La véritable forme du sentiment, ce n'est pas la conscience qu'on en a, mais l'action qu'on en tire.
La souffrance affecte moins nos sens que l'imagination.
La foi aveugle regarde de travers.
On a beaucoup discuté la question de savoir si la femme n'était pas un être radicalement débile. Sa débilité n'est qu'apparente ; elle a, en effet, de meilleurs principes de vie que l'homme.
A désinfecter de la vie ce qu'elle abrite de mort, c'est la vie même qui est frappée.
Peut-être est-ce justement le signe de la mort ; quand la pensée s'arrête.
L'homme pense pour retenir la pensée qui d'elle-même se dissout.
C'est dans sa durée que la vie se change en survie et le temps en éternité. C'est en naissant, et à chaque instant de votre vie, que vous êtes entrés en votre immortalité.
Le jeu de mots, méprisable en soi, peut être, au service d'une intention artistique, le plus noble des instruments quand il représente une idée spirituelle en raccourci. Il peut ramasser en une épigramme toute une critique de la société.
Celui-là n'aime pas véritablement qui n'aime pas jusqu'aux défauts de l'être aimé.
Il n'y a qu'une seule caste, la caste de l'humanité.
La cécité à soi-même est la chose du monde la mieux partagée.
Pour qu'un suicide en vaille la peine, il faut le fabriquer sur mesure.
Les mots peuvent causer de la confusion et créer des enchevêtrements ; mais l'absence de mots engendre une obscurité totale.
Avant que la nuit tombeNe ferme pas la tombe;Car elle m'avait ditDe venir cette nuit,De venir dans sa chambre:« Par ces nuits de décembre,Seule, en mon lit étroit,Sans toi, j'ai toujours froid. »
La queue de la vache surveille à droite et à gauche.
La vertu ne peut habiter avec la richesse ni dans une ville ni dans une maison.
Les leçons du processus de paix sont claires ; quoi que la vie nous réserve, nos réponses individuelles seront d'autant plus fortes pour travailler ensemble et partager la charge.
Ce qui est bien dans le métier d'acteur, c'est qu'on peut vivre dans la peau d'un autre sans avoir à en payer le prix.
Des fois dans certaines conditions de la vie, l'effet de joie laisse des liens solides entre les personnes, et révélateurs d'un attachement mutuel infaillible.
Ça fait toujours ça, on n'est jamais sûr de soi vraiment. Des fois le rôle vient à vous, des fois il ne vient pas. Des fois vous essayez d'aller au rôle et vous n'y arrivez pas. C'est pour ça qu'on [...] ► Lire la suite
Il y a des choses qui ne devraient pas voir la lumière trop vite.
Je ne sais pas si je crois au mariage. Je crois en la famille, l'amour et les enfants.
Souvent, une perte terrible vient nous rappeler ce à quoi on tient le plus. Parfois, on sort plus fort de cette épreuve, plus avisé, mieux armé pour faire face à la prochaine grosse catastrophe. Parfois, mais pas toujours.
Je voudrais tant revenir de là en homme d'un vrai talent ! Et j'ai tellement peur de la médiocrité...
En Occident la jeunesse est désemparée ; l'une des raisons de son trouble est que l'on n'exige plus assez d'elle. La jeunesse avec raison exige qu'on exige.
L'amour ressemble étrangement à la mer : il n'y a que ceux qui ne l'aiment pas qui trouvent que c'est toujours pareil.
La nuit, toute chose prend sa forme et son vrai aspect. De même qu'on ne distingue que la nuit les étoiles du ciel, on aperçoit alors sur la terre bien des choses qu'on ne voit pas le jour.
L'auteur doit céder la parole à son oeuvre.
La jeunesse serait idéale si elle venait un peu plus tard dans la vie.
Babel est sans cesse à rebâtir. Elle n'atteint jamais le ciel. Témoignage de la grandeur et de la stérilité de l'intelligence.
Il n'y a rien comme la misère des autres pour nous sortir de la nôtre.
Si vous voulez connaître un homme, vous en apprendrez beaucoup en regardant la personne qu'il a épousée.
La bonté des humains n'est qu'apparences. Derrière elles, on découvre le même vide que l'on sent en soi. Le froid d'une demeure vide. Où l'on ne peut vivre.
Ce n'était qu'un minute à passer. Elle est passée. Vous en vivez une autre qui passe déjà. N'est-ce pas simple ? S'abandonner à la minute, celle qu'on vit, sans s'effrayer de celle qui vient ?
La mémoire la plus profonde est une mémoire de toute notre destinée.
Jamais on n'échappe à la réalité tant qu'on est lucide.
L'histoire nous dit que les chemins de la liberté passent par les prisons.
Les yeux des femmes posent toujours la même question : est-ce qu'on me désire ?
Le meurtre, chez l'homme, c'est tout près, c'est juste sous la peau, frémissant, c'est au bord des yeux comme le désir, à fleur de tête. Le meurtre, en un sens, n'est qu'une figure du désir : c'est l'envie de vous le faire passer.
Si la femme, dit le poète, est l'avenir de l'homme, il arrive parfois, loin des chansons, que l'enfant soit le passé de la femme.
La pratique du zapping procure au téléspectateur l'illusion de la sélection consciente, alors qu'il ne répond souvent qu'à des réflexes immédiats d'ennui passager.
Si j'ai peur de la mort, c'est pour faire comme tout le monde.
La vieillesse peut devenir une parure, sans être une abdication.
Tout être, même une simple apparence, le moindre signe sensible, est doué d'une force singulière. Il reste que l'homme, surtout l'homme vivant, est doué de ce privilège d'avoir la plus active, la plus dynamique.
Le temps, la marée et les examens n'attendent pas.
Il n'y a que deux voies pour parvenir à la connaissance d'une machine ; l'une, que le maître qui l'a composée nous en découvre l'artifice ; l'autre de démonter jusqu'aux moindres ressorts, et les examiner tous séparément, et ensemble.
Ce ne sont pas les femmes publiques qui contribuent le plus à la dépravation des moeurs, ce sont les femmes de la société.
Comme deux passagers dans un bateau à la dérive, ils sont, dans le grand vent d'hiver, deux amants enfermés avec le bonheur.
Quiconque s'attache à écouter la réponse des enfants est un esprit révolutionnaire. Les autres soi-disant révolutions ne changeront rien.