Pour savoir écrire, il faut avoir lu, et pour savoir lire, il faut savoir vivre.
Les sens n'ont pas la moindre supériorité sur l'esprit, et l'inverse est également vrai. Ils forment un tout, ils se valent.
Organiser, ce n'est pas mettre de l'ordre. C'est donner de la vie.
Ce qui est bien dit se dit en peu.
Une des phases nécessaires de toute conquête, grande ou petite, c'est que les conquérants se querellent entre eux pour la possession et le partage des biens des vaincus.
Dieu est absolument pour l'homme ce que sont les couleurs pour un aveugle de naissance, il lui est impossible de se les figurer.
Il est certain qu'il y a des circonstances où l'on est forcé de suppléer à l'ongle du lion, qui nous manque, par la queue du renard.
La cruauté, bien loin d'être un vice, est le premier sentiment qu'imprime en nous la nature ; l'enfant brise son hochet, mord le téton de sa nourrice, étrangle son oiseau, bien avant que d'avoir l'âge de raison.
L'université développe tous les dons de l'homme, entre autres la bêtise.
Si l'on est blessé par une flèche empoisonnée, l'important est d'abord de la retirer, ce n'est pas le moment de s'interroger d'où elle vient, qui l'a tirée, de quel poison s'agit-il.
Il faut de plus grandes vertus pour soutenir la bonne fortune que la mauvaise.
Interpréter, c'est appauvrir, diminuer l'image du monde, lui substituer un monde factice de "significations".
Il y a de grands voyages qu'on ne fait bien qu'en pantoufles.
Le doute est en effet un état de balancement ou une espèce d'équilibre où les enfants ne peuvent pas se tenir.
Une personnalité n'est qu'une erreur persistante.
Quand nous sommes jeunes, nous souhaitons de chastes épouses, sans savoir tout ce que nous coûtera leur vertu.
Non, je ne crains pas la mort. Seulement, je trouve que la providence a mal arrangé les choses. Ainsi je préférerais de beaucoup qu'on enterre mon âme et que ce soit mon corps qui soit immortel.
Dieu est l'ombre de la conscience projetée sur le champ de l'imagination.
Les nids les plus chauds sont ceux qu'on ne voit pas.
L'histoire n'est pas faite de victoires ou de défaites momentanées, mais bien des grands mouvements qui entraînent des peuples entiers vers la gloire ou la destruction.
Les révolutionnaires pensent abolir les classes : ils rétablissent une hiérarchie encore plus dure.
Les fous ne font que rêver à voix haute.
C'est la grandeur d'âme elle-même qui n'est qu'une prétention stupide.
A quoi bon aller au ciel, puisqu'il faudra ensuite revenir sur terre ?
L'amour est un mot qu'il faut se garder de prononcer. Ce qui compte, c'est la réalité.
Les célibataires en savent plus long sur le mariage que les hommes mariés. Sans quoi, ils ne seraient pas restés célibataires.
Si les passions et les rêves ne pouvaient pas créer des avenirs nouveaux, la vie ne serait qu'une duperie insensée.
L'amour que l'on refuse aux uns finit tôt ou tard par manquer à tous les autres, même à celui ou celle que l'on croit adorer.
Enfance, seul âge de la vie où le bonheur puisse être un état.
L'Etat, c'est la providence des gens sans état.
Les partis de la liberté vivent de l'impuissance de leurs partisans.
Par définition, l'adolescent c'est l'être bouleversé, déboussolé par excellence.
On demande généralement aux esclaves de chanter tout en travaillant.
La mer, c'est la disponibilité perpétuelle.
C'est quelque chose, un nom ! C'est presque toute la personne... toute la vie !... C'est ce qu'on répond, en premier, à la question : "Qui êtes vous ?"... Et c'est ce qui reste, en dernier, sur la pierre tombale !...
Nous nous croyons libres car nous ignorons les causes qui nous font agir.
L'homme d'Etat se distingue à sa capacité de prendre en compte les terres inconnues, une fois le reste exploré.
La liberté n'est qu'un mauvais moment à passer.
Les hommes ont d'étranges pudeurs, quand il s'agit de leurs affaires de coeur. Ils ne disent rien et s'étonnent ensuite de n'être pas compris.
La parole engendre, elle ne fait pas qu'orner ou accompagner l'existence...
La patrie c'est la terre, et non le sang.
On donne tout à nos enfants y compris des peurs qui ne leur appartiennent pas.
La fatigue engendre les plus séduisantes grimaces.
Les soucis d'une fortune à édifier entraînent presque fatalement la dureté du coeur.
Comme c'est terrible d'être vieux et de savoir qu'on a gâché sa vie.
Il n'y a que les mauvais coeurs qui médisent à table, car rien ne rend plus indulgent que la bonne chère.
Le succès et la gloire ne nous griseront jamais que les tempes.
Il ne faut pas nourrir l'hyène deux fois.
Le français : idiome idéal pour traduire délicatement des sentiments équivoques.
L'almanach nobiliaire est le seul livre qu'un jeune Londonien devrait connaître d'un bout à l'autre, car c'est la meilleure oeuvre de fiction que les Anglais aient jamais écrite.