Il semble bien difficile de vivre, parce qu'avec ou sans amour, le premier problème de l'homme demeure l'amour.
Au moment où nous concevons le concevable, il commence à résonner en nous et devient inconcevable.
La littérature est l'un des derniers lieux où l'on peut se permettre de n'être contemporain que de l'homme.
Où l'on travaille beaucoup, là est l'abondance ; mais où l'on parle beaucoup, l'indigence se trouve souvent.
La France est le seul pays au monde où les propos visant le sexe sont plus punis par des lois spécifiques que les injures concernant la taille, le poids, la couleur de peau, l'âge !
On ne sait, si Dieu doit avoir plus de reconnaissance à l'égard du diable, ou le diable plus de reconnaissance à l'égard de Dieu, de ce que tout se soit ainsi passé.
La prière commence où les capacités humaines finissent.
Les gens attendent-ils de tousser pour aller au spectacle ou les spectacles font-ils tousser ?
Le déshonneur des femmes commence là où finit celui des hommes, dans l'insubordination.
Il nous est difficile de parler de bêtise, sachant bien qu'on est, ou deviendra, toujours l'imbécile de quelqu'un.
L'amour a ceci de commun avec la grâce que tout - et jusqu'à la manière de pousser une porte ou de nouer un lacet - est modifié. Rien de ce qui était avant ne demeure.
La paresse mène où elle veut bien.
Il en est des serments d'enfants comme des étoiles ou des soleils. Ils ne s'oublient qu'une fois dissous, non pas dans le ciel, mais dans la mémoire.
Lorsque vous commencez un travail d'importance, vous ne pouvez espérer le finir de suite : c'est la raison pour laquelle il ne faut laisser personne vous forcer à vous hâter ou vous décourager tant que vous n'êtes pas allés au bout de votre tâche.
L'éternité n'est et ne sera jamais autre chose que le moment où je suis.
Une femme, c'est une présence, une odeur, un geste, un poudrier qui claque, le bruit de ses talons - plats, forcément - ou de son sac à main quand elle fouille dedans.
A cause d'où je viens, je n'ai jamais pensé que je verrais dans ma vie un candidat noir candidat à la présidence.
On ne devient pas geisha pour s'épanouir ou se réaliser. Si on fait ce métier avant tout, c'est parce qu'on n'a pas le choix.
Souffrances et joies se tiennent solidaires. L'on ne peut être heureux que dans la mesure où l'on souffre. L'égalité se fait dans l'ordre de l'intensité.
Il ne sied pas à un homme de coeur, devenu tout-puissant, de prendre des moeurs nouvelles ; à ses amis mieux que jamais il doit être fidèle, à l'heure où sa prospérité lui permet mieux que jamais de les servir.
Il y a une différence capitale entre "être" et "en être". Appartenir à l'un ou à l'autre groupe n'a aucune importance pourvu qu'on s'amuse.
L'esprit est une tour de guet d'où l'on est à l'affût de tout incident susceptible d'exciter l'imagination.
Il y a un moment dans la peinture où le peintre sait que son tableau est fini. Pourquoi, il ne saurait le dire, simplement reconnaître son incapacité soudaine à y modifier quoi que ce soit.
C'est quand je perds mes forces que je peux commencer à trouver l'objet d'un livre ou d'un texte.
Non, la guerre n'est pas la mère de toutes choses. La bataille ne produit rien, sauf de nouvelles batailles, d'où sa fécondité nulle.
Je vais bientôt avoir 50 ans et j'ai toujours plus ou moins eu quelqu'un pour m'épauler. Les choses sont différentes désormais.
Il n'y a absolument aucune corpulence pour être mannequin ou modèle, il faut juste convenir physiquement et aux exigences d'un contrat.
- Vous êtes un génie ou quelque chose comme ça ? - Je ne crois pas que l'intelligence puisse être quantifiée avec exactitude, mais j'ai en effet un QI de 187 et une mémoire eidétique et je sais lire 20 000 mots par minute... Oui, je suis un génie.
Dans la vie, il faut choisir : compliqué et fréquent, ou bien simple et rare.
Pendant les moments très difficiles de ma vie où je commence à me demander pourquoi je me bats avec quelque chose, je me tourne souvent vers les livres pour mieux me comprendre.
Faire simple, ce n'est pas faire médiocre, ou même banal, c'est au contraire avoir le respect des français... être exemplaire.
J'admire la gentillesse qui a pour origine la gentillesse ou l'amour.
Tout homme est religieux, dans la mesure où il est capable d'attention et de silence.
Dans les révolutions, les hommes n'ont de durée que celle où ils peuvent être utiles.
On va au théâtre pour voir et savoir, pour sentir et ressentir. On se met en état d'attente, dans l'espoir d'attendre ou de comprendre quelque chose que l'on n'a pas su comprendre jusqu'alors.
L'amour est cet intervalle délicieux entre le moment où vous rencontrez une jolie fille et celui où vous vous découvrez qu'elle ressemble à un hareng.
Aimer, ce n'est pas s'installer une fois pour toutes au sommet de ses certitudes. C'est douter toujours, trembler toujours. Et puis, demeurer vigilant pour éviter que le poison mortel de l'habitude ne s'insinue et nous tue, ou pire : nous anesthésie.
Au moment où vous arrêterez de vous inquiéter de ce qui va se passer, vous commencerez à profiter de ce qui se passe.
La véritable nature d'un individu ne se manifeste jamais aussi clairement qu'au moment où il subit une vexation, un outrage ou une offense.
Je répète : la méditation, c'est tout ce qui se passe en soi pendant le temps où on est assis, immobile, silencieux.
L'auto-stoppeuse est une passagère avec laquelle on sait quand on part, mais avec laquelle on ne sait jamais jusqu'où ça peut aller.
Le temps n'est pas la limitation de l'être mais sa relation avec l'infini. La mort n'est pas anéantissement mais question nécessaire pour que cette relation avec l'infini ou temps se produise.
Quand je commence un film, j'ai toujours très peur parce que je ne sais jamais si je vais pouvoir faire un bon travail ou un très mauvais travail.
Ce ne sont pas les plus gros, les plus brillants ou les meilleurs qui vont survivre, mais ceux qui s'adaptent le plus rapidement.
Un homme pouvait se sacrifier par machisme, par stupidité ou du fait d'une foi aveugle en une hypothétique victoire. Une femme se sacrifiait sans se raconter de bobards.
La liberté n'existe que là où l'intelligence et le courage parviennent à mordre sur la fatalité.
La science naît au moment où la société décide de dominer son monde ou de le reconstruire.
Le coeur des hommes est une bibliothèque où s'alignent les romans tragiques, les idylles, les livres gais et aussi quelques livres légers : une bibliothèque rangée sans ordre apparent, mais complète.
Il y a une façon nerveuse, et une façon langoureuse, de faire de la politique, comme de faire l'amour. La rencontre des deux donne les plus beaux effets, ou les plus beaux enfants.
Je pense que tout le monde est bizarre. Nous devrions tous célébrer notre individualité et ne pas en être embarrassé ou honteux