La guerre vit du despotisme et n'est pas menée avec l'amour de Dieu.
La nature crée peu d'hommes courageux, l'industrie et l'entraînement en font beaucoup.
Quand on représente une cause (presque) perdue, il faut sonner de la trompette, sauter sur son cheval et tenter la dernière sortie, faute de quoi l'on meurt de vieillesse triste au fond de la forteresse oubliée que personne n'assiège plus car la vie s'en est allée ailleurs.
Ce ne fut pas ma faute si, ce matin-là, je rencontrai la beauté...
Toute femme lettrée est une victoire sur la pauvreté.
Je suis très sérieux au sujet de pas d'alcool, pas de drogue. La vie est trop belle.
L'espoir gonfle les coeurs des passagers de la dernière chance.
Seuls ceux qui les ont éprouvées peuvent concevoir les séductions de la science.
C'est le terreau de la vie, la banalité. Rarement, une perle, un grain de sable, une particule luisante tombe sur notre épaule. Et dans cet océan de vagues ordinaires, le pouvoir est le vice banal le plus à son aise chez l'homme.
L'homme est le passé de la femme.
Les guerres surviennent toujours entre deux états de paix. Alors, supprimons la paix et nous n'aurons plus de guerre.
En amour, il y a une fidélité laborieuse et une infidélité laborieuse ; la première est assez triste, la seconde sinistre.
C'est la preuve qu'une innovation n'est pas nécessaire, lorsqu'elle est trop difficile à établir.
Le tragique de la vie, c'est d'être ordinaire.
La pensée naît du doute.
Le souvenir est l'espérance renversée. On regarde le fond du puits comme on a regardé le sommet de la tour.
Tout homme a deux mères : la nature et les circonstances.
La plupart des hommes font du bonheur une condition. Mais le bonheur ne se rencontre que lorsqu'on ne pose pas de condition.
La pitié n'est que justice amputée.
Les grands hommes ne s'abusent point sur leur supériorité; ils la voient, la sentent, et n'en sont pas moins modestes.
Malgré les précisions atomiques des balances modernes, on n'arrive pas encore à mesurer le poids exact de la solitude.
La contradiction entre les deux infinis de Dieu : créer les constellations et donner sa vie pour sauver une âme, n'est qu'apparente. Car une seule âme équivaut à une galaxie dans un système de mesures qui justement définit Dieu.
La philosophie nous montre bien qu'il y a un Dieu, mais elle est impuissante à nous apprendre ce qu'il est, comment et pourquoi il le fait. Il faudrait être lui-même pour le savoir.
En parlant, on ne change jamais l'opinion des autres, on change quelquefois la sienne.
Grâce à la télévision, on finit toujours par apprendre des vérités, mais il faut être patient et quelque peu noctambule.
Entre l'homme et l'animal, il y a cette différence que le premier, ayant reçu l'usage de la parole, peut plaider en vers et en prose, pour les bas instincts qu'il partage avec le second...
Une main occupée pour la force, l'autre pour l'amour, quel orateur pourrait prétendre à la grâce en pareille situation ?
Deux léopards ne se promènent pas dans la même forêt.
La beauté même, et la perception qu'on en a, est source de mélancolie.
C'est toujours l'inlassable médiocrité de la femme qui l'emporte.
En Hollande, les gens sont tellement propres que, quand ils ont envie de cracher, ils prennent le train pour la campagne.
La joie existe mais le malheur l'emporte toujours.
Les pères emploient les pronoms possessifs à la première personne quand ils ont sujet de se louer de leur rejeton, à la seconde quand celui-ci a commis quelque balourdise.
Universités. C'est une industrie qui sert à alimenter le marché commun de la pensée de la nation.
La vérité dépasse peut-être la fiction en cela qu'elle est infiniment plus décevante.
La religion n'est-elle pas avant tout un grand désir de retour dans les galaxies ?
Le metteur en scène met son silence dans la bouche de l'auteur.
Dans la vie, il est des rencontres stimulantes qui nous incitent à donner le meilleur de nous-même, il est aussi des rencontres qui nous minent et qui peuvent finir par nous briser.
La romance historique est le seul type de livre dans lequel la chasteté est importante.
Les journaux regorgent d'histoires de braves gens pris en otages à la banque par des gangsters, mais ils restent muets sur les cas, pourtant plus fréquents, de clients pris en otages pas leur banquier.
Un amant ne donne pas seulement la vie à tout, il fait aussi oublier la vie : le mari ne donne la vie à rien.
L'amour ne peut s'apprendre dans les livres, car l'amour est un petit dieu malin qui volette, invisible, de-ci, de-la, vous assomme puis s'enfuit comme les premières hirondelles printanières.
Avec la radio, surtout la nuit, on peut encore faire rêver.
L'amour n'a que faire du rang ni de la fortune.
Pour celui qui a souffert toute la nuit, l'aube est toujours décevante.
Les recherches montrent également que, bien que la plupart des femmes pensent qu'elles ne toléreraient jamais la violence, il faut en moyenne trente-cinq actes de violence avant qu'une femme ne signale son partenaire à la police.
Quelle est enfin la science, le régime, l'époque, l'âge où les hommes vivront en paix ?
La richesse de l'homme est dans son coeur. C'est dans son coeur qu'il est le roi du monde. Vivre n'exige pas la possession de tant de choses.
La science va vite et droit en son chemin ; mais les représentations collectives ne suivent pas, elles sont des siècles en arrière, maintenues stagnantes dans l'erreur par le pouvoir, la grande presse et les valeurs d'ordre.
Je ne suis pas un écrivain. La seule vue d'une feuille de papier blanc me harasse l'âme. L'espèce de recueillement physique que m'impose un tel travail m'est si odieux que je l'évite autant que je puis.