Il y a dans la vie du vagabond un besoin essentiel qui vient immédiatement après la faim, c'est celui des chaussures.
Un grain de poussière ne souille pas une fleur.
Et puis - qui donc de nos jours a la parfaite certitude de ne pas être névrosé ?
Que la terre est petite à qui la voit des cieux.
Il est bon d'apprendre quelquefois aux heureux de ce monde, qu'il est des bonheurs supérieurs aux leurs, plus vastes et plus raffinés.
Pleurer est le plaisir de l'âme.
L'ermite croit qu'il a trouvé Dieu parce qu'il a trouvé la solitude.
Il ne faut jamais oublier que la télévision n'est qu'un appareil électroménager.
Les Anglais sont simples, un rien les amuse, ils préfèrent même que ce soit un rien.
Seule manière de croire en Dieu : espérer en lui. Voilà pourquoi qui ne prie pas ne croie pas.
L'âme est cachée en Dieu, qui est seul à connaître son nom, et qui n'a nul besoin du corps pour se faire reconnaître d'elle.
Il entre, dans toute espèce de débauche, beaucoup de froideur d'âme. Elle est un abus réfléchi et volontaire du plaisir.
Tous les hommes rêvent. Mais il semble parfois, que ce soit l'histoire qui rêve à travers eux.
On dit souvent que la force est impuissante à dompter la pensée ; mais pour que soit vrai, il faut qu'il y ait pensée. Là où les opinions irraisonnées tiennent lieu d'idées, la force peut tout.
Quelle expression stupide : "Cela explique tout." Je pense qu'à notre époque, rien n'explique rien.
Le premier signe de ce que l'on devient religieux est qu'on devient joyeux.
Tout n'existe que par la foi ! La vie elle-même n'est rien, sinon ce qu'on la fait.
Habitude : un art d'agir sans y penser et mieux même qu'en y pensant.
Un polyglotte est un monsieur qui parle plusieurs langues avec une seule.
Le bercement des nourrices, les câlineries maternelles, les chatteries des soeurs, transforment pour ainsi dire, en la pétrissant, la pâte masculine.
Le coeur est un voyeur lorsqu'il est épris.
Trois choses fixent la valeur d'un présent : le sentiment, l'à-propos et la manière.
Comment les jeunes pourraient mieux apprendre à vivre qu'en s'y essayant ?
Les bonnes moeurs portent de bons fruits.
A chaque être, correspond une forme d'amour spécifique ; son bonheur est de la rencontrer.
La femme se procure des fourrures aux dépens de divers animaux. La loutre, par exemple, le castor et le lapin (qui prend des pseudonymes). Mais principalement, l'homme.
Il y a des gens qui n'ont ni droit ni raison d'être heureux, comme si le bonheur existait indépendamment de soi.
Le groupe s'habitue plus vite à son malheur que l'individu à sa peine.
Il n'y a pas de superman. Tout le monde s'habille de la même manière, en mettant une jambe à la fois dans son pantalon.
Quand admettra-t-on qu'on ne saurait arriver à maîtriser l'inflation sans avoir recours aux solutions casse-coût ?
La médecine est inscrite dans les circuits de consommation.
Les cartes postales, c'est comme les cartes de Noël : de la politesse à bon marché.
Ce que j'ai gagné en expérience, en métier, ne l'ai-je pas perdu en spontanéité ?
La réalité se mesure à l'épreuve des faits et rend les hommes plus impitoyables.
Ma trinité, c'est la bouche de rose, le sein de lis, puis encore autre chose.
Les parures du superflu sont à l'origine de la destruction de ce qui vit.
La vie dangereuse est là, au milieu des miracles.
Jouer, c'est le contraire de déclamer, de réciter.
Le libéral est celui qui quitte la pièce quand la bataille commence.
La littérature, c'est cela : cela doit être dur comme la pierre.
Le "moi" est une commodité grammaticale, philosophique, psychologique.
Les ignorants se laissent enliser dans les mots, comme un éléphant dans la boue.
Il n'y a de défaites que celles que l'on a tout seul, devant sa glace, dans sa conscience.
Les trois quarts de l'univers peuvent trouver délicieuse l'odeur d'une rose, sans que cela puisse servir de preuve, ni pour condamner le quart qui pourrait la trouver mauvaise, ni pour démontrer que cette odeur soit véritablement agréable.
Ah ! que l'amour est agréable ! Il est agréable en effet - bien moins, d'ailleurs, pour ce qu'il donne que pour ce qu'on en espère.
Marianne est une métisse, c'est ce qui fait son charme, sa beauté, sa force.
Peut-on apprendre réellement avec la télévision et Internet ?
Il y a des vérités qui apportent un sentiment de libération et d'autres qui imposent le sens du terrible.
Heureux ceux qui ont une lyre dans le coeur, et dans l'esprit une musique qu'exécutent leurs actions !
Si l'on parvient à expliquer son instinct, c'est que celui-ci est réduit à l'impuissance.