Les dettes que nous avons contractées envers nous-mêmes sont les plus difficiles à payer.
Il y a des esprits qui vont à l'erreur par toutes les vérités ; il en est de plus heureux qui vont aux grandes vérités par toutes les erreurs.
Nous accordons à autrui des louanges que nous ne croyons pas, afin qu'en échange il nous en accorde que nous croirons.
Lorsque les livres sont prêtés, ils sont si vexés qu'ils ne reviennent jamais chez vous.
Il n'y a plus que la peur de mort qui les retienne à la vie.
Les femmes entretenues ne sont pas forcément les mieux conservées.
La solitude est comparable à une lampe qui baisse.
Ce qu'un homme a de plus indécent à montrer : ses rêves.
Un baiser d'amour, ça ne se minute pas.
Ce n'est pas d'argent seulement qu'ont besoin les infortunés.
L'enfer est en nous. Nous le portons au fond de nous-mêmes et nous le subissons chacun à notre manière.
Plutôt que de savoir ce qui a été fait, combien il vaut mieux chercher ce qu'il faut faire.
En révolution, le premier de tous les principes est de diriger le mal qu'on ne saurait empêcher.
Le chemin des politiciens est parsemé de peaux de banane, parfois même sur des plaques de verglas.
Le temps détruit ce qui n'est que réel.
Bec : on le clou sans marteau.
Certains êtres balancent entre le besoin de servir et le besoin de persécuter. Il leur faut haïr comme il leur faut aimer. Ce sont des coeurs à deux compartiments, des coeurs doubles.
C'est une espèce de bonheur, de connaître jusqu'à quel point on doit être malheureux.
La vie est la vie Défends-la.
C'est rassurant de ne plus dépendre de soi-même.
Le monde répond toujours à côté de toute question. Il convient donc de ne lui poser que des questions décalées.
C'est lorsque nous avons l'impression de donner le plus que nous sommes le plus égoïstes.
La douleur est la monnaie de toute félicité.
La civilisation, c'est essayer de mourir le plus facilement possible.
La démonstration est forcément satisfaisante quand elle vaut disculpation.
On a beau dire, le malheur, ça rapproche... Ça donne du poids aux êtres, aux choses...
Les mirages de la passion dans un coeur longtemps pur sont déconcertants.
Le plus difficile en classe c'est qu'on ne peut pas dire ce que l'on sait mais seulement ce que l'on doit savoir... C'est pour ça que je préfère ne rien savoir ! Comme ça c'est plus simple, je suis sûr de ne pas me tromper !
Personne ne niera que la vie est horrible, que c'est une suite d'angoisses sans fin. Il n'y a qu'une façon de passer à travers, c'est de ne pas y penser.
Il n'y aurait point d'erreurs qui ne périssent d'elles-mêmes, rendues clairement.
Les poètes tentent de greffer aux hommes d'autres yeux et de transformer ainsi le réel. Aussi sont-ils des éléments dangereux pour l'Etat, puisqu'ils veulent transformer. Or l'Etat et ses dévoués serviteurs n'aspirent, eux, qu'à durer.
Il faut plaisanter sur tout. Il n'y a que les concierges qui disent : "La plaisanterie a des limites".
La sincérité mène à l'exactitude.
On puise chez ses ennemis des forces qui vous aident à progresser.
Les Anglais possèdent deux produits d'une exceptionnelle valeur : leurs tweeds et leurs silences.
Dieu que les Français aiment donc les règlements ! Ils en mettent partout, même là où ils n'ont rien à faire : dans la littérature.
Impossible de séparer vitalité et mortalité... à moins de vouloir créer de toutes pièces une génération de morts-vivants, de zombies, qui seraient aux sociétés futures ce que l'esclave était aux sociétés du passé.
Le sort d'un ménage dépend de la première nuit.
Comment pourrait-on vivre sans le parfum de l'amour ?
L'étude du temps est la plus utile de toute, elle nous enseigne le moyen d'en faire un bon usage.
Le monde physique paraît l'ouvrage d'un être puissant et bon, qui a été obligé d'abandonner à un être malfaisant l'exécution d'une partie de son plan. Mais le monde moral paraît être le produit des caprices d'un diable devenu fou.
Le public ne s'intéresse qu'aux succès qu'il n'estime pas.
Il ne faut jamais s'attaquer à ceux qu'on n'est pas sûr d'achever.
Il y a des boniches dans tous les milieux... c'est une mentalité, la boniche... ce n'est pas un état.
Nous devrions sécréter une gomme spéciale effaçant au fur-et-à-mesure nos oeuvres et leur souvenir.
La moisson. On tond la terre comme une brebis.
Le monde semble reposer sur la résignation de milliards d'inconnus.
Je crois que pour vivre vieux, il faut se résoudre à ne jamais faire debout quelque chose que l'on peut faire assis et à ne jamais faire assis quelque chose que l'on peut faire couché.
Les héros ont aujourd'hui une durée de vie et un domaine d'action extrêment réduits.
Je fais des dons à toutes les religions. Je détesterais gâcher mon au-delà pour un détail technique.