu veux. Ce n'est pas la place qui te manque. Mais je te défends de courir du côté de la rivière.
Les fêtes quand on est bouclé par la maladie ou par les ordres de Justice, ça vous remue le couteau dans la couenne.
J'ai toujours défendu, dans mes chansons, les causes ou les vérités qui me tiennent à coeur, quitte à me tromper.
Là où on brûle les livres, on finit par brûler les hommes.
Nous avons vu l'âge de fer, l'âge de plomb... Nous voici arrivés à l'âge du caoutchouc, celui où les consciences sont élastiques.
La civilisation s'étrangle dans le corset de fer de l'Etat, qu'il soit prolétarien ou bourgeois.
S'il peut être écrit ou pensé, il peut être filmé.
Le féminisme ce n'est pas détruire les hommes ou notre humanité d'amour, c'est enrichir des droits hommes-femmes égaux en tout droit.
Il y a deux époques dans la vie d'un écrivain : la première, où il parle de lui, et la seconde, où il parle de lui-même.
Le génie est fait pour éclater dans une apothéose fertile ou destructive, qui se nichera un jour dans un tome poussiéreux d'une encyclopédie quelconque.
Celui qui connaît la destinée des choses qu'il entreprend dès leur début est un sage ou un sot. Mais qu'il soit l'un ou l'autre, il sera malheureux car il aura planté sa dague dans le coeur de la vie.
La raison est vaine là où la nécessité presse.
Voyager, comme raconter ou vivre, revient à choisir donc à omettre.