Telle est la misérable condition des hommes, qu'il leur faut chercher, dans la société, des consolations aux maux de la nature, et, dans la nature, des consolations aux maux de la société.
C'est là un livre dont on dit : « Lisons-le tout de suite pour n'avoir pas à le lire plus tard».
En relisant mes journaux, il me semble flagrant qu'on ne change pas. Ce que je suis à 12 ans, je le suis encore aujourd'hui. Les journaux sont forcément injustes, on montre ses cartes, il y a des versions de tout, [...] ► Lire la suite
L'usage seulement fait la possession.
Il faut, quand le combat s'engage, que les uns soient vaincus, les autres vainqueurs. Mais je n'hésite pas à dire que, des deux côtés, ceux qui meurent sur le champ de bataille ne sont pas compris dans la défaite, et ont tous également la victoire.
Passé quarante ans, tout le monde ressemble à une ville bombardée. Il tombe amoureux quand elle éclate de rire - au désir s'ajoute une promesse de bonheur, une utopie de tranquillités emboîtées -, il suffira qu'elle tourne la tête vers lui et se laisse embrasser, et il accèdera à un monde différent.
Des dégourdis dans un monde d'empoté ; mus par un idéal chevaleresque en des temps qui le sont bien peu. Quand l'époque commende de vivre avec son temps, eux préfèrent vivre avec le temps : sous le cagnard ou les ondées, dans le petit matin des berges ou la brume des sommets.
Ce ne sont pas leurs mensonges qui sont redoutables, c'est l'imperceptible torsion qu'ils donnent à la vérité.
C'est en vain qu'au Parnasse un téméraire auteur,Pense de l'art des vers atteindre la hauteur,S'il ne sent point du ciel l'influence secrète,Si son astre en naissant ne l'a formé poète.
Avant donc que d'écrire apprenez à penser,Selon que notre idée est plus ou moins obscure,L'expression la suit, ou moins nette ou plus pure.Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,Et les mots pour le dire arrivent aisément.
Le commencement de la sagesse est dans la découverte qu'il existe des contradictions dont il faut vivre la tension permanente et qu'il ne faut surtout pas chercher à résoudre.
Ne pas s'inquiéter du lendemain, oui, mais à condition de penser à aujourd'hui, de bien vivre aujourd'hui, sinon vous passerez chaque lendemain à réparer les conséquences des fautes commises la veille.
Fais l'amour, pas la guerre.
Je suis un acteur, je suis toujours à la recherche de travail. Je suis né pour faire ça.
Je suis dans la vie comme je suis sur scène et sur scène comme je suis dans la vie, les gens le sentent.
À ce jeu-là [Ndlr : le sprint], où il faut posséder une grosse pointe de vitesse et frotter sans se soucier du danger, je n'ai jamais été un expert.
J'étais républicaine bien avant la Révolution.
Les gens croient qu'en étant informés, ils savent quelque chose. Or pas du tout !Un savoir n'est pas seulement une information, mais la transformation de celui qui sait par ce qu'il apprend.
Il y a vraiment trois parties dans le processus de création. D'abord il y a l'inspiration, puis il y a l'exécution, et enfin il y a la libération.
Même le plus grand des machos est attiré par sa mère. Il y a des choses qu'on ne confie qu'à sa mère, c'est bizarre. La première odeur de femme est celle de sa mère.
Je me cache à la vue, comme vous.
C'est l'extase même de l'amour, dont la propriété violente s'ordonne et conduit la volonté à des entreprises désespérées.
Pour la bouche, on n'a pas encore fabriquer de portes à serrure.
Je n'ai jamais trompé personne. J'ai laissé les gens se tromper. Ils n'ont pas pris la peine de savoir qui et ce que j'étais. Au lieu de cela, ils inventeraient un personnage pour moi. Je ne discuterais pas avec eux. Ils aimaient manifestement quelqu'un que je n'étais pas.
Je pense que ce qui est merveilleux dans la vie, c'est que nous gagnons en perspective alors que nous assumons différents rôles qui sont l'ouverture d'esprit et de coeur.
Elles ignoraient sans doute que je les entendais. Ou elles faisaient semblant de l'ignorer. Mais au bout d'un moment, c'était... je ne sais pas... ça allait. Leurs bruits, leurs chuchotements, leurs ombres devenaient partie intégrante de mes rêves, partie intégrante de la vie.
Je suis très peu favorable à la crispation commémorative, aux célébrations en tous genres.
Si l'homme a été fait, comme le dit la Bible, à l'image de Dieu, alors on comprend tout : car ce Dieu est souvent atroce.
Au nom d'une forme de paix sociale, de plus en plus de médias vont avoir la trouille.
Devant un escalier... Au départ on a les marches dans la tête. À la fin on les a dans les jambes.
Recherchez le succès, pas la perfection.
L'esprit de l'homme accroît ses forces en proportion des difficultés que lui oppose la nature.
Toute la ruse des bonnes consciences revient à donner au pauvre comme une gracieuseté ce qui lui est dû comme un droit.
Un livre tout entier d'argot est plus ennuyeux qu'un rapport de la Cour des comptes.
Ecrivez, pendant que vous avez du génie, pendant que c'est le dieu qui vous dicte, et non la mémoire.
Je joue avec la vie, madame ; elle n'est bonne qu'à cela.
La plupart des hommes, arrivés à un certain âge, craignent et haïssent la vieillesse. C'est pourquoi la plupart vieillissent mal et meurent avant le temps.
La politique est peut-être la seule profession pour laquelle nulle préparation n'est jugée nécessaire.
La politique, fille de la diplomatie et de l'escroquerie courtoise.
Les auteurs qui ont écrit sur le mépris de la gloire ont mis leur nom en tête du traité.
Jamais, dans une cité, les lois n'auraient la force qui convient, si elles n'étaient pas maintenues par la peur.
Les croyants d'aujourd'hui s'éloignent de ces voies logiques de la découverte de Dieu, et au contraire, s'attachent de plus en plus, comme il est sain et vrai, à une approche passionnelle de la foi.
Que l'évêque qui condamna Jeanne d'Arc se nomme Cauchon, que le gendarme qui brise la mâchoire de Robespierre s'appelle Merda, ce sont les clins d'oeil que l'Histoire fait aux écoliers.
Sans doute nous ne battons plus la table contre laquelle nous nous cognons, mais pour des coups différents, quoique de nature analogue, nous avons inventé le mot destin, que nous nous entendons à accuser.
L'ennui s'habille à la mode.
Toute chose peut en maîtriser une autre, cette règle ne vaut pas que dans la nature, c'en est une aussi chez les hommes.
Lis toutes les biographies des grands morts, et tu aimeras la vie.
Qui dit esprit, dit sel de la raison.
La télé, c'est de l'actualité qui se congèle en histoire. Aussitôt fait, aussitôt dit.
La télévision et le cinéma saturent et banalisent nos vies, ils banalisent de plus en plus notre théâtre.