L'esprit moderne est en plein désarroi. La connaissance s'est étendue au point où ni le monde ni notre intelligence ne peuvent prendre pied. C'est un fait que nous souffrons de nihilisme.
Qui n'a pas connu l'absence ne sait rien de l'amour. Qui a connu l'absence a pris connaissance de son néant - de cette connaissance lointaine qui fait trembler les bêtes à l'approche de leur mort.
Je ne sais qui je suis, je ne suis qui je sais :Une chose et non une chose, un point nul et un cercle.
La critique souvent n'est pas une science ; c'est un métier, où il faut plus de santé que d'esprit, plus de travail que de capacité, plus d'habitude que de génie.
Si l'intelligence ne suffit point à l'action, il va de soi qu'elle y prend part.
Les habitudes sont tributaires du temps et celle qui consiste à se lever ou à se coucher à une certaine heure est de toutes la plus puissante puisque c'est d'elle que découle le glissement de nos jours.
Nous devons veiller à ne pas surestimer la science et les méthodes scientifiques lorsqu'il s'agit de problèmes humains, et nous ne devons pas supposer que les experts sont les seuls à avoir le droit de s'exprimer sur des questions concernant l'organisation de la société.
Je ne dis pas que les chambres à gaz n'ont pas existé. Je n'ai pas pu moi-même en voir. Je n'ai pas étudié spécialement la question. Mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale.
J'ai regardé dans le registre des maladies et n'y ai point trouvé les soucis ni les pensées tristes. Cela est fort injuste.
Le coeur humain refuse de croire en un univers sans but.
Si un être se fixe dans un endroit sans l'améliorer, cet endroit le rejettera comme un être qui n'a pas porté de fruits.
La science ne peut remplacer l'intuition et le sentiment, pas plus que la technique ne peut tenir lieu de morale.
"C'est ça ou ce n'est pas ça", du premier coup d'oeil. Le raisonnement vient après.
Il y a deux sujets dont on ne peut parler avec autorité qu'après expérience : Dieu et l'amour. Comme il faut bien attendre de mourir pour faire l'épreuve de Dieu, reste l'amour.
Ne cherchez point à gêner les coeurs, et tous les coeurs seront à vous.
L'homo consumens vit dans l'illusion du bonheur, tout en souffrant inconsciemment de son ennui et de sa passivité. Plus il détient de pouvoir sur les machines, et plus il devient impuissant en tant qu'être humain ; plus il consomme et plus il devient l'esclave de ses besoins croissants créés et manipulés par le système industriel.
Tout vient à point à qui peut attendre.
Mais le vice n'a point pour mère la science, Et la vertu n'est pas fille de l'ignorance.
Respirer, marcher, parler, regarder : toutes choses ordinaires, dont on ne s'aperçoit de la valeur que lorsqu'on a failli les perdre pour toujours. Les rescapés d'accident, de maladies ou d'événements de vie graves racontent tous la même histoire, et la même sensation, liée à cette prise de conscience : vivre est une chance.
Chaque fois que j'entreprends quelque chose, c'est un nouveau doute, un nouveau point d'interrogation.
Aucun des deux n'avait la moindre connaissance des choses sexuelles, aussi ne firent-ils rien pendant leur nuit de noces sinon prier Dieu qu'il les conseille. Le résultat ne fut pas concluant.
Tendre vers l'achevé, c'est revenir à son point de départ.
Une fois, j'ai fait l'amour pendant une heure cinq. C'était le jour du changement d'heure.
Il n'y a point de méthode facile pour apprendre les choses difficiles.
L'être humain a besoin d'inscrire le moindre de ses gestes dans un devenir afin de ne pas sombrer dans le désespoir.
La politique est la science des exigences.
Tant que la science progressera, tant que les mathématiques continueront à découvrir des mondes incroyables où deux fois deux n'auraient jamais l'idée d 'égaler quatre, de nouvelles idées surgiront chez ceux qui laissent leur esprit vagabonder, passeport à la main, aux frontières du Possible.
La volonté aboutit à un ajournement, l'utopie ; la science aboutit à un doute, l'hypothèse.
Qui n'a pas conscience de son histoire, en est forcément dépossédé.
La science consiste à oublier ce qu'on croit savoir, et la sagesse à ne pas s'en soucier.
Je sais et je sens que faire du bien est le plus vrai bonheur que le coeur humain puisse goûter.