Si je ne le comprend pas, c'est que ça doit être de l'art.
Chaque âge a ses points morts, malsains, massifs. Nous pourrions ne pas les voir, mais nos enfants les verront.
Le regard sur moi a déjà changé.
C'est un peu une nouvelle porte qui s'ouvre: quand ce dont on a besoin n'existe pas, on peut le fabriquer.
Je ne pense pas que l'état de santé personnel est l'affaire de tous. Ce n'est pas quelque chose dont faites de la publicité, et ce n'est pas ouvert à la discussion.
Tout le monde baissait son froc devant l'église, c'était comme ça à l'époque. Aujourd'hui, tu m'diras les gens baissent leur froc mais pas devant les mêmes institutions, ça évolue quoi...
Goethe, aujourd'hui, ferait du cinéma.
Il arrive souvent dans l'Histoire que les dernières années d'une civilisation apportent un bouillonnement artistique fort.
Alors c'est ça l'âge adulte : un tissu sordide de relations intimes, aussi complexes qu'ignobles.
Quand une femme vous dit : "Ca ne me prendra pas une minute", c'est, hélas ! généralement vrai.
Qu'emporteras-tu à la mort ? Uniquement ce que tu auras donné.
Qui connaît qui ? Dresser, à l'aide de carnets d'adresses un plan, genre RATP, avec des lignes reliant les personnalités-stations.
Les moeurs se gâtent plus facilement qu'elles ne se redressent.
On s'aperçoit qu'on est devenu un spécialiste quand les choses dont on parle avec plaisir ennuient les autres.
L'argent ôte l'âme des choses.
Toute recette requiert un ingrédient que vous n'avez pas dans votre cuisine. Si vous voulez l'acheter, les magasins viennent de fermer. Et si vous arrivez à vous le procurer, il en manque un autre.
Il faut jouir de notre instant comme s'il durait toujours.
C'est un tort de lire un livre avant d'en faire la critique. Ca donne des préjugés.
Qu'est-ce qu'une oeuvre originale ? Un plagiat pas encore détecté.
Piéton : automobiliste descendu de sa voiture. Automobiliste : piéton remonté dans sa voiture.
Il me paraît certain que l'aboutissement normal de l'érotisme est l'assassinat.
Je ne sais si cela se peut ; mais je sais bien que cela est.
Bout de la langue - Sert à mettre les mots que l'on ne trouve pas.
Il faudrait considérer ses opinions comme des costumes, et en changer selon la saison, l'heure et le milieu.
La gloire suit ordinairement ceux qui la fuient.
Les péchés que vous faites deux à deux, vous devez les payer un par un.
Tous les hommes seraient des tyrans s'ils le pouvaient.
Nous n'avons ni la force ni les occasions d'exécuter tout le bien et tout le mal que nous projetons.
Moins on aime, moins on souffre.
L'amour. Quelle dépossession !
Rien ne peut vous satisfaire si vous ne l'êtes pas de vous.
Les enfants, les oeuvres, les autres, le monde: voilà le soleil et l'eau qui font vivre l'amour.
On se donne comme on peut une existence, une durée, une sorte de gloire, une garantie contre la mort.
Apprenez, âmes vulgaires, à mourir sans murmurer.
Le guilledou est un oiseau. C'est un vulgaire petit moineau des champs qu'on trouve du côté de la Saintonge. Il faut dire qu'il est particulièrement malin et que peu d'oiseaux au monde lui en remontreraient en matière d'astuce et de roublardise.
Quand on est étudiant, on a des discussions élevées, on discute philosophie, poésie, littérature. La littérature la plus noble prenait sa source à l'université. Mais une autre voix répondait à la première : « Va d'abord torcher le tien, branleur ! »
A qui d'entre nous n'est-il pas arrivé au cours de son existence d'éprouver tout à coup, au passage d'une femme dans une rue, ou un salon, sur une route, une sorte d'aura, de frisson physique et moral...
C'était des conquérants, et, pour cela, on n'a besoin que de la force brute - il n'y a pas de quoi se vanter quand on l'a, puisque votre force n'est qu'un accident produit par la faiblesse d'autrui.
Les germes artistiques sont mystérieux, pleins de caprices et de bizarreries : ils ont des poussées soudaines et de longues éclipses, des hâtes superficielles et des retards féconds.
La lettre jaunie où mon aïeul respectable,A mon aïeule fit des serments surannés.
L'arbre va tomberLes branches salissaient les mursRien ne doit resterLe monsieur veut garer sa voitureNous on l'avait grifféJuste pour mettre des flèches et des coeursMais l'arbre va tomberLe monde regarde ailleurs.
C'est une infamie de naître pour mourir, on ne sait ni quand ni où !
Qui vit haï de tous ne saurait longtemps vivre.
Il serait à souhaiter que ces abominations fussent ensevelies dans un éternel oubli.
Notre accord est conclu : c'est un jeune poète qui dès demain rédigera cette chanson. Elle sera plus fraîche et, je crois, plus honnête : sans doute plaira-t-elle au public sans façon.
L'écriture ne console pas du tourment, elle le déplace, l'approfondit ; l'écriture est vanité qui ne dit pas l'expérience de la perte et du désaisissement.
Dans les démocraties modernes, on ne vote plus pour un candidat de choix, mais pour éliminer les scélérats qui sont au pouvoir.
Les appels d'un enfant ou d'un coq apportés de la plaine par le vent, le vol plané d'un épervier, le tintement d'un marteau qui là-bas redresse une faucille, le bruissement de l'air animent seuls cette immensité de silence et de douceur.
La nature obtient souvent elle-même des succès de caricaturiste.
Tout homme qui croit aisément trompe tout aussi volontiers.