J'ai voulu tout voir, tout avoir. Je me suis trop hâté de vivre.
Je comprends alors pourquoi les doctrines qui m'expliquent tout m'affaiblissent en même temps. Elles me déchargent du poids de ma propre vie et il faut bien pourtant que je le porte seul.
Qu'on me montre ici-bas une seule chose qui a commencé bien et qui n'a pas fini mal.
La mémoire a des racines profondément ancrées dans le corps. Il suffit parfois de l'odeur de la paille pourrie ou du cri d'un oiseau pour me transporter loin et à l'intérieur. Je dis à l'intérieur, bien que je n'aie pas encore trouvé de mots pour ces violentes tâches de mémoire.
L'ensemble de mes premiers essais me conduisit à reconnaître que cette opération sociale exigeait d'abord un travail intellectuel, sans lequel on ne pourrait solidement établir la doctrine destinée à terminer la révolution occidentale.
L'amitié n'est pas moins mystérieuse que l'amour ou l'une quelconque des facettes de cette chose confuse qu'est la vie. Je me suis dit parfois que seul le bonheur est sans mystère, car il se justifie par lui-même.
Je me mets la pression, je me sens responsable.
Je suis un maniaco-dépressif joyeux-chanceux. Il devient très profond et sombre pour moi, et il devient effrayant parfois quand je sens que je ne peux pas m'en sortir. Mais je ne me considère pas négatif-négatif. Je suis positif-négatif.
Lorsque j'étais petite, la vie était agréable. Il y avait beaucoup de moments agréables. Les vacances, les jours de repos, les jeux. Je ne sais pourquoi, en grandissant, je me suis mise à attendre des choses.
Je buvais dans la vie pour être intelligent, fulgurant... Le vin me permettait alors d'extravagantes ironies.
Bouleversé, je pleurai. Je pleurai de la peur que ma mère avait eue pour ma vie, peu m'importait, ces larmes se chargeaient d'une douleur autrement profonde, lourde, si elles me débordaient c'est que ces larmes en moi touchaient enfin l'extrémité des choses, l'extrémité de toute la vie.
Je me suis cerclé le coeur avec le meilleur métal de ma volonté.
Aux États-Unis, je me produis moi-même. L'argent gagné depuis vingt-deux ans sert à ça.
Dieu connaît les moments où je me suis retrouvé dans des situations absurdes.
Un truc qui me dégoûterait : mourir sur scène.
Mon ange je t'ai haïJe t'ai laissé aimer d'autres que moiUn peu plus loin qu'iciMon ange je t'ai trahiTant de nuits alitéQue mon coeur a cesséDe me donner la vieSi loin de moi...
Une angoisse seconde me prend, qui est d'avoir à décider du degré de publicité que je donnerai à mon angoisse première.
Aime-moi comme si tu ne me reverrais plus jamais.
Les années qui me restent à vivre s'étendent devant moi comme un long désert.
Quand ma mère mourut, j'étais tout petit ;Quand mon père me vendit, je ne parlais pas.Je ne savais que crier : ramoneur, ramoneurEt alors je ramone vos cheminées et je dors dans la suie.
Je fais parfois la leçon aux gens sur ce qu'ils mangent, mais c'est seulement s'ils me le demandent.
J'ai toujours écrit comment je me sens.
Si je dois jeter un bout de pain, je le jette mais en me disant que c'est drôlement culotté de faire une chose pareille.
Je me défie de la machine qui est en moi.
Moi, les gestes de l'amour me mènent à l'enfance.
Ma solitude me vide l'esprit, je n'ai plus de pensées.
Ce qui coûte les yeux de la tête. Un aveugle me disait un jour que son chien lui coûtait les yeux de la tête.
Les animaux me donnent plus de plaisir à travers le viseur d'une caméra qu'ils n'en ont jamais fait à la ligne de mire d'un viseur.
En 1907, j'ai été nommé professeur de piano à l'Académie de musique; une nomination que j'ai acceptée de bon coeur, car elle me permettait de m'établir ici (en Hongrie) et de poursuivre plus avant mes objectifs folkloristiques.
Un chien de chasse, ayant attrapé un lièvre, tantôt le mordait, tantôt lui léchait les babines. Le lièvre excédé lui dit : "Hé ! toi, cesse ou de me mordre ou de m'embrasser, afin que je sache si tu es mon ennemi ou mon ami.
À douze ans, j'avais une attitude envers la vie qui devait durer, qui devait me faire rechercher les domaines de la vie qui la maintiendraient vivante, qui devait me rendre sceptique sur tout en cherchant tout, tolérant sur tout et pourtant critique.
Un mot de toi me fera taire pour toujours.
J'ai souffert de me sacrifier politiquement pour sauver mon pays de la ruine et de la disgrâce et si je ne suis jamais élu, j'aurai la satisfaction de savoir que j'ai fait mon devoir.
Quant à la liberté... Si je me suis mariée trois fois, c'est uniquement par politesse. «Ne mettons pas nos noms au bas d'un parchemin...» Brassens a raison.
Je remercie vraiment tous ceux qui sont là pour me donner l'opportunité d'être aimé.
Vous savez, perdre plusieurs millions d'euros en quelques minutes, c'est une expérience que je ne souhaite à personne. Vous savez, on voit sa vie défiler : première ouverture de compte, premier transfert en Suisse, premier milliard. Je me souviens avoir été ému comme un gosse pour mon premier milliard, et puis après... on s'y habitue.
En relisant mes journaux, il me semble flagrant qu'on ne change pas. Ce que je suis à 12 ans, je le suis encore aujourd'hui. Le manque de confiance, la jalousie, mon envie de plaire. Je comprends mieux pourquoi mes amours n'ont pas résisté...
Je dis oui à mon enfant, Antigone, c'est un bonheur mais à cause de lui je ne suis plus libre. Créon a le pouvoir de te tuer et moi je vais devoir me taire, comme font les femmes depuis toujours, les femmes qui ont des enfants.
On me parle de tout, sauf de mon métier !
Je ne suis jamais fatiguée d'aller au studio. J'apprécie d'enregistrer, de me documenter et d'essayer de nouvelles choses.
Ça me plaît de travailler en studio, j'ai toujours aimé ça.
Amour, tu me tueras.
Toute réunion d'hommes m'est odieuse. Un bal me donne de la tristesse pour huit jours. Je n'ai jamais vu une course de chevaux, ni même une revue, ni une Fête Nationale. J'ai horreur de tout ce qui est fade, timoré, inexpressif.
C'est une sensation très étrange, pour quelqu'un dans mon genre d'écrire un journal. Non seulement je n'ai jamais écrit mais il me semble que plus tard, ni moi ni personne ne s'intéressera aux confidences d'une écolière de treize ans.
Ne me faites pas d'objections. Les difficultés en feront assez d'elles-mêmes.
- Ils ne nous aiment pas, disait-il, amer.- Et toi, les aimes-tu ?- Pourquoi aimerais-je des gens qui me détestent ?- Il faut bien que quelqu'un commence !
Me touche pas, Gollum.
La course est le seul moment où je me sens entier.
Je dois ma carrière à ma mère. Si elle avait cru en moi, je me serais contenter d'être secrétaire.
Et tout s'avère alors si piteux et si vain,Tant de mensonge éclate au rôle que j'accepte,Que le dégoût me prend d'être ce pître inepteEt de recommencer la parade demain !