L'homme qui s'adjuge, en vertu de sa supériorité intellectuelle, une plus large part de biens terrestres, perd le droit de maudire l'homme fort qui, aux époques de barbarie, asservissait le faible en vertu de sa supériorité physique.
Si nous savions mettre Dieu dans tout ce que nous faisons, nous le retrouverions dans tout ce qui nous arrive.
Le secret de n'avoir pas d'ennuis, pour moi du moins, c'est d'avoir des idées.
L'envie comme le caprice est fille de la liberté.
L'Anglais est un praticien qui n'a pas de théories ; l'Allemand, un théoricien qui applique ses théories ; le Français, un théoricien qui ne les applique pas : c'est ce qu'on appelle chez nous avoir du bon sens.
Le malentendu en littérature est à la base de la plupart des réputations. Il faut être un peu fou pour écrire. Comment expliquer autrement qu'un homme veuille se faire un nom avec les mots de tout le monde ?
Rare est le bonheur, et il n'est jamais trop tard pour l'apprendre aux hommes.
Dans les auberges espagnoles c'est la même huile qui sert pour la lampe, le potage et la salade.
Mon copain pensait qu'il n'allait pas y arriver. Il s'est alors mis à positiver. Maintenant qu'il positive, il ne va plus le faire.
Le drame quand on est président, c'est que si on entreprend de résoudre les problèmes, on n'a plus le temps de gouverner.
Qu'importe le bonheur quand on n'a point la joie !
Le monde n'a peut-être été créé que pour réaliser le mal. Si, au lieu de contrarier le mouvement, nous le suivions, on obtiendrait un bon résultat.
Le pire, quand on fait un discours, ce n'est pas de prendre conscience que vos auditeurs regardent leur montre, c'est le moment où ils se mettent à la secouer pour voir si elle n'est pas arrêtée.
Le sommeil est à la mort ce que les grandes manoeuvres sont à la guerre.
Rien ne dure, sinon le renouvellement de nos regards en soi, sur le monde, sur autrui.
Les théologiens enseignent non pas comment réfléchir, mais seulement le résultat de leurs propres réflexions.
Qu'est-ce qu'il faut faireQuand on ne sait rien faire ?On devient un homme à tout faireOn a les embêtements les plus diversOn n'a jamais le temps de boire un verreSans risquer de l'avaler de travers.
Les hommes remarquables sont obligés de mener leur jeu tout au bord du précipice. Certains d'entre eux ne peuvent tenir le coup. Alors ils renoncent.
Car les héros, s'ils ne tombent pas exactement à l'heure et dans le milieu convenables, voilà des fléaux.
L'amour est obscène en ceci qu'il met le sentimental à la place du sexuel.
Quand le flamboyant fleurit, le blanc dépérit.
Nous sommes devenus une civilisation fondée sur le travail, mais pas le travail « productif » : le travail comme fin et sens en soi.
Le mariage, en tant qu'institution, est aussi mort que l'oiseau dodo.
Celui qui ne peut supporter le mal, ne vivra pas pour voir le bien.
En France, j'ai beaucoup d'opportunités. Peut-être que maintenant on me proposera des films en Amérique. C'est la rencontre, avec le réalisateur et l'histoire qui compte.
Je recycle. J'ai une maison dans le sud de la France et j'ai un petit jardin. Je m'appelle Dujardin - «du jardin». Je cultive des carottes, des poivrons, des fraises, des haricots verts et des choses pour les salades, mais il y a beaucoup de sangliers partout et ils volent la nourriture.
Le pire est de ne même pas rêver gagner.
Le cynisme est un choix, mais l'espoir est un meilleur choix.
Je suis le péché d'Envie. Je ne sais pas lire, et ainsi souhaite que tous les livres soient brûlés.
La spiritualité est le souffle qui habite les principes, sans lequel ils restent des fantômes évanescents.
Les gens qui prétendent que le temps guérit tous les maux n'ont jamais attendu indéfiniment dans le salon d'un médecin.
La misère ne consiste pas dans la privation des choses, mais dans le besoin qui s'en fait sentir.
Un cinéaste, ça se demande comment va le monde. S'il ne pose pas cette question, il fait du cinéma qui se prend le pouls.
L'amour est à l'homme ce que le gril est au pain rassis. Il le dore à l'extérieur, le ramollit à l'intérieur et le laisse plus racorni que jamais.
La femme a la passion du calcul : elle divise son âge par deux, double le prix de ses robes, triple les appointements de son mari et ajoute cinq ans à l'âge de sa meilleure amie.
Le chien est l'animal le plus vigilant ; pourtant, il dort toute la journée.
Il y a deux sortes d'hommes. Ceux qui combattent leur père et ceux qui cherchent toute leur vie à le remplacer.
Qui n'entend rien à la création du monde ne comprend pas le besoin social !
Quand on dit d'un artiste comique de grand talent qu'il n'a pas de prix, ce n'est pas une raison pour ne pas le payer sous le fallacieux prétexte qu'il est impayable.
Ce qui ennoblit un acteur sur les planches peut sur l'écran le rendre vulgaire.
En politique, on ne s'entendra jamais. Mais c'est peut-être ce que demandent les partis. C'est peut-être le jeu des partis.
L'attribut le plus sacré d'un temple, c'est que c'est un endroit où les hommes pleurent ensemble.
La vie ne permet pas d'aller bien loin, non plus que d'approfondir le sens de tout ce qui est. L'être humain, si doué soit-il, reste toujours à l'extérieur de ce qu'il veut percer.
Le vrai désir n'est peut-être pas la possession d'un être, mais sa dépossession dans l'attente du plaisir, du rejet du monde où nous sommes enfermés avant d'entrer dans un monde extatique.
La majorité se compose d'un petit nombre de meneurs énergiques, de coquins qui s'accommodent, de faibles qui s'assimilent et de la masse qui suit cahin-caha, sans savoir le moins du monde ce qu'elle veut.
Notre vie n'est précieuse que parce que nous avons le pouvoir d'en disposer, et que nul ne peut jamais exercer ce pouvoir à la place d'un autre, telle est la terrible économie de notre existence !
On ne doit pas faire payer le fait que l'on doit de la reconnaissance, et c'est une tentation qui nous guette tous.
Les lois de l'espace scénique sont différentes de celles de la littérature, mais l'enjeu reste toujours de faire passer le plus possible de littérature sur l'espace scénique.
La vie, c'est un peu comme une pièce de théâtre, dont nous serions les acteurs... et les autres, le public. Mais à la fin, on ne vient pas saluer. On meurt sur scène comme Molière.
La vie d'un roman est le plus souvent de trois mois, tandis qu'un livre de poèmes, on le prend, on le lit, on le laisse, on le reprend, ça dure longtemps, très longtemps...