Les cercueils fermés gardent les secrets. Le sien est ouvert et expose les vôtres.
Le bonheur n'attire pas la sympathie.
Les bêtises sont le contraire des femmes. Les plus vieilles sont les plus adorées.
Plutôt que le maître d'école, le critique doit être l'élève de l'oeuvre.
Si l'homme est vraiment ce que le créateur a fait de mieux, ça ne vaut pas la peine de s'agenouiller devant lui.
Le grand inconvénient des livres nouveaux est de nous empêcher de lire les anciens.
Le prodigue et l'avare aboutissent aux mêmes haillons.
Le cynique est celui qui ne voit jamais une bonne qualité en l'homme et ne manque jamais d'y voir un défaut.
Le loisir, voilà la plus grande joie et la plus belle conquête de l'homme.
Quand un homme désire tuer un tigre, il appelle cela sport ; quand un tigre désire le tuer, il appelle cela férocité.
Le malheur ne peut se consoler qu'avec le malheur des autres.
Le premier signe de l'ignorance, c'est de présumer que l'on sait.
Ce ne sera pas un des moindres paradoxes de notre époque que d'avoir rêvé le règne de la justice là où régnait déjà l'argent.
Le coeur, le coeur ? On emploie souvent ce mot, qui dit si bien ce qu'il ne veut pas dire.
Pour bien jouir de l'été en Angleterre, il faut le faire encadrer et le mettre sous verre dans un salon confortable.
Il y a dans l'homme assez de beautés pour provoquer l'extase, comme on y trouve assez de laideurs pour vouloir le supprimer.
Il y a des parents qui veulent, à tout prix, maintenir le prestige de l'autorité et qui ne réussissent qu'à installer, dans leur foyer, le spectre hideux de la tyrannie. Ils font, de leurs enfants, des esclaves ou de sauvages petits rebelles.
Le gros problème avec les hommes, c'est qu'ils ne savent pas s'y prendre avec les femmes.
Le crapaud et tout ce qu'il contient, appartient au martin-pêcheur.
Ecrire pour le théâtre, c'est écrire pour l'autre : le metteur en scène et l'acteur car ce sont eux qui, avant le public, transforment en représentations scéniques les mots couchés sur le papier.
La liberté de choix et d'intelligence en commun est contestée par l'exigence, en tous domaines, de réponses immédiates. Désormais, la vitesse est vraiment devenue notre milieu, nous n'habitons plus la géographie mais le temps mondial.
La muséographie contemporaine nous habitue curieusement à une "culture patrimoniale" comme si tout ce qui était produit par l'homme avait le musée pour destin présumé.
Un cinéaste se trouve face à trois options : embrasser le système et en devenir l'esclave ; l'ignorer et le combattre ; ou l'utiliser à son avantage.
Le téléspectateur est un concept de statisticien, un être mathématique opérationnel dont notre époque use et abuse, et auquel on donne volontiers la plénitude d'une personne.
Il y a plus de choses à changer dans l'avenir que dans le passé.
Quel est donc cet instinct moral qui apprend à l'homme sans éducation, que la récompense de ces actions est dans le coeur de celui qui les a faites ? Il semble qu'en nous les payant, on nous les ôte.
L'enjeu n'est pas le public, c'est soi, c'est la peur. Une véritable mise en danger.
C'est triste de penser qu'il faut attendre le pire pour enfin comprendre. Pourquoi le bonheur, on le reconnaît seulement au bruit qu'il fait en partant ?
Seuls les tout petits chefs jouissent de leur pouvoir - au-dessus, on ne connaît que la peur de se faire poignardes dans le dos, la rage des trahisons et le poison des fausses promesses.
On n'est malheureux que parce qu'on a une idée trop nette sur le bien et le mal.
J'étais irrité contre mon ami,Je dis mon courroux, mon courroux s'éteignit.J'étais irrité contre mon ennemi,Je ne le dis point; et mon courroux grandit.
L'écriture, c'est ce neutre, ce composite, cet oblique où fuit notre sujet, le noir-et-blanc où vient se perdre toute identité, à commencer par celle-là même du corps qui écrit.
Dire des bêtises est le seul privilège de l'homme qui le distingue de tous les autres organismes.
La misère religieuse est tout à la fois l'expression de la misère réelle et la protestation contre la misère réelle. La religion est le soupir de la créature accablée, l'âme d'un monde sans coeur, de même qu'elle est l'esprit d'un état de choses où il n'est point d'esprit. Elle est l'opium du peuple.
Ton ami te snappe mais tu le verras dès qu'il peut, si tu meurs, t'auras plein de emoji tête-qui-pleure.
Pour fortune, amour et bonheur, il n'existe pas de passe-partout. Il faut le mériter.
Les portes chaudes. Dans les Thermopiles nous avançons, dans cet étroit corridor nous avançons, où le nombre des hommes de Xerxès ne comptera plus. Spartiates, citoyens soldats, anciens esclaves, tous de courageux Grecs. Frères, pères, fils... nous avançons, pour l'Honneur, pour servir, pour la Gloire, nous avançons.
Le cinéma est un soleil noir inlassablement attractif.
Le mal serait le problème limite de la philosophie, celui par lequel elle s'expose.
Quelque soit la file d'attente que l'on choisisse, ce sera toujours la plus lente même si sa longueur ne le laissait pas présager.
Le vaisseau de la féminité : galbée en proue, majestueuse en poupe et poivrée dans les écoutilles.
Le remède au mal consiste parfois à oublier le mal et à oublier le remède.
Tout le secret de l'art est peut-être de savoir ordonner des émotions désordonnées, mais de les ordonner de telle façon qu'on en fasse sentir encore mieux le désordre.
La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse.
Le désir d'un meilleur état est la source de tout le mal dans le monde.
On apprenait à Sacha le décès d'un de ses amis. Sacha déclara : Quelle terrible chose ! Quand je pense combien il m'admirait !
Il y a de la joie dans tout, même dans la honte ; le tout c'est d'oser la prendre.
Le malheur est la véritable égalité.
Nous ne gagnerions, à nous marier, que le loisir de nous quereller à notre aise.
Le talent de tourner un compliment dans le beau monde pourrait se définir ainsi : l'art de tirer quelque chose de rien. Aussi ce talent fait-il toujours plus d'honneur à l'artiste qu'au sujet.