Les livres sont ceci, ils propagent le silence.
L'écrivain peut se permettre n'importe quoi : on le considère aujourd'hui comme un être inoffensif.
Le théâtre, c'est la possibilité, pour un homme, de faire mourir des personnages qu'il a créés.
Le troisième millénaire sera rigolo ou ne sera pas.
Quand dans une réunion, un homme ne dit rien alors que tout le monde parle, on n'entend plus que lui.
C'était le ba, be, bi, bo, bu etc. Je me souviens à quel point c'était difficile et décevant, ces leçons d'apprentissage, et il fallait toute ma confiance dans cette femme, pour admettre que ce qu'elle trouvait bien dans notre leçon de la matinée n'était pas le résultat d'un dérangement de son esprit.
Avant que le blé ne monte en épis, dans la terre il faut qu'il fermente. C'est la loi.
J'exprimerai sans rougir devant vous mes amoureux transports ; le temps étouffe la timidité dans les coeurs.
C'est toujours avec angoisse que j'anticipe le retour de la nuit, le moment de la grande rencontre avec moi-même, le moment d'ajouter un autre zéro au total du passé, le moment de me rapproche de tout un pas de la frontière au-delà de laquelle il n'y a plus rien, même plus de futur.
Le malheureux petit Chose, arraché à son rêve, tombé de son ciel, promenait autour de lui de grands yeux étonnés où se peignait un effarement si naturel, si comique que toute la salle partait d'un gros éclat de rire.
J'ai aimé la rencontre avec les hommes de ma vie, la dualité, la complicité, le rire, la quiétude, la séduction, l'impérieux besoin de reconquérir chaque matin, de rêver une vie à deux tout en sachant parfaitement que rien ni personne ne résisterait à mon piano, à mes théâtres, à la route partagée avec d'autres.
Je crois en l'homme, et ça veut dire que je crois en sa raison ! Sans cette croyance, je n'aurais pas la force de me lever le matin de mon lit.
Le vrai bourgeois, c'est-à-dire, dans un sens moderne et aussi général que possible, l'homme qui ne fait aucun usage de la faculté de penser et qui vit ou parait vivre sans avoir été sollicité, un seul jour, par le besoin de comprendre quoi que ce soit...
La pauvreté a le pouvoir a le pouvoir de faire sentir aux êtres humains la pesanteur de la chair et la servitude lamentable de l'esprit.
D'autre part, à la limite, les Européens d'Europe sont des colonisateurs en puissance : il leur suffirait de débarquer. Peut-être même tirent-ils quelques profits de la colonisation. Ils sont solidaires, ou pour le moins complices de cette grande agression collective de l'Europe. De tout leur poids, intentionnellement ou non, ils contribuent à perpétuer l'oppression coloniale.
Il y a pusieurs attitudes vis-à-vis de l'amour : on peut le manger, on peut le boire,on peut le respirer, et on peut vivre en lui. Ceux qui le mangent restent dans le pain physique, et ils ne peuvent pas être satisfaits parce qu'ils se contentent des plaisirs inférieurs.
Pour distinguer le bien et le mal, les Parias même n'ont pas besoin de livres.
Si le temps s'éclaircit la nuit, cela ne dure pas bien longtemps.
En octobre, celui qui perd son manteau le cherche bien vite.
C'est la passion qui fait vivre l'homme ; la sagesse ne le fait que durer.
La danse est le pur langage de l'âme - elle nous accompagne depuis le tout début.
La démocratie est parfois brouillonne, elle nécessite parfois un peu de patience aussi. (...) J'appelle chacun à rester calme, le processus fonctionne, le dépouillement touche à sa fin, on sera vite fixés.
Le sexe est plein de mensonges. Le corps essaie de dire la vérité. Mais, il est généralement trop encombré de règles pour être entendu et lié à des prétextes pour qu'il puisse à peine bouger. Nous nous paralysons avec des mensonges.
La science progresse le mieux lorsque les observations nous obligent à modifier nos idées préconçues.
La possession du pouvoir gâche inévitablement le libre usage de la raison.
Les livres que le monde appelle immoraux sont des livres qui montrent au monde sa propre honte.
Plus je suis puissante et célèbre, plus j'ai le pouvoir de blesser les hommes.
Quoi qu'il arrive dans ma vie à partir de maintenant, je sais que le jour où je mourrai enfin - le dernier acte de mon scénario - les gens feront toujours référence au travail que j'ai fait avec Almodovar.
Le cinéma explique la société américaine. C'est comme un western, avec des bons et des méchants, où les faibles n'ont pas leur place.
Toute la vérité dans le monde alimente un gros mensonge.
Le cinéma ne me faisait pas rêver. Je n'ai été épatée que par des rencontres.
L'air, dès que point le jour, s'emplit d'innombrables images, dont l'oeil est l'aimant.
- Non, non, non, donnez-moi ça. Regardez-moi, un archet doit se tenir ainsi, pas autrement ; c'est pas votre petit Jésus que vous tenez... excusez-moi mademoiselle. c'est un archet, un archet, tenez-le avec un peu de respect comme... heu... - Votre petit Jésus !
Au contrôleur de la SNCF qui vérifie votre billet, ne dites pas :«Vous augmentez la durée du trajet en même temps que le prix du billet. »
On peut être drogué à blanc avec l'attente, et le temps.
Aujourd'hui, le cinéma français est un peu comme ces nouvelles bagnoles. Elles sont trop rondes, elles manquent de caractère
La Justice est accessible à tous, au même titre que le Ritz.
Index. Doigt pointé qui, si on le suit, montre deux malfaiteurs.
Le blasphème fait partie de la religion populaire.
Il existe au monde des gens sans lesquels la roue de la vie ne tournerait pas comme il le faudrait.
La ville est le lieu où le jeune homme perd ses idéaux et la jeune fille sa vertu.
Le sens commun ne s'enseigne pas.
Le monde est plein de mecs qui pensent faire leur devoir parce qu'ils font ceux de leurs enfants.
Chacun n'est devenu tout à fait soi-même que le jour où ses parents sont morts.
Je pense que la conception selon laquelle la femme a le devoir de mettre des enfants au monde se modifiera au cours du prochain siècle et fera place à du respect et de l'admiration pour celle qui, sans renâcler et sans faire de grandes phrases, prend de tels fardeaux sur ses épaules !
Les hommes ne font jamais le mal aussi complètement et aussi ardemment que lorsqu'ils le font par conviction religieuse.
La bonne poire, c'est l'imbécile qui se dépense sans compter pour que tout le monde y trouve son compte sauf lui, celui qui encaisse les humeurs des unes et des autres.
Ne négligez rien de ce qui peut vous faire grand», m'écrivait le pauvre Beyle.
La tendresse, c'est le désir qui dort, mais d'un oeil.
Le RPR n'est pas le PSU. La branlette intellectuelle ça ne marche pas.