Où la pensée se raffermit, l'épithète se raréfie.
L'endurance d'un peuple est une puissance finie ; elle a ses limites.
Comment faire pour lire et réfléchir en même temps ? L'unique solution est d'écrire.
Observer la démarche des plus belles Anglaises : on ne trouve en aucun pays du monde de plus beaux canards ni de plus beaux dindons...
Là où il n'y a pas de puissance commune, il n'y a pas de loi ; là où il n'y a pas de loi, il n'y a pas d'injustice. La force et la ruse sont, en guerre, les deux vertus cardinales.
La cigarette est la prière de notre temps.
La mort du présent n'est rien ; c'est la perte de l'avenir en soi qui est déchirante.
Un athéiste est un homme qui n'a pas de soutien invisible.
Il ne faut pas se faire borgne pour rendre un autre aveugle.
On ignore ce qui se cache dans l'obscurité.
Il n'y aura jamais assez d'heures pour pour venir à bout de la mémoire.
Ne trouvez-vous pas que le silence est comme un avant-goût du bonheur ?
L'intelligence de la poésie est répandue, chez les Français, autant, ou quasiment, que l'instinct maternel chez les poissons.
Ca ramène aussi la vie, cette parole qui saisit l'autre à distance, où qu'il soit, comme une main sur l'épaule.
On crée pour l'éternité, même si elle se charge de démentir.
Lorsque l'homme civilisé a peur, le sol se dérobe littéralement sous ses pieds et le fait retomber dans les profondeurs de la préhistoire, des millénaires en arrière.
Les physiciens peuvent enterrer leurs erreurs, les architectes seulement conseiller à leurs clients de planter des plantes grimpantes. Aussi devraient-ils aller le plus loin possible de chez eux pour édifier leurs premières constructions.
Le monde extérieur est impitoyable, pourtant, sous les montagnes de paille, sont enfouis des grains précieux pour la confection du pain de la vie.
Entre personnes sans cesse en présence, la haine et l'amour vont toujours croissant : on trouve à tout moment des raisons pour s'aimer ou se haïr mieux.
L'intelligence propose des bénéfices immédiats alors que l'instinct n'offre que des placements à long terme.
Chaque instant tombe à chaque instant dans l'imaginaire.
La télé, c'est tellement con que même les pigeons ne se posent plus sur les antennes.
Un sommet n'est le terme qu'en apparence et le chemin vrai n'a de sens que s'il mène au coeur de soi.
Le roman deviendra ce que quelqu'un sachant écrire écrira de sa liberté.
Les Juifs se ruinent en Pâques, les Maures en noces, les chrétiens en procès.
Fier d'avoir remarqué que, quand une femme pète, tout de suite après elle tousse.
La grande révolution dans l'histoire de l'homme, passée, présente et future, est la révolution de ceux qui sont résolus à être libres.
Les moyens ne sont jamais adéquats quand le but est mal défini.
Ce que la poésie fait de plus sublime, c'est de donner aux choses insensées sens et passions.
Il ne faut pas connaître ses amis avant leur gloire.
Les merveilleuses découvertes de la chimie sont surpassées peut-être par la confiserie. Jadis toute drogue avait un goût particulier ; aujourd'hui, c'est le contraire.
J'ai parfois l'impression de vagabonder autour du monde dans le seul but d'accumuler le matériau de futures nostalgies.
Je ne sais pas dire non. J'ai la névrose du petit soldat.
On n'est heureux que par l'amour.
Le tiers-monde ne peut voir les plaies de l'Europe, les siennes l'aveuglent.
Il y a des écrivains qui ne parlent que de leur difficulté, de leur douleur. Si j'écris c'est parce que j'ai envie d'écrire.
Ouvrir un livre, c'est avoir une réponse. Intransitive, sibylline, mais une réponse.
Le village global est une réalité technique qui attend un projet politique; car plus les techniques réduisent les distances géographiques, plus les distances culturelles prennent de l'importance et obligent à un projet humaniste pour que les hommes se tol
Baisers, baves d'amour, basses béatitudes, ô mouvements marins des amants confondus.
Les nouveaux débuts, comme les nouveaux pays, donnent toujours le sentiment qu'on est perdu, qu'on est dans le noir.
N'admettre à la participation des mystères que des âmes sensibles et des imaginations ardentes et fortes.
Chrétiens et Musulmans, nous nous sommes généralement mal compris, et quelquefois, dans le passé, nous nous sommes opposés et même épuisés en polémiques et en guerres. Je crois que Dieu nous invite, aujourd'hui, à changer nos vieilles habitudes
On doit échapper à l'alternative du dehors et du dedans : il faut être aux frontières. La critique, c'est l'analyse des limites et la réflexion sur elles.
On devient quelqu'un en se construisant avec tout ce qui nous a manqué.
Mieux vaut une explication franche qu'une situation fausse.
Le grand avantage de la vie religieuse, c'est l'abnégation chrétienne, c'est la mortification des sens, c'est la croix.
J'ai souvent pensé que la moralité consiste essentiellement en le courage de faire un choix.
Il y a la vie, ses coups du sort, ses joies, sa brutalité, son absurdité et son sens, son injustice et sa beauté, ses délices, ses mystères, ses récompenses, il y a la vie et ce que nous en faisons.
Le travail, soulignait Aristote, ne vous rend pas meilleure ; au contraire, il vous avilit, puisqu'il accapare le temps.
Si vous vous souvenez des moments les plus heureux de votre vie, ils datent tous du moment où vous faisiez quelque chose pour quelqu'un d'autre.