Il arrive quelquefois des accidents dans la vie d'où il faut être un peu fou pour se bien tirer.
Il n'y a pas moyen d'avoir de l'esprit sans être un peu méchant. La malice d'un bon mot est la pointe qui le fait piquer.
Le lit, c'est le champ de l'esprit délivré de la pesanteur. Il faut être couché pour voir le ciel.
Ne comprend vraiment la religion, que celui-là seul qui, s'il écoutait son instinct le plus profond, pousserait un "au secours" si fort, si dévastateur, qu'aucun dieu n'y survivrait.
On ne se met pas en travers de l'inévitable, c'est courir après la mort.
La victoire s'use par ses excès ; on ne réussit véritablement qu'à force de patience défaite.
Le renoncement est la seule variété d'action qui ne soit pas avilissante.
Il suffit d'envisager un seul instant la possibilité de sa disparition pour retrouver immédiatement le sens de la dignité humaine.
La solitude dans une communauté est une lubie chèrement payée. On ne donne jamais le bénéfice du doute à l'acte accompli en marge des autres.
Le tac-tac de la machine à écrire n'a pas autant de valeur que celui de la mitrailleuse.
La mort est tellement inéluctable qu'elle prend tout le monde par surprise.
Exigeons l'immortalité Et refusons de retourner Peu à peu vers la face cachée De la nuit.
Certaines âmes vont à l'absolu comme d'autres vont à la mer.
La vie n'est-elle pas qu'un long soupir puisqu'on dit d'une personne qui meurt : rendre le dernier soupir ?
Quand Dieu veut se détourner définitivement d'un serpent, il le prive de la vue.
La présence progresse avec la capacité de nudité de l'acteur.
Nombreux sont opiniâtres en ce qui touche la voie une fois prise, peu en ce qui touche le but.
La biographie ajoute une crainte à la mort.
On est plus facilement méchant dans la vie que dans un livre. Quand on écrit, on réfléchit davantage à ce qu'on fait. On se contrôle mieux.
C'est la société qui institue des différences monstrueuses entre les personnes. Et ensuite, elle se permet de châtier les uns et pas les autres.
La clé de notre salut : c'est de devenir les maîtres des mots que nous prononçons, de forcer le langage à répondre à nos besoins.
La cuisine d'un groupement humain est le reflet du ciel, de la terre, des eaux du pays où il est fixé.
La vie est une expérience magique.
La télévision est un instrument majeur de pouvoir. Elle doit demeurer une arme essentielle de la citoyenneté.
Doit être considéré comme mort celui qui n'arrive pas à accepter l'idée de la mort.
La crainte de la maladie est une phobie collective de notre culture.
Il n'y a point d'endroit sur la terre où l'observateur ne trouve des extravagances, s'il est étranger.
La philosophie positive est le véritable état définitif de l'intelligence humaine.
Avoir dans la vie un véritable ami, c'est aussi rare et précieux qu'un véritable amour.
La lecture est un billet d'absence, une sortie du monde.
Nous sommes condamnés à être plus respectueux de la nature et de notre environnement, sinon nous courons à la catastrophe. Je crains que les prochaines guerres visent le contrôle de l'énergie.
Chacun sert la justice comme il peut. Il faut accepter que nous soyons différents. Il faut nous aimer, si nous le pouvons.
Chandeleur à ta porte, c'est la fin des feuilles mortes.
La colère, ça fait vivre. Quand t'es plus en colère, t'es foutu.
Le Temps ressemble à un hôte du grand monde, qui serre froidement la main à l'ami qui s'en va et qui, les bras étendus, embrasse le nouveau venu.
Vous avez noté qu'on dit un steak de boeuf, une côte de boeuf, un roti de boeuf... Mais dès que le bestiau semble suspect, c'est la vache qui devient folle !
La félicité suprême du penseur, c'est de sonder le sondable et de vénérer en paix l'insondable.
La guerre n'est tout au plus que barbarie. Sa gloire n'est qu'illusion. Ce n'est seulement que ceux qui n'ont jamais tiré un coup de feu ou qui n'ont jamais entendu les cris et gémissements des blessés, ce sont ceux-là qui appellent à la vengeance,
Deux manières de vieillir : l'esprit qui l'emporte sur la chair, ou la chair qui l'emporte sur l'esprit.
La logique remplit le monde : les limites du monde sont aussi ses propres limites.
Il n'est pas de vertu que la calomnie ne sache atteindre.
Celui qui vit dans l'imaginaire partage plusieurs vies. Une seule lui échappe : la sienne.
Tel qui part à la voile, revient parfois à la godille.
L'amitié... Une invention des hommes pour dominer leur vieille peur de la femme.
Le mariage, c'est la contrainte à un seul corps ! Déjà qu'on est prisonnier du sien ! Et quand la machine lâche, tout est fini.
Les mots sont un leurre dangereux dans la bouche des fous.
Un mur où on a mis la main soi-même nous en apprend plus long sur la liberté de l'homme que tous les philosophes.
La vie est le vrai remède pour combattre le mal de vivre...
La vie ne vaut que par le bonheur que l'on donne, ou le malheur que l'on empêche.
L'homme ne pardonne pas à la femme aimée d'être le témoin de sa défaite. C'est le premier pas de l'amour vers la haine...