Il est de l'intérêt du genre humain d'examiner si la religion doit être charitable ou barbare.
Ceux qui l'emportent, quelle que soit la manière, jamais n'éprouvent de honte.
L'amour, naissance universelle, D'un coeur à l'autre se répand, La terre à l'homme, l'homme à elle.
La conscience de l'homme est une chose étrange, comme un feu que l'on croit éteint et qui se réveille.
Ce qui est effrayant dans la mort de l'être cher, ce n'est pas sa mort, c'est comment on en est consolé.
Une certaine inquiétude de l'âme est le reflet de celle de la chair.
La bonté d'une guerre se juge à la quantité de mal qu'elle fait.
Le contraire des bruits qui courent des affaires ou des personnes est souvent la vérité.
Du banc des ministres au ban de la société, il n'y a que l'espace d'un faux pas.
Le jour où vos chiffres sortiront au loto, ce sera la seule fois où vous ne les aurez pas joués.
Dieu lui-même croit à la publicité : il a mis des cloches dans les églises.
Les peuples primitifs peuvent être frustres et rudes, ils ne sont jamais grossiers ; la grossièreté n'est qu'une plaie coûteuse de la civilisation.
La guerre donne de l'avancement à ceux qui ne reculent pas.
Le sang te monte au cerveau - c'est le résultat de la jeunesse - tu ne sais pas le contenir et tu appelles cela de l'enthousiasme.
La seule atmosphère favorable au créateur est celle de la naissance de l'amour. Le mariage ou toute relation permanente avec une femme est la mort d'un grand artiste.
La supériorité des occidentaux tient, en dernière analyse, au capitalisme, c'est-à-dire à la longue accumulation de l'épargne. C'est l'absence de capitaux qui rend les peuples sujets.
C'est la gloire des vieilles gens qui pensent toujours avoir été plus sages que ceux qui viennent après eux.
La vie est essentiellement solitaire et les gens mariés et non mariés diffèrent seulement en ce que nous nous sentons seuls quand nous sommes avec nous-mêmes et qu'ils se sentent seuls quand ils sont ensemble.
La France a toujours cru qu'une chose dite était une chose faite.
L'égalité devant la mort est une fiction de la religion ou de la morale que démentent les usages de la société ; mais l'égalité devant l'amour est un fait de la nature.
La seule sagesse que les pauvres humains puissent avoir, c'est d'extravaguer sur leurs propres folies.
Il y a deux sortes de généraux : ceux qui écrivent l'histoire et ceux que écrivent la leur.
Les politiques grecs ne reconnaissent d'autre force que celle de la vertu. Ceux d'aujourd'hui ne vous parlent que de manufactures, de commerce, de finances, de richesses et de luxe même.
Il y a une liberté qui devient de la licence quand on dit que le corps appartient aux femmes.
La révolution est une aventure merveilleuse pour ceux qui peuvent y gagner quelque chose.
Amertume de constater que le temps, naguère infini comme l'espoir, est une marchandise qu'on mesure en travail donné, en argent reçu, que la vie même n'est pas une matière, mais un maître !
Il faut plaisanter sur tout. Il n'y a que les concierges qui disent : "La plaisanterie a des limites".
Le basisme est légitime quand il vient de la base. Le basisme n'est pas légitime, il est même condamnable, quand il vient du sommet.
Le public a sa part dans la grâce du théâtre, dans sa force esthétique elle-même. Il est la chair de l'émotion.
N'oublions pas que toutes les croyances populaires, même les plus absurdes en apparence, reposent sur des faits réels, mais mal observés. En les traitant avec dédain, on peut perdre la trace d'une découverte.
Entre époux, pas d'inimité qui passe la nuit.
La paralysie est le commencement de la sagesse.
Il suffit de faire grandir la distance pour que les pires horreurs s'effacent. Cette distance historique s'apparente un peu à l'innocence de celui qui lâche une bombe à 10000 mètres d'altitude.
On ne choisit pas son sujet. Voilà ce que le public et les critiques ne comprennent pas. le secret des chefs-d'oeuvre est là, dans la concordance du sujet et du tempérament de l'auteur.
La nature du roman est l'infini.
Qu'est-ce que la présidence sinon une affaire splendide ou, en tout cas, une sacrée combine ?
Nous passons par des états de corps étranges, comme si la mort nous faisait des signes de tête amicaux.
On ne connaît, de chaque littérature étrangère, que ses rapports avec la politique.
Les vengeances tardives n'ont pas la saveur qu'on leur imagine, parce qu'elles ont moisi.
Merci, mon Dieu de m'avoir envoyé ce trouble intestinal. Il manquait à la balance de mon équilibre.
Il vaut mieux prévenir les crimes que d'avoir à les punir ; tel est le but principal de toute bonne législation, laquelle est l'art de rendre les hommes le plus heureux possible ou, disons pour tenir compte également des biens et des maux de la vie, le moins malheureux possible.
La femme est une sainte et belle créature, mais presque toujours incomprise et mal jugée.
La terre est un chef ; l'homme est son serviteur.
L'homme parfait qui se trouve dans la misère, perd son habileté ; l'homme pervers n'est puissant que quand le sort lui est favorable.
La principale chose, pour un homme, est de connaître la bienséance et la musique ; pour un arbre, le plus important est de pousser des feuilles et des branches.
La femme est de feu, l'homme est d'étoupe, le diable passe et souffle.
Le joueur du tam-tam laisse la chanson aux autres.
Les analystes essaient en vain de dissimuler qu'ils ne déduisent pas : ils combinent, ils composent... quand ils arrivent à la vérité, ils trébuchent après avoir tâtonné.
Trois copains qui s'avancent sur une ligne n'ont besoin de personne, ni de la nature, ni des dieux.
Il n'y a de vrai, décidément, que la médecine, peut-être aussi la politique, la finance et le sacerdoce que je n'ai pas encore essayés.