On ne saurait emporter en voyage un fardeau plus précieux qu'une provision de bon sens.
Nous comptons tellement sur nos bienfaits, qu'il est rare que nous cachions notre secret à celui que nous avons comblé de nos bontés.
Quand la viande est en rigolade, la conscience ne se pose pas de problème.
L'avenir est la parcelle la plus sensible de l'instant.
La plus grande couardise consiste à éprouver sa puissance sur la faiblesse d'autrui.
Une femme sacrifiera n'importe quoi pour un homme... sauf son teint.
Les hommes peuvent se bien conduire sans proclamer de doctrine et proclamer les plus belles doctrines tout en ayant une conduite abjecte.
La patrie est là où l'on nous aime.
Celui qui se connaît vraiment n'aura aucun doute sur son essence immortelle.
On place souvent dans les tableaux quelque personnage difforme pour faire ressortir la beauté des autres.
L'amour, tel qu'il existe dans la société, n'est que l'échange de deux fantaisies et le contact de deux épidermes.
La moitié du monde sur l'exemple d'autrui se conduit et se fonde !
Un enfant endormi est bien le plus beau, le plus tendre et le plus plaisant spectacle qui puisse s'offrir à des yeux humains.
Le mot ressemble à la monnaie fiduciaire offrant la même utilité et les mêmes dangers.
Conduis-toi sur la terre comme un voyageur et comme un étranger que les affaires du monde ne regardent aucunement.
Celui qui excelle à employer les hommes se met au-dessous d'eux.
Que l'homme n'aime rien, et il sera invulnérable.
C'est parfois sur le plus faible que soi qu'on doit prendre appui pour aller plus loin.
Bureaucratie : mille-pattes à mille têtes dont ni pattes ni têtes ne fonctionnent d'une manière synchrone ; lorsqu'elles fonctionnent.
Désormais, on pourra être sénateur ou député à dix-huit ans, et donc, mis en examen à dix-neuf.
Les femmes préfèrent la brutalité à l'ironie. Le brutal se met nettement dans son tort à leur égard ; l'ironiste les met en méfiance vis-à-vis d'elles-mêmes et cela ne pardonne pas.
Les conseils sont rarement les bienvenus, et ce sont ceux qui en ont le plus grand besoin qui les accueillent avec le moins de plaisir.
Dieu ? Nous nous saluons, mais nous ne nous parlons pas.
Oui, oui ! Je sais ce qu'être dieu, et ce n'est pas drôle tous les jours. Je parle du bon Dieu, cela va sans dire. Pour l'autre, celui qui n'est pas bon, il doit avoir une vie plus facile.
Il n'a qu'une qualité : il est modeste. Et il s'en vante !
On n'est jamais aussi bien battu que par soi-même.
Contre la mort nul ne peut se défendre.
Les satiristes devraient aiguiser leur langue sur la pierre de la sagesse.
Crime et correction ne peuvent pas plus se dissocier que la cause et l'effet. C'est un engrenage d'acier.
Déraciner des habitudes qu'on aime ! Pas facile.
A sept ans, on est facilement heureux. Et quand on est heureux, on croit que tout l'univers l'est aussi.
La mer est un élément capital pour la connaissance des peuples. La mer modèle les moeurs comme elle fait les rivages. Tous les peuples marins ont du caprice, sinon de la folie, dans l'âme.
L'esprit seul c'est le Dieu des hommes... La chair seule, c'est la brute. La chair et l'esprit, c'est l'homme, un dieu qui a des instincts de brute.
Les illusions n'ont pas la vie longue.
Il ne faut pas grand chose pour gommer la beauté et dissiper la grâce d'un visage. La viande la mieux modelée est prête à endosser l'horreur, c'est-à-dire à devenir en surface ce qu'elle est à l'intérieur : rebutante.
Nous devons le prix de nos plus belles minutes à leur évanescence...
Le bonheur est dans la possession des êtres ou des choses que l'on aime. On doit vivre pour réaliser le bonheur de ces êtres.
On ne cherche pas le bonheur, on l'attend.
Ce n'est pas toujours souhaitable d'être celui à qui Dieu parle.
Il convient de se taire sur les choses importantes devant ceux qui ne sont point faits pour les entendre.
Comme elles n'ont pas de tête, les femmes ne peuvent pas la perdre.
Il y a des questions qu'on pose si peu souvent qu'elles perdent leurs réponses.
La vie est donnée à tout le monde, mais tous ne sont pas capables de la vivre.
La torture des autres est peu auprès de celle qu'on subit soi-même.
Ce qu'il y a de plus grand dans les religions, c'est le mal qu'on inflige aux autres pour le bien de leur salut. C'est une grandeur qui marche sur des faiblesses.
La volonté de condamner emploie toujours l'arme qu'elle a sous la main.
Il vaut bien mieux avoir de l'imagination que de la mémoire.
Les voleurs de basse-cour le savent et le disent : Quand on réussit un coup mirifique avec un second, on ne jouit pleinement du fruit de la rapine qu'après avoir éliminé ce second.
Il y a dans l'acteur une part d'enfance non maîtrisée. C'est grâce à elle qu'on peut le capturer, l'apprivoiser, le ranger en troupe, le réduire en dépendance, en esclavage.
Le désir d'un jour de posséder ce que l'on n'a pas c'est ce qui nous fait avancer. Mais lorsqu'on ne veut rien de plus, comment avance-t-on ?