Les émotions ne vieillissent pas !
Chaque siècle a son moyen âge.
On ne devient un homme et on ne peut percevoir le vrai sens de notre existence que lorsque l'on a pris conscience que l'on n'était pas le centre de l'univers.
On ne peut absoudre celui qui ne se repent pas.
Le conteur, qui veut faire paraître des choses absentes, y réussit bien mieux par le frisson de la peur que par une suite raisonnable de causes et d'effets.
Tout est illusion. La phrase précédente aussi, bien entendu.
Nous avons vu l'âge de fer, l'âge de plomb... Nous voici arrivés à l'âge du caoutchouc, celui où les consciences sont élastiques.
On a des femmes bien de l'agrément, à condition qu'on les sorte l'après-midi, qu'on les amuse le soir, qu'on les caresse la nuit et qu'on leur fiche la paix le matin.
On n'a besoin de personne pour sombrer.
L'Italienne est une créature qui aime. La Russe est une créature qui s'aime. La Française une créature qui plaît. L'Italienne cède à l'amour par amour, la Russe par besoin, la Française par reconnaissance.
Prendre connaissance de la vie, c'est savoir la supporter.
Etre heureux, c'est mettre en échec les sources de déplaisir.
Il ne faut pas partager le monde entre les gens qui mentent et ceux à qui l'on dit la vérité, mais entre ceux à qui l'on dit la vérité et ceux à qui l'on est obligé de mentir.
La création n'est rien d'autre qu'un rêve durement mis en forme.
Humidité et sécheresse sont les deux mamelles du paysan. Une fois sur deux il se plaint soit de l'un soit de l'autre. De par sa naissance même, le paysan est classé zone sinistrée.
La poursuite chimérique de la perfection est toujours liée à quelque manque sensible, souvent à l'impuissance d'aimer.
La foi cautionne toutes les paroles de Dieu.
Une longue jeunesse est devant les choses.
Les êtres ne se rencontrent à peu près jamais, sauf quelques heures ici et là dans toute existence ; c'est ça le drame.
Vivre signifie être conscient, joyeusement, jusqu'à l'ébriété.
Il y a un langage pour chaque situation.
Si on est le moindrement prudent en affaires, on n'expose ses opinions que sous la forme de questions.
Si nous y réfléchissions, nous élèverions sans cesse nos regards vers le ciel, notre véritable patrie. Mais nous nous laissons emporter çà et là par le monde et nous ne songeons pas à l'unique chose qui devrait nous occuper.
On ne définit pas le succès une fois pour toutes, dans l'abstrait. Il se mesure aux servitudes particulières surmontées.
La vie n'existe pas : il faut la faire.
C'est utile, une révolution. Ça met des freins au gouvernement, ça le force à agir, à pencher d'un certain côté. Mais pas plus. L'état demeure.
On dirait parfois que les romanciers ignorent les problèmes réels de la vie : ils volent au-dessus d'eux comme des oiseaux au-dessus des pays.
Il n'y a guère de cause dont on souhaiterait le succès si l'on voyait tout ce qui fermente dans le coeur de ses défenseurs.
Etrangement, le projet fondamental du socialisme, libérer l'homme de la Chose, semble, dans son application concrète, l'y avoir aliéné davantage. De l'ordre des Choses, il n'a rien renversé.
Tout auteur dramatique digne de ce nom nous met sous le nez l'horreur et la grâce d'exister.
L'habitude est indispensable à la création. C'est la deuxième nature de l'acteur.
Les hommes ne sont pas ce qu'ils ont été, mais ce qu'ils sont devenus.
Nous naissons, nous vivons, nous mourons dans les pleurs : c'est à ce prix qu'est l'existence.
Il y aura toujours des gens qui n'aiment pas la jeunesse, Pour qui d'avoir vingt ans et de vivre sans un sou Est un péché dont le bonheur les rend fous.
Ici n'existe qu'en fonction de là : si nous ne regardons pas en haut, nous ne saurons jamais ce qui se trouve en bas.
Peut-on être forcé d'adhérer ? Peut-on être forcé d'aimer ? On doit s'y disposer soi-même, consentir à la foi comme à l'amour.
De temps en temps je me force à lire, ça m'entretient les yeux.
Sommes-nous donc si malheureux, qu'il y ait quelque chose qui soit défendu, même dans l'usage de ce qui est permis ?
Voyager, comme raconter ou vivre, revient à choisir donc à omettre.
C'est la vie, ça... Tous les jours des innocents meurent, sans savoir pourquoi...
Quand un jockey a droit à un peu de chantilly, c'est qu'il s'agit de l'hippodrome.
Tu peux t'élever davantage encore, car tu as voulu apprendre.
C'est un excellent entraînement intellectuel que d'avoir en soi-même une confiance exagérée.
Quand l'oeuvre des meilleurs chefs est achevée, le peuple dit : c'est nous qui avons fait ça.
Finalement, chaque homme n'agit qu'en fonction de la satisfaction d'un désir.
Ce n'est que ridicule d'être sourd, c'est triste d'être aveugle. On peut ainsi mesurer la différence qu'il y a entre la nature visible et les hommes qui parlent.
Comme nous ne sommes pas sûrs de notre courage, nous ne voulons pas avoir l'air de douter du courage d'autrui.
Achetez et lisez les livres faits par les vieillards, qui ont su y mettre l'originalité de leur caractère et de leur âge.
L'unité d'action consiste, dans la comédie, en l'unité d'intrigue.
Le succès, c'est l'échec de l'échec.