Même lorsqu'on se croit heureux, le seul fait d'écrire nous fait voir ce bonheur-là comme une illusion...
Nous conjecturons que les âmes des autres hommes sont de même espèce que la nôtre. Ce que nous sentons en nous-mêmes, nous prétendons qu'ils le sentent.
Poussée à bout la solitude n'est que la face voilée de la multitude.
Mais où le théâtre prendrait-il son impulsion décisive sinon dans le royaume de la liberté ?
Le théâtre est l'exercice d'un métier, inaccessible à l'esprit, dans lequel on ne peut rien comprendre que dans l'épisodique, le fragmentaire, le momentané, car la loi est "l'explicable" et "l'inconnaissable".
La vie, c'est ce qui se déroule lorsque nous planifions autre chose.
L'homme n'amène pas son propre malheur, et si nous souffrons, c'est par la volonté de Dieu, bien que je n'arrive pas à comprendre pourquoi il se croit obligé de tellement en remettre.
Le livre vaut-il le glaive, la discussion vaut-elle l'action ?
Ô envie, peste de la vie, prison des coeurs, ver immortel, chancre de l'âme et enfer des vivants : où est-ce que tu conduis les âmes qui se laissent emporter à ta rage ?
Notre société en est rendue au point où elle s'injecte la vie par intraveineuse pour que ça aille plus vite, mais, de l'autre côté, nous sommes condamnés à attendre partout où nous allons.
Le théâtre n'est jamais la fabrication d'un produit, ce qui élimine trois choses : le tiroir-caisse, les acteurs et les spectateurs. Que reste-t-il ? L'essentiel, l'aventure du langage.
L'homme appartient à la vie, mais la vie n'appartient pas à l'homme.
Si les femmes avaient la majorité dans les conseils municipaux, les créneaux seraient interdits.
Les opinions, les théories, les systèmes, passent tour à tour sur la meule du temps, qui leur donne d'abord du tranchant et de l'éclat, et qui finit par les user.
La science reste en avance d'un siècle sur la philo.
La musique n'est pas un métier, c'est la vie, tout simplement ! L'interprétation, ce n'est pas le travail de dix minutes, de dix jours ou d'un mois, c'est le produit de toute la vie.
Ce Dieu, maître absolu de la terre et des cieux, N'est point tel que l'erreur le figure à vos yeux.
C'est la poésie qui a adouci les hommes farouches.
La politique, c'est fait pour donner aux gens des raisons de vivre.
La vérité est révélée à ceux qui savent utiliser les épreuves pour mieux cheminer.
N'oublie pas de garder en des temps pénibles l'impassibilité, comme en des temps heureux un coeur sait tempérer la joie insolente.
Je n'ai qu'un cheveu sur la langue.
L'eau est un songe, et le ciel et tout ce qu'il contient matin et soir d'astres, de vents, d'oiseaux et de fumées est un leurre qui trompe sur la fuite du temps. Il y a des hommes de chez nous qui sautent par-dessus bord pour aller chercher une étoile dans l'eau.
Mes racines, c'est la Corse. Et en Corse, on n'a pas pour habitude de se dégonfler ni de se dérober.
La beauté a puissance de résurrection. Il suffit de voir et d'entendre.
Tout est biaisé, revu, recharmé. Si on pouvait retourner vraiment dans les décors d'autrefois, sûr qu'on serait déçu, qu'on n'y tiendrait pas tellement. L'enfance c'est un paradis perdu qu'on recherche toujours, qu'on ne retrouve jamais, qui n'existe pas. Il faut rester seul avec ses rêves... la sagesse.
La langue est un porc sauvage ; on ne peut la dompter.
La nourriture de rue, je crois, est le salut de la race humaine.
Je ne me couche jamais la nuit sans penser que, jeune comme je suis, je ne vivrai peut-être pas pour voir un autre jour.
La démocratie ne peut pas être exportée ailleurs. Cela doit être un produit du développement interne dans une société.
Les leçons du processus de paix sont claires ; quoi que la vie nous réserve, nos réponses individuelles seront d'autant plus fortes pour travailler ensemble et partager la charge.
Habituellement, les gens ont tendance à dire que l'amitié garçon-fille est impossible, car souvent ambigüe. Pour moi, c'est l'amitié garçon-garçon qui m'a toujours paru délicate, beaucoup trop intéressée pour émettre des gestes désintéressés constituant, avec la confiance, une des bases de l'amitié.
Nous avons affaire dans notre réalité la plus quotidienne à cette tentation qu'est la banalité du mal.
C'est la guerre qui nous a appris à aimer ce qui n'est pas à nous et à compter pour rien ce que nous possédons.
Le malheur, comme la richesse, s'entasse sur plusieurs générations. Il suffit ensuite d'une seule personne pour consommer tout.
Ce n'est que par les beaux sentiments qu'on parvient à la fortune.
Ce ne sont quand même pas des loups, mais des hommes, et ils aiment l'argent. La vénalité est aux hommes ce que la charité est au bon Dieu.
Ce que l'on appelle échec n'est pas la chute, mais le fait de rester à terre.
Ce qui est formule-choc aujourd'hui a des chances d'être banalité demain : ne faut-il pas que la société renouvelle régulièrement son stock d'idées reçues ?
Cynique. Grossier personnage dont la vision déformée voit les choses comme elles sont, et non comme elles devraient être.
La fidélité n'est pas plus naturelle à l'homme que la cage au tigre.
Le plus bel hommage que nous puissions rendre à un auteur n'est pas de rester attachés à la lecture de ses pages, mais plutôt de cesser inconsciemment de lire, de reposer le livre, de le méditer et de voir au-delà de ses intentions avec des yeux neufs.
Ils ne voient pas la rose, mais ils scrutent attentivement les épines de la tige.
La mort pour certains hommes n'est pas seulement la mort : elle est la fin du propriétaire.
La musique est le langage des passions, mais toutes les passions ne gagnent pas à être mises en musique.
Venise c'est la capitale de l'humidité.
On a beau trouver la force dans le droit, celle du nombre sera toujours supérieure.
La vraie force du style est dans le sentiment.
C'est avoir fait un bien grand pas dans la sagesse que de ne pas avoir besoin de société le soir.
Les plus grandes difficultés sont là où on ne les attend pas.