Au cours de ma vie, j'ai fait des rêves qui me restèrent longtemps, et changèrent mes idées. Ils me traversèrent de part en part, comme le vin versé dans l'eau, et altérèrent la couleur de mon esprit.
Je me sens libre, c'est le privilège de la vie.
La première condition de l'immortalité est la mort.
La tombola, c'est l'opium des pauvres.
Au cimetière de la gloire, il n'y a pas de concession à perpétuité.
Le corps, toujours orienté vers l'action, a pour fonction essentielle de limiter, en vue de l'action, la vie de l'esprit.
L'homme est un être chargé de continuer Dieu là où Dieu ne se fait plus connaître par lui-même.
Les papillons cinéphiles qu'attirent la lumière des projecteurs viennent buter contre les vitres d'une vie plus fascinante qu'heureuse.
La gloire des grands hommes tient pour un quart à leur audace, pour deux quarts au hasard, pour le dernier quart à leurs crimes.
Quand on est pauvre, on n'a que la ressource d'être sage.
Comme autrefois le diable, comme aujourd'hui la société, ce n'est jamais notre faute, le coupable est toujours ailleurs, hors de soi. Et très puissant.
Si les femmes ne craignent pas la mort, ça doit être à cause de leur coquetterie. Peut-être qu'elles s'imaginent qu'en faisant de l'oeil au diable, en arrivant chez lui, il leur fournira un laissez-passer pour le purgatoire !
Le théâtre, c'est la possibilité, pour un homme, de faire mourir des personnages qu'il a créés.
L'apostrophe, c'est la mitraille de l'éloquence.
Le butin proclame la victoire.
La télévision, c'est du télé-objectif, tandis que le cinéma, c'est du grand-angle.
Avant un plaisir, il faut se méfier de la représentation, se représenter le poids du regret d'y avoir cédé et en contrepartie le caractère éphémère de ce plaisir. Si le plaisir paraît toujours tentant, on peut alors s'y adonner.
Quelqu'un qui fait sa thèse sur la syphilis finit même par aimer le spirochète pâle.
Le grand mérite d'Ingres est d'avoir réagi par l'arabesque de la forme contre le dessin uniquement de proportions, en pratique alors dans l'école de David.
Pour les pauvres, disait-il, vivre c'est nager en apnée, en espérant atteindre une rive ensoleillée avant la gorgée fatale.
C'est peut-être pour tout le monde la même chose d'ailleurs, dès qu'on insiste un peu, c'est le vide.
À un certain moment, un lourd portail se ferme derrière nous, il se ferme et est verrouillé avec la rapidité de l'éclair, et l'on n'a pas le temps de revenir en arrière.
La nuit cache un monde mais révèle un univers.
Nous sommes la première société dans l'histoire à rendre les gens malheureux de ne pas être heureux.
La pureté est la force qui soutient la pratique de la méditation.
J'aime les gens qui savent écouter le vent sur leur propre peau, sentir l'odeur des choses, en capturer l'âme. Ceux dont la chair est en contact avec la chair du monde. Parce que là est la vérité, là est la douceur, là est la sensibilité, la est encore l'amour.
L'essence d'une université est la recherche libre et ouverte, et quand elle perd cela, ce n'est plus une université.
Voir et connaître le pire, c'est retirer à la peur son principal avantage.
Aimable jeunesse suivez la tendresse, joignez aux beaux jours la douceur des Amours.
La presse attaque les gens pour vendre plus de journaux sans réfléchir, mais quand tu deviens célèbre, tu dois supporter ce genre de choses.
Je respecte beaucoup les Britanniques - leur histoire, leur passé, leur culture. Je pense que c'est beau, ce qu'ils ont avec la monarchie.
Le meilleur moyen d'appréhender le temps, réside dans la patience et la crainte de Dieu.
J'ai rempli toute ma vie à essayer de préserver la mémoire de la vie, dans la lutte contre la mort. Peut-être que la seule chose que j'ai faite, puisqu'il est impossible d'arrêter la mort, c'est de montrer ce combat. Le combat en lui-même ne nous satisfait pas non plus.
La vie n'a qu'un temps, la mort a des siècles.
La motivation pour moi, c'était de me dire ce que je ne pouvais pas être.
Les meilleures choses de la vie n'ont aucun sens.
Ce qui compte dans le temps qui vient, c'est pas le travail, c'est la paresse. Tout le monde s'accorde pour dire que le travail n'est qu'un moyen. On parle d'une civilisation du loisir. Quand on y arrivera on aura perdu tout sens du loisir.
La beauté des choses est engendrée par l'esprit du talent.
Aujourd'hui, il ne s'agit plus de dominer, mais de libérer des énergies pour améliorer la condition humaine.
Nous n'avons pas besoin d'un programme contre la pauvreté mais d'un programme contre les riches.
L'inaction est la mère de tous les maux. Si Eve avait eu à recoudre les feuilles de vigne de son conjoint, elle n'aurait pas eu le temps d'écouter le serpent.
Manifester la conscience, c'est presque montrer Dieu.
Mèche : petit morceau de coton qui sert à faire des trous, que certains portent sur le front et dont la vente est interdite.
La modestie honteuse et la pudeur rougissante sont les mamelles ordinaires d'un pourboire exorbitant.
La politique. C'est un instrument de conditionnement collectif.
Impunément. Dans l'état d'esprit intermédiaire entre le moment de la faute et le moment de la punition.
Point n'est besoin d'écrire pour avoir de la poésie dans ses poches.
Les buts de la vie sont trois : la vertu, la richesse et le plaisir.
On peut dire tout ce qu'on voudra sur la vieillesse. Ca vaut mieux que d'être mort.
Les esprits sont, en général, moins affamés que les estomacs, et ils supportent beaucoup plus gaillardement la pénurie.