le but de la politique étrangère est de persuader les autres de faire ce que nous voulons ou, mieux encore, de vouloir ce que nous voulons.
Le camarade Mao, qu'il ait traversé « une mer de vagues déferlantes » ou escaladé « un col de montagne imprenable comme le fer », a toujours tenu sa route sans hésiter, donnant un brillant exemple au parti communiste chinois.
Nous ne voulons pas d'un monde où la certitude de ne pas mourir de faim s'échange contre le risque de mourir d'ennui.
Dans la condition où se trouve l'homme, Dieu se contente d'exiger de lui qu'il cherche la vérité le plus soigneusement qu'il pourra et que, croyant l'avoir trouvée, il l'aime et y règle sa vie.
Notre société en est rendue au point où elle s'injecte la vie par intraveineuse pour que ça aille plus vite, mais, de l'autre côté, nous sommes condamnés à attendre partout où nous allons.
À travers la perception d'un objet, quel qu'il soit, je sens comme une espèce de préjudice causé à ma pensée. Le monde où je vis est accablé par le poids de la lumière, de cette lumière dans laquelle je ne [...] ► Lire la suite
On dit que le public a les journaux qu'il se fait ou qu'il mérite. N'est-il pas plus juste de dire que les journaux ont le public qu'ils façonnent ?
Il n'y a pas de conditions, de classes, de rang, dans la nature. Les hommes seuls ont cherché à mettre de l'ordre, là où il y en avait déjà et ils ont établi le désordre !
L'art est un holocauste : où c'est l'humanité entière qu'on voudrait détruire, pour le bien même de l'homme.
L'oeuvre d'un auteur est, ou devrait être, une totalité, un grand organisme dans lequel chaque partie est reliée aux autres par d'innombrables fils, nerfs, muscles, écheveaux, et canaux... qu'on le touche quelque part, il réagit ailleurs.
Muse, qui autrefois chantas la verte Olive,Empenne tes deux flancs d'une plume nouvelle,Et te guidant au ciel avecques plus haute aile,Vole où est d'Apollon la belle plante vive.
Pour chaque individu tué, quelqu'un devrait construire une école ou enseigner à un enfant. Nous devons vraiment équilibrer les choses avec la positivité.
Une longue peine, c'est quelqu'un qui doit gérer son temps au mieux ou il finit fou.
On obtient le bonheur dans la mesure où on ne l'attend que de soi.
Louanges. Hommage à une personne qui jouit des avantages cumulés du pouvoir et de la richesse, ou de la considération du trépas.
Une vie de bonheur, n'est-ce pas la chose que tout le monde veut et que personne au monde ne refuse ? Mais où l'a-t-on connue pour la vouloir tant ? Où l'a-t-on vue pour en être si épris ?
On n'est jamais vraiment vaincu que le jour où l'on croit l'être.
Voyager, comme raconter ou vivre, revient à choisir donc à omettre.
A l'heure où les satellites traversent toutes les frontières, les langues, les idéologies, il est impossible de créer une société hermétique.
L'Amérique est la version originale de la modernité, nous sommes la version doublée ou sous-titrée.
Si quelqu'un te prête des jambes, tu vas où il lui plaît.
Je ne m'inspire pas des livres ou d'une peinture. Je m'inspire des femmes que je rencontre.
Le seul endroit où David est égal à Goliath est à la Cour suprême.
C'est l'ensemble de la vie individuelle que l'on devrait nommer "destin" et non pas ce futur tangible qui, d'une heure sur l'autre, remet tout en question, fait de nous une épave ou un héros.
Comment la femme pourrait-elle échapper à ses penchants serviles et perfides quand l'éducation l'a façonnée dès l'enfance à étouffer son caractère pour se plier à celui du premier venu que le hasard, l'intrigue ou l'avarice lui choisiront pour époux ?
Un livre, c'est le seul lieu au monde où deux étrangers peuvent se rencontrer de façon intime.
L'amour peut énerver l'âme, ou l'affermir.
- N'oublie jamais que tu es juif, disait sa mère à Alain Finkielkraut.- N'oublie jamais d'où tu viens, me répétaient en écho mes parents;Cela voulait dire : reste modeste et surtout ne nous renie pas. Je rétorquais :- On appartient au monde qu'on a fait, pas celui d'où on vient.
Nous sommes à une époque où les hommes n'arriveront jamais à perdre assez de temps pour conjurer cette fatalité de passer leur vie à en gagner.
Je croyais que j'étais là où je devais être.
Les autres me parlent de faire un stade de France ou la tour Eiffel mais c'est non. Je serai centenaire et c'est tout... On ne va pas aller plus loin !
Je m'interdis de manger quoique ce soit qui marche, court, saute, sautille ou rampe. Dieu sait que parfois j'ai rampé et je suis heureux qu'on ne m'ait jamais mangé.
Derrière un roman ou un poème, derrière la richesse d'un sens à interpréter, il n'y a pas de sens secret à chercher. Le secret d'un personnage n'existe pas, il n'a aucune épaisseur en dehors du phénomène littéraire.
Qu'est-ce que la présidence sinon une affaire splendide ou, en tout cas, une sacrée combine ?
Finissons la guerre du sexe, de la couleur ou de l'origine, nous en avons aucun mérite personnel.
Que ce soit le travail, le mariage ou la famille, j'ai toujours été en retard.
Je n'avais pas eu le temps de prendre mon petit déjeuner. J'aurais préféré qu'elles me montrent du saucisson ou du lard au lieu de leurs attributs. Dieu merci, les homosexuels n'ont pas eu l'idée de faire pareil.
Pour moi, dans la tradition des Lumières, au contraire, tout est affaire d'argumentation rationnelle et de conviction intime. On peut donc convaincre tout le monde. Alors, il est heureux que l'on puisse constater qu'en effet d'aucuns changent d'avis ou d'angle d'analyses.
Ce n'est pas un métier de femme. C'est un univers rude, dur, où on est tout le temps sur les mers.
Le web mondial est devenu le lieu où s'exerce activement une nouvelle forme de citoyenneté
Pour le Français, tous les professeurs sont bons, sauf ceux qui furent ou sont dévolus à ses enfants.
Il faut à une vie, une religion laïque ou mystique, une grande idée, une foi, même si cette foi est faite d'un universel doute... ou bien, il faut être tout à fait un imbécile et les imbéciles sont très malheureux.
La politesse et la franchise marchent de front, là où l'une est déplacée l'autre l'est également. Alors, il ne reste que le silence, cette frêle cloison entre la chose mal cachée et la chose mal dite, entre le mensonge maladroit et le mensonge nécessaire.
Maladie de la folie, ou tard ou jamais guérit.
La question est de savoir si l'on donne au public quelque chose qui vise à le rendre plus heureux, ou quelque chose qui corresponde à la vérité du sujet.
Pour trouver Dieu en réalité, il faut descendre jusqu'à cette profondeur de soi où l'homme n'est plus qu'image de Dieu ; là même où au jaillissement de soi, il ne se trouve plus que Dieu.
Le jeune oiseau se laisse tirer deux ou trois fois, mais c'est en vain qu'on tend un filet ou qu'on tire l'arc devant ceux qui ont déjà des plumes.
Une chambre ! Quelle soit vêtue de deuil et de misère, ou capitonnée de soie et d'or, n'est-ce pas toujours le sanctuaire secret où se déroule le plus intime des vies ?
C'est là une des contradictions de la littérature, qu'il y a un temps pour vivre, et un temps pour écrire, et que, dans le temps où l'on écrit, on n'a guère celui de vivre.
Il y a des moments où il faut se précipiter à la poursuite de l'espérance.