L'étreinte de la mort est comme la morsure d'un amant, qui fait mal et qu'on désire.
Dans une cité comme la mienne, on intègre vite le sentiment d'être des Français de seconde zone.
La déportation m'a appris ce que pouvait être le sens d'une vie humaine : combattre pour sauvegarder ce filet d'esprit que nous recevons en naissant et que nous rendons en mourant.
Enseigner la gestion de son corps, réinventer ce que l'on appelait l'éducation sanitaire, et ce dès l'école.
Le jour où vos chiffres sortiront au loto, ce sera la seule fois où vous ne les aurez pas joués.
Les femmes : bulles de savon ; l'argent : bulles de savon ; la renommée : bulles de savon. Les reflets sur les bulles de savon sont le monde dans lequel nous vivons.
Il faut retenir son coeur, car si on le laissait aller, combien vite, alors, on perdrait la tête !
D'où vient que la même heure paraît à la fois si longue et si courte à deux êtres à qui la nature l'a délivrée comme une quantité absolue ?
Mieux vaut subir la moitié des maux auxquels on s'attend que de rester dans l'apathie par crainte de ce qui pourrait advenir.
Qu'importe la douleur d'aujourd'hui puisqu'elle est le commencement d'autre chose !
A vingt ans, la volonté est reine ; à trente, c'est l'esprit ; à quarante, le jugement.
Ce qui est déshonorant, ce n'est pas de mentir, c'est de se faire prendre en flagrant délit de mensonge. Il y a des maladroits du mensonge : ceux-là on devrait les reléguer dans la vérité et leur interdire d'en sortir.
Quand on demande à Dieu la souffrance, on est toujours sûr d'être exaucé.
La gaieté de l'homme conserve la beauté de la femme.
La peur est une récréation de la volonté, la dilection des faibles.
Au-dessus de la matière, il y a la pensée ; au-dessus de la pensée, il y a l'idéal.
Aux yeux de beaucoup de gens, la pauvreté est bien pire que vice : elle est faiblesse.
Une des plus belles victoires qu'un homme peut remporter sur lui-même, c'est contre la colère qui l'habite.
Il y a des gens qui préfèrent au succès la satisfaction qu'ils trouvent en eux-mêmes.
La fin suprême de la famille serait qu'entre les trois personnes il n'y eût plus ni sexe ni âge, que les fils fût le père de ses parents, l'époux de sa mère.
Ce n'est que rétrospectivement que la vie paraît douce. Elle ne nous semble vivable que lorsque le moment présent est supportable.
Ce qui importe à l'homme ce ne sont pas les événements survenus dans sa vie, mais seulement la répercussion de ces événements dans sa conscience.
Nous ne maîtrisons que ce que nous trouvons finalement ridicule, c'est seulement lorsque nous trouvons le monde et la vie qu'on y mène ridicules que nous avançons, il n'y a pas d'autre, pas de meilleure méthode.
La pitié, c'est l'éboueur de la misère.
La poésie, c'est le point où la prose décolle.
Les nombres ont-ils un mode d'existence en dehors de la tête de celui qui les pense ?
Seule nous appartient la part qui suffit à nos besoins. Le reste n'est que du luxe.
Le roman naît de vos passions personnelles mais il ne peut réellement prendre son essor que lorsque vous avez coupé le cordon ombilical avec votre vie et que vous commencez à interroger non pas votre vie mais la vie même.
On ne brise pas sa coquille de l'extérieur en la projetant avec force contre les parois de ce monde. Lui seul peut la briser qui, reprenant vigueur et vérité, peut la faire éclater de l'intérieur.
Nous, les spectateurs, assistons impuissants à l'homogénéisation inexorable d'un modèle télévisuel régi par l'esprit de profit et l'obsession de la concurrence.
La radio est une voix qui parle à une oreille. C'est par les mots seuls que l'idée fait son chemin jusqu'à l'esprit de l'auditeur. Puisque les mots portent la pensée, il n'y a pas d'interférence entre la pensée exprimée et l'esprit qui la reçoit.
Tu regardes la télé parce que tu t'emmerdes. Tu vas au cinéma parce que tu cherches quelque chose.
La télévision présente au spectateur une image de remplacement. Certains Américains reçoivent jusqu'à trente ou quarante chaînes. La réalité leur parvient à travers l'écran, et cette réalité-là tend à devenir parfois plus réelle que leur propre vie.
La cornemuse sonne exactement de la même façon après dix ans de pratique que le premier jour où vous en avez joué.
Notre tête ne serait-elle pas assez grande pour contenir à la fois la mémoire et imagination ?
L'intelligence du monde n'est pas dans la naissance, elle est dans la mort. On sait ce qui naît ; on ne sait où va ce qui meurt.
La pierre survit toujours à celui qui la cisèle, toujours à celui qui l'oublie.
Le monde des livres est le plus grand de tous les mondes que l'homme n'a pas reçus de la nature mais tirés de son propre esprit.
Ceux qui réfléchissent à ce sujet pour la première fois se demanderont comment une telle cruauté envers les animaux a été permise pour se poursuivre à notre époque de civilisation.
Ca vous a un côté sinistre la photographie... c'est de la mort en image.
Je hais les indifférents. Je pense que vivre, c'est résister. Il ne peut y avoir seulement des hommes, des étrangers à la cité. Un homme ne peut vivre véritablement sans être un citoyen et sans résister. L'indifférence, c'est l'aboulie, le parasitisme et la lâcheté, non la vie. C'est pourquoi je hais les indifférents.
Là où il n'y a le choix qu'entre lâcheté et violence, je conseillerai violence.
Si vous voulez faire la paix avec votre ennemi, vous devez travailler avec votre ennemi. Puis il devient votre partenaire.
On peut être bien élevé et écrire de la mauvaise poésie.
L'homme qui n'a pas de musique en lui-même, Ni n'est pas ému par la concorde des sons doux, est digne des trahisons, des stratagèmes et des dépouilles.
Pour que la brûlure cesse, il faut retirer la main du feu.
Ma vie entière s'est porté sur les films et la religion. C'est tout. Rien d'autre.
Si mon destin est de perdre la raison à cause de la célébrité, alors c'est mon destin. Mais ma passion signifie toujours plus que tout.
Quand j'étais là haut, quand je croyais que j'allais mourir je me suis aperçue que mes pensées allaient vers une seule personne et ce n'était pas celle que j'aurais imaginé...
Seule une bonne et belle vie, bien remplie, bien pleine, pas ratée, permet d'aborder sereinement la mort.