A étudier la production des autres, on risque toujours plus ou moins de neutraliser son propre génie créateur.
L'amour sans la pudeur, c'est quoi ? Est-ce que c'est boire de tous les vins et dans la même coupe. Ou bien boire du même vin mais chacun dans sa coupe.
Quand une amitié s'achève, faut-il penser que les gens peuvent changer, ou bien qu'on s'était trompés depuis le début sur leur nature profonde ? C'est une question cruelle, car la réponse pourrait réduire une belle relation à l'illusion d'un faux-semblant...
L'époque nous contraint à nous positionner. Il faut être pour ou contre. C'est un manichéisme de mauvais aloi qui ne permet plus la nuance.
Le travail est partout où l'on ne fait rien de sa vie.
Il y a plein de domaines où il vaut mieux la fermer parce que c'est ce qui correspond le mieux à la pensée commune.
On veut, mais on ne peut pas. Est-ce le fait de pouvoir qui nous force à vouloir ou l'inverse ?
Il reste à savoir si le mariage est un des sept sacrements ou un des sept péchés capitaux.
Les grandes oeuvres sont toutes des vengeances, les chefs-d'oeuvre sont tous des revanches. Je crois que c'est la loi de fer des écrivains : ils ne réussissent leurs livres que dans la mesure où ils ont raté leur vie.
Il est trois sortes de gens qui parlent peu, ce sont les savants et les gens forts heureux ou malheureux ; ainsi l'on peut dire que le savoir, la douleur et le bonheur sont muets.
Un homme est chez lui là où il est innocent.
Les prévisions des futurologues ne se vérifient que dans un monde où il ne se passe rien d'important.
Il n'y a pas de livre de règles, pas de bien ou de mal; il vous suffit de vous rattraper et de faire de votre mieux pour prendre soin de votre famille.
Je pensais connaître Alison depuis toujours... Mais finalement, je l'ai vraiment connue le jour où elle est venue me voir à l'hôpital... C'est à partir de ce moment là que j'ai su qu'Alison était la personne la plus forte que je connaissais...
La grandeur de l'homme est qu'il peut trouver à peiner là où une fourmi se reposerait.
La certitude est une région profonde où la pensée ne se maintient que par l'action.
La bonté des humains n'est qu'apparences. Derrière elles, on découvre le même vide que l'on sent en soi. Le froid d'une demeure vide. Où l'on ne peut vivre.
L'humanité doit coopérer ou périr.
La solitude m'a toujours accompagnée, de près ou de loin, comme elle accompagne tous ceux qui, seuls, tentent de voir et d'entendre, là où d'aucuns ne font que regarder et écouter. Ami inestimable, ennemi mortelle - solitude qui ressource, solitude qui détruit, elle nous pousse à atteindre et à dépasser nos limites.
Homme, si tu ne deviens pas enfant, jamais tu n'entrerasOù sont les enfants de Dieu, la porte est bien trop petite.
Là où la gazelle saute, le petit ne passe pas au travers.
Partout où je vois la souffrance, c'est là que je veux être, en faisant ce que je peux.
Le corps est la baraque où notre existence est campée.
L'honneur des femmes est mal gardé quand l'amour ou la religion ne sont pas aux avant-postes.
Il faut feuilleter tous les livres et n'en lire qu'un ou deux.
L'université est une matrice où l'on se sent mal à l'aise, mais où règne une certaine sécurité.
Il neige au fond de soi, comme un hiver inaccessible où le léger l'emporte sur le lourd. La neige est douce au fond de l'eau.
Naturellement, à la guerre, on cherche toujours à mettre de son côté les chances de succès en misant sur certains avantages physiques ou moraux. Mais ce n'est pas toujours possible et on doit souvent entreprendre quelque chose contre la probabilité, et c'est à vrai dire le cas lorsqu'on ne peut rien faire de mieux.
Quand un moment décisif arrive, vous définissez le moment ou le moment vous définit.
La peinture ou la poésie sont faites comme on fait l'amour - une étreinte totale, la prudence au vent, rien n'est retenu.
Quand je suis né, j'ai crié ; ébloui par la lumière j'ai crié. Chassé du ventre de ma mère, pour le meilleur ou pour l'enfer.
La nature judicieuse en tout ce qu'elle fait, a mis plus de gloire où il y a plus de dangers.
Le monde, tel que nous le connaissons, est ce lieu où les grands affrontent les petits, sans que les uns ou les autres soient jamais sûrs de leurs tailles respectives, et d'ailleurs tous se trompent.
Pourquoi ne reconnaissons nous pas toujours l'amour qui commence, mais reconnaissons nous toujours le moment où il se termine ?
Tout mène à la récompense ou au châtiment, qui sont deux formes de l'éternité.
Que les femmes donnent ou qu'elles refusent, elles sont toujours heureuses qu'on leur demande.
On garde peu de remords des fautes où l'on prit peu de joie.
Un corps verbal ne se laisse pas traduire ou transporter dans une autre langue. Il est cela même que la traduction laisse tomber. Laisser tomber le corps, telle est même l'énergie essentielle de la traduction.
Plus ou moins refoulé, nié, censuré, le passé bouillonne tout le temps en vous et il se projette sur le futur immédiat ou lointain.
Il n'y a donc aucun cas où l'esclavage, même volontaire dans son origine, puisse n'être pas contraire au droit naturel.
Les lois ne sont faites que pour exploiter ceux qui ne les comprennent pas, ou ceux que la misère la plus noire empêche de s'y conformer.
La Littérature est comme le phosphore : elle brille le plus au moment où elle tente de mourir.
S'investir pour atténuer ou prévenir les effets négatifs de nos actions sur le long terme n'est un réflexe spontanément ni pour les gouvernements ni pour les citoyens.
Il ne faut pas attendre l'idée géniale ou le produit parfait. Procédez par ajustements, jusqu'à fournir un service dont vous pouvez être fier. N'attendez pas demain et lancez-vous aujourd'hui.
Bandez bien les yeux de votre jeune taureau, ou il vous donnera du mal.
Aujourd'hui, personne ne se distingue de rien, à commencer par les hommes politiques. Journalistes, acteurs, pareil. On ne vit pas dans un monde où l'on peut se distinguer.
Sur cent maris aveugles, on en trouverait bien quatre ou cinq qui sont en effet aveugles. Les autres trichent.
Entre eux les gens de lettres se suffoquent d'encens ou s'inondent de fiel.
Comme on a tort de croire que l'intelligence ou les facultés d'analyse peuvent nous mettre à l'abri !
Le plaisir du texte est semblable à cet instant intenable, impossible, purement romanesque, que le libertin goûte au terme d'une machination hardie, faisant couper la corde qui le pend, au moment où il jouit.