Depuis que les statistiques remplacent le jugement, ce n'est partout que chiffres au gouvernement.
Le magazine, le film, la télévision gavent l'oeil et réduisent le reste de l'homme à néant. L'homme d'aujourd'hui se promène muselé et manchot dans un palais de mirages.
Je ne me suis jamais posé la question de savoir comment je me situe, dans le monde et le temps. Je travaille et je paie mes impôts. Les deux, d'ailleurs, s'annulent si bien que je travaille, finalement pour rien.
Un homme intelligent ne peut pas ne pas être un fripon.
Ce n'est que dans les romans que l'on sait comment les choses arrivent, et c'est bien pour ça qu'on donne des prix à ceux qui les écrivent.
Avoir un système borne son horizon ; n'en avoir pas est impossible. Le mieux est d'en posséder plusieurs.
Les années apprennent peu à peu, à tout homme, que la vérité seule est merveilleuse.
A la caserne, tout le monde est mien. J'ai "mon" adjudant, "mon" lieutenant, "mon" capitaine, "mon" colonel. Ce qui n'empêche pas qu'au bout du compte, c'est moi qui suis possédé.
Les femmes chez nous représentent la moitié du corps électoral. Vu comme ça, le corps électoral, ça m'excite.
Le plus grand danger que courent les gens qui sont habituellement un peu fous, c'est de le devenir tout à fait par instants.
L'horreur ne va pas sans l'imagination.
Les pieds sont les organes de la circulation.
Il n'y a rien d'aussi dégradant que le constant souci des moyens d'existence. L'argent est semblable à un sixième sens sans lequel vous ne pouvez pas faire un usage complet des cinq autres.
Un Ethiopien peut-il changer de peau ? Une panthère de pelage ?
Dieu est-il gaucher ou droitier ?
Jadis nous étions dans l'usage de canoniser nos grands hommes, aujourd'hui nous les vulgarisons.
Qu'est-ce que je me serais ennuyé si je n'avais pas été là.
Les plaisirs ne sont jamais vains, au moins pendant la minute où on les goûte.
Il n'y a de vrai que le présent. Mais il est déjà passé.
Il en est des passions nobles comme des vices : plus elles se satisfont, plus elles s'accroissent.
Les instants, voilà ce qu'il faut vivre.
L'esprit des lois est de l'esprit sur des lois.
Poudreux est le flacon, mais vive est la liqueur.
Nous sommes tous des fondateurs de religions.
Le nerf, la saveur de la religion, c'est le repentir.
Mariage de jadis... L'amour venait sur l'oreiller.
Le regard, indécent, s'avère plus polisson que la parole.
Les arcs de triomphe sont des éléments pétrifiés.
La patrie, c'est là où l'on a mal.
Il faut de si bonnes raisons pour vivre, qu'il n'en faut pas pour mourir.
Les vices sont souvent des habitudes plutôt que des passions.
L'âme de l'homme obtient tout ce qu'elle s'ordonne.
Quand je bois, je bois trop, quand je fume, je me bousille, quand j'aime, je perds la raison et quand je travaille, je me tue... Je ne sais rien faire normalement, sereinement.
Quiconque s'attache à écouter la réponse des enfants est un esprit révolutionnaire.
Par la parole, je n'irai jamais bien loin, parce que je manque de confiance, de mémoire et de présence d'esprit ; mais ma plume a assez de dialectique pour faire honte à certains de nos hommes d'État.
Il y a des silences aussi murmurants que du bruit.
L'esprit humain est si roué qu'il lui arrive de faire d'une interdiction une liberté et d'une impossibilité un moyen de défense.
De son métier, il faut que chacun vive.
Le rire est un papillon, il peut mourir d'un coup d'épingle.
Vous savez, je ne suis pas un poulet de printemps.
Il n'y a pas d'alcoolique incurable, rien n'est impossible.
Le cheval, le cocher et Lang furent écrabouillés. On ramassa deux, trois écuellées de petits débris et les quelques gros morceaux furent noués dans une toile de tente.
Les voyageurs des autobus ne sont qu'une bande de couillons à la bouche cousue. Un train, y a que ça de vrai pour pouvoir se déboutonner un peu !
La seule façon de ne pas rater un train est de manquer celui d'avant.
Plus ne suis ce que j'ai été, et ne le saurais jamais être.
Adieu le temps qui si bon a été,Par seul amour.
Pratiquement jamais personne n'a conservé une fortune faite en spéculant.
Il y a peut-être quelque partUn bonheur dont j'aurais eu ma partDommage, dommageJ'aimais tant certains paysages.
L'horreur de l'amour, c'est de resserrer le monde autour d'un être qui vous enchaîne.
Quand l'homme veut dominer le monde au lieu de le vivre, qu'est-ce qu'il fait, il le spatialise, il le schématise, il le conceptualise, afin de pouvoir ainsi en dresser une image technique susceptible de servir sa domination.