Toute morale est morte ! La crise est de morale aussi bien que d'argent. On décampe en hurlant du bateau qui naufrage. Il n'y a plus d'amis.
Le repos, mon bien-aimé, le Repos, n'est-ce pas le nom de la Vie divine ?
D'une langueur la nuit s'enivre,Et notre coeur qu'elle délivreDu monotone effort de vivreSe meurt d'un trépas langoureux.
Le pénis de la hyène n'est pas une balançoire pour un chevreau.
Je m'oppose à la violence parce que lorsqu'elle semble faire du bien, le bien n'est que temporaire ; le mal qu'elle fait est permanent.
Aujourd'hui est toujours là. Demain jamais.
Une rose semble grise à minuit, mais la flamme est juste endormie. Et l'acier est résistant car il connaît le marteau et la chaleur blanche.
J'ai besoin de drame dans ma vie pour continuer à faire la musique.
J'ai cueilli la fleur des champsJe l'effeuille dans le vent,Un pétale pour mon papaQui me soulève dans ses brasUn pétale pour ma mamanQui m'endort en me berçant.C'est la fleur de mon amourJe veux la garder toujours.
Ce qui m'énerve chez les amateurs de la parole c'est leur propension à juger un monde qu'ils ne connaissent pas.
Il faut distinguer le réel, et la représentation du réel qui se traduit par des récits de tristesse et d'abattements.
J'admire les gens qui divorcent à 70 ans. C'est la preuve d'une liberté magnifique !
Je rêvais d'un amour bref et infini à la fois.
La plupart du temps, quand une secrétaire est congédiée, c'est pour une bêtise... qu'elle a refusée de faire.
Avez-vous remarqué que lorsque vous commencez un régime, la première chose que vous perdez, c'est votre bonne humeur ?
La psychanalyse est au subconscient ce que la cartographie est aux dunes du Sahara.
Développer l'ouverture du coeur est sans doute la meilleure arme de combat.
C'est là qu'est le secret du bonheur et de la vertu - aimer ce qu'on est obligé de faire.
Que celui de vous qui est sans péché lui jette le premier la pierre.
L'amour et la haine dépassent toujours les bornes.
Il faut de plus grandes vertus pour soutenir la bonne fortune que la mauvaise.
On loue et on blâme la plupart des choses parce que c'est la mode de les louer ou de les blâmer.
La vérité triomphe parfois, quand elle cesse de l'être.
L'individu à lui seul est un être pauvre, un être facilement vaincu, et il a besoin d'un milieu favorable pour développer ses possibilités. Mais la société n'existe que pour l'individu et non pas l'inverse.
Le coeur est le dépositaire des nobles sentiments ; et le caractère en est la sentinelle.
Quand une fois on a goûté au suc des mots, l'esprit ne peut plus s'en passer. On y boit la pensée.
Refuser la confidence, c'est admettre la non-confiance.
Religion à part, le bonheur est de s'ignorer et d'arriver à la mort sans avoir senti la vie.
La vie ressemble à la maladie en ce qu'elle procède par crises et usure progressive, comme elle comporte aussi ses améliorations et aggravations quotidiennes. Mais, à la différence des autres maladies, la vie est toujours mortelle.
C'est en rêve seulement que les êtres nous sont doux et qu'il est bon de les avoir près de nous... dans la vie réelle ils sont les pierres aux angles aigus desquels on se heurte et l'on se blesse.
La charité couvre la multitude des péchés.
Deux questions nous tourmentent : la question de l'origine, du commencement et la question de l'issue dernière. Tout le reste n'est que remplissage et façon de passer le temps.
Le poids du souvenir, la seule chose qui compte dans les moments suprêmes.
Au fond, tous les êtres se ressemblent tellement. Ils veulent tous la même chose.
Tout reste fondé sur le défi et la révolte. Le "donné" est, et sera toujours humainement inacceptable.
L'imprévisible apparaît comme un défi scandaleux lancé à la face d'un monde dont le coeur bat chaque jour davantage au rythme des ordinateurs.
Un manteau royal va toujours bien. C'est le triomphe de la confection.
La concierge est la trompette du faire-savoir.
Si les êtres mettaient à réussir leur existence la même énergie qu'ils consacrent à persuader les autres, le monde serait un jardin de roses.
Le plaisir d'un texte, le ravissement d'une interprétation ne sont pas liés au prix du livre ou de la chaine hi-fi.
Les journaux regorgent d'histoires de braves gens pris en otages à la banque par des gangsters, mais ils restent muets sur les cas, pourtant plus fréquents, de clients pris en otages pas leur banquier.
Quel orgueil d'être seul, les mains contre son front, À noter des vers doux comme un accord de lyre Et songeant à la mort prochaine, de se dire : Peut-être que j'écris des choses qui vivront !
La superstition est le fond de la religion, la seule vraie, celle qui survit sous toutes les autres.
Tant que l'on fera perdre la vie aux voleurs comme aux meurtriers, les vols ne se commettront jamais sans assassinats. Les deux délits se punissant également, pourquoi se refuser au second, dès qu'il peut couvrir le premier ?
En journalisme, on peut écrire une mauvaise page aujourd'hui à condition d'en écrire une bonne demain. Dans une pièce de théâtre, il faut déchirer la page mauvaise.
Trois grands médecins : l'eau, l'exercice, la diète.
L'amour n'a que faire du rang ni de la fortune.
Chef de l'Etat est un métier précaire, exposé, et d'abord exposé au mécontentement et à la critique.
Ami de notre bien, l'auteur de la nature a caché l'avenir d'une nuit obscure, Et rit de l'imprudent qui s'inquiète en vain et pour un mal douteux se fait un mal certain.
Ceux qui disent que la vie n'est qu'un assemblage de malheurs veulent dire que la vie même est un malheur. Si elle est un malheur, la mort est donc un bonheur.