Rien ne s'arrange, mais tout se tasse.
Il n'y a point de laides amours, ni de belles prisons.
N'attaquez jamais un homme pour les idées qu'il n'a pas ; vous les lui donneriez.
Combien de choses qui nous eussent paru impossibles si l'expérience ne nous avait fait savoir qu'elles ne le sont pas!
La mauvaise volonté défigure tout.
Ne croyez-vous pas que nous avons à enseigner une foule de choses auxquelles nous ne croyons pas nous-mêmes ?
En regardant les gens marcher dans la rue, on apprend à distinguer les hommes des femmes : les têtes qui se tournent vers toutes les vitrines des magasins sont celles des femmes. Il existe d'autres moyens de vérification.
Tous les hommes sont frères et comme tels savent trop de choses sur leur compte réciproque.
Les enfants sont comme la crème : les plus fouettés sont les meilleurs.
Plus on veut, mieux on veut.
Qu'est-ce qu'un philosophe ? C'est un homme qui oppose la nature à la loi, la raison à l'usage, sa conscience à l'opinion, et son jugement à l'erreur.
Dire qu'on aime n'avance à rien.
La liberté devrait avoir des limites : les siennes.
Déraciner des habitudes qu'on aime ! Pas facile.
Les avocats seraient moins bavards s'ils ne portaient robe.
C'était en somme une jolie intelligence de femme. Elle n'inventait rien, mais elle comprenait tout.
Celui qui parle le mieux l'emporte toujours, et c'est un bien bel art que celui de savoir rendre petites les choses grandes et grandes les choses petites, de rester en toutes circonstances, le maître des définitions, et de fixer l'ordre et la règle.
C'est bon écrire. On regarde filer sa main, qui trace de curieuses arabesques ; et la pensée précède ou accompagne la grimace de l'encre qui s'écoule et des signes qui s'inscrivent.
Espérer ne suffit plus à qui cesse d'aimer.
Si toutes les expériences sont indifférentes, celle du devoir est aussi légitime qu'une autre.
Il n'y a pas de sots métiers. Mais que d'absurdes !
La pensée, oui, dans une belle chair.
La mort suit de près ce qui a osé être.
Que de bégaiements d'intelligence chez autrui furent à la source même de nos plus vastes idées !
Ecrire pour moi, m'enfoncer dans ce qu'on appelle l'imaginaire, n'était-ce pas une façon de renverser un monde renversé, celui de l'enfant confondu à sa génitrice : pour retrouver, par la fiction, le réel ?
Pauvres de jouissances, ils veulent être riches d'illusions.
Il faut plonger dans une trouble ressemblance, c'est à force d'oubli que vient la connaissance.
Il faut au moins dix ans pour faire un auteur.
L'histoire est comme un esprit qui frappe au mur.
L'écriture rend fous ceux qu'elle veut perdre.
Il y a quelque chose de grisant à asséner les faits bruts et à observer sur le visage de l'autre les transformations qu'ils opèrent.
On dirait qu'une fois que les gens ont grandi, ils ne savent plus ce qui est cool.
Le purgatoire est à la fois un produit et un instrument de l'aggiornamento de l'Eglise vis-à-vis de la société.
L'homme, du fait qu'il écrit des livres, se change en univers et le propre d'un univers c'est justement d'être unique. L'existence d'un autre univers le menace dans son essence même.
Tout ce que vous faites maintenant est acte de rêve, pensée de rêve.
La fortune est une créature fantasque, toujours ivre, et aveugle par-dessus le marché : aussi, ne voit-elle point ce qu'elle fait et ne sait-elle ni qui elle abat, ni qui elle élève.
Bientôt le cheval sera sur la terre quelque chose d'aussi étrange que la girafe.
On n'a pas vécu huit ans avec une femme sans être fixé sur son compte.
Ne cours jamais te prodiguer au-dehors avant de t'être donner audience à toi-même. Comment voudrais-tu que les autres s'intéressent à une créature qui ne trouve pas en elle de quoi jouir de sa propre société ?
Ce n'est pas la crainte de la peine qui doit rendre l'homme bon, mais l'amour de la justice.
Il faut feuilleter les mauvais livres, éplucher les bons.
On écrit toujours ses livres trop tôt.
Dix minutes de nouvelles télévisées ou un documentaire sur l'un des holocaustes de ce siècle invalident tous les traités d'éthique cogités depuis l'invention de l'alphabet.
"Sinon...", c'est souvent un mot de trop.
Il n'y a pas de moments ordinaires.
La clémence honore le pouvoir.
Tant de liberté, en art, pour n'en faire que si peu de chose !
Gainsbourg n'a pas cessé de me marcher dessus et ça m'a séduite !
Celui qui perçoit l'inestimable valeur du temps profite de chaque instant de répit dans les activités quotidiennes et les stimulations extérieures pour goûter avec délices la sérénité de l'instant. Il ignore l'ennui, cette sécheresse de l'esprit.
Quand quelqu'un devient insolent, ne regarde pas la forme mais le fond du message qu'il veut faire passer.