La vertu paradoxale de la lecture est de nous abstraire du monde pour lui trouver un sens.
La cloche elle-même n'a pas toujours le même son.
La vie n'est pas mauvaise, elle est pire.
Les sociétés à castes et à classes rigides faisaient un gaspillage impardonnables de talents... Mais il faut reconnaître que de telles sociétés réduisaient les aspects nocifs de la compétition.
Les plus belles passions ne sont que la rencontre de deux égoïsmes.
De tous petits faits bien choisis, importants, significatifs, simplement circonstanciés et minutieusement notés, voilà aujourd'hui la matière de toute science.
On a l'impression quand on a atteint la quarantaine, qu'on n'a pas fait ce que l'on devait faire et qu'on n'a plus le temps de faire ce qu'on a à faire.
L'amour, le bonheur, la justice... On essaie de donner des noms à des réalités qui nous échappent. L'amour, si ça existe, ça doit être simplement se trouver avec quelqu'un et se sentir bien.
La femme moyenne passe environ 5.000 heures par an à s'inquiéter de ses ongles ; en 40 ans je n'ai jamais entendu aucun homme s'extasier sur les ongles d'une femme.
La liberté s'allume dans les ténèbres.
C'est de la folie de vouloir punir son voisin en mettant le feu chez lui lorsqu'on habite juste à côté.
La raison du truqueur est généralement la meilleure.
La mode entre une année et sort la suivante.
Si l'amour éprouvait de la honte, on ne le peindrait pas tout nu.
Y a des tas d'endroits sur la planète, je comprends pas que des gens les habitent, quand bien même ils y sont nés.
L'indulgence est la forme pratique de l'amour.
Comme la vie paraît simple quand on s'adapte à des modes prescrites sans chercher l'absolu qui ravage !
La reconnaissance est une vertu qui tient souvent la place de l'amour, et bien des hommes achètent le bonheur en la faisant naître dans les âmes qui ne veulent pas ou ne peuvent pas aimer.
Rien n'est beau comme la voix humaine, quand elle est belle.
La fin, quand c'est fini, comment le sait-on, comment fait-on, comment ça finit ?
La raillerie est un discours en faveur de son esprit contre son bon naturel.
Le fâcheux, c'est d'être né, et l'on peut pourtant dire de ce malheur-là que le remède est pire que le mal.
Face au chômage, la solution de la sagesse, c'est que les travailleurs travaillent moins.
La tâche du théâtre consiste en une expérience de gestes qui témoignent du passé et en font le signe de l'avenir.
Le public a sa part dans la grâce du théâtre, dans sa force esthétique elle-même. Il est la chair de l'émotion.
Le chef authentique véhicule à travers les ordres qu'il donne, la sève vitale qui vivifie son pays.
La haine ressemble beaucoup à l'amour physique : elle a ses moments de crise et ses périodes de calme.
L'homme n'est pas une créature destinée au bonheur. Voilà. Il est confronté à cette angoisse qui n'existe pas chez l'animal : la conscience du futur. Et plus encore, celle de la mort.
Est-il donc si utopiste ou réactionnaire de prôner l'attachement aux valeurs de la patrie ?
La différence entre le peuple et le public, c'est que le public paye... Mais à l'usage, on s'aperçoit qu'un billet de théâtre est souvent moins coûteux qu'un bulletin de vote.
La télévision présente au spectateur une image de remplacement. Certains Américains reçoivent jusqu'à trente ou quarante chaînes. La réalité leur parvient à travers l'écran, et cette réalité-là tend à devenir parfois plus réelle que leur propre vie.
Sur toute expérience nouvelle, règne la permanence d'un danger.
La fatigue ne recouvre pas les désirs, elle les révèle.
La poésie est cette vie de secours où l'on apprend à s'évader des conditions du réel, pour y revenir en force et le faire prisonnier.
Le dictateur m'avait jeté à la porte de mon pays. Pour y retourner, je passe par la fenêtre du roman.
Pour agir sur la jeunesse, il faut comprendre son ardeur à vivre et, pour la comprendre, il faut en professer le culte jusqu'au bout.
La mélodie est l'essence de la musique.
Lorsqu'une fois qu'une République est corrompue, il n'y a aucune possibilité de remédier à l'un des maux croissants qu'en supprimant la corruption et en restaurant ses principes perdus ; toute autre correction est ou inutile ou un nouveau mal.
Rappelez-vous non seulement de dire la bonne chose au bon endroit, mais bien plus difficile encore, de ne pas dire la mauvaise chose au moment tentant.
Tout est prévu par la providence.
Arrêtez les larmes, c'est pathétique, arrêtez d'vivre dans une tragédie, visez autre chose que les Assedics avec la conso' dans les Atemi.
C'est ce que j'apprends des grands acteurs avec qui je travaille. Immobilité. C'est tout et c'est la chose la plus difficile.
On ne travaille désormais dans chaque mandat que trois ans et demi, le reste du temps étant consacré soit à l'apprentissage du pouvoir, soit à la préparation de la nouvelle élection.
La scène, les coulisses, c'est ma vie depuis que je suis enfant. À huit ans, je voyais passer des filles nues devant moi dans les cabarets, je trouvais ça normal.
La vie est une succession d'instants. Les vivre est réussir.
Réussir sa vie, c'est trouver la mort avant qu'elle ne vous cherche.
En argot, lire se dit ligoter. En langage figuré un gros livre est un pavé. Relâchez ces liens-là, le pavé devient un nuage.
L'individu s'oppose à la collectivité, mais il s'en nourrit. Et l'important est bien moins de savoir à quoi il s'oppose que ce dont il se nourrit.
L'éloquence est une peinture de la pensée ; ceux qui après avoir peint, ajoutent encore, font un tableau au lieu d'un portrait.
La jeunesse veut l'espace ; la vieillesse, le temps.