On est maître de la vie des autres quand on ne compte plus pour rien la sienne.
Le flambeau de l'hymen est une lanterne sourde.
Le conseil des femmes est trop cher ou trop bon marché.
Si les muets pouvaient parler, ils gueuleraient comme des sourds.
Si tu sens que tu plafonnes, perce un trou dans le plafond.
Faut-il trahir son idéal parce qu'on s'aperçoit qu'on ne peut pas en vivre ?
Il ne faut pas trop se fier à l'avenir, ni dans l'histoire, ni dans la nature ; chaque foetus n'atteint pas l'âge adulte.
Il est un art - l'art du mot - qui ne connaît pas de limites : la poésie.
La majorité des Anglais "vont outre-mer" quand ils visitent le Canada, l'Australie et "vont à l'étranger" quand ils traversent la Manche.
Lorsque vous portez une paire de bottes, vous ne vous heurtez jamais à un meuble. Mais si vous vous promenez nu-pieds, tout le mobilier se jette sur vous et vous frappe.
On est jeune tant que l'on sait dire "non". Premier "oui" première ride.
Un bon écrivain ne fait pas forcément un bon critique. Pas plus qu'un bon ivrogne ne fait un bon barman.
Les longs souvenirs font les grands peuples.
La vie ne va pas sans de grands oublis !
Quel beau livre ne composerait-on pas en racontant la vie et les aventures d'un mot !
Les blessures que l'homme se fait à lui-même guérissent difficilement.
La ville est l'aliment préféré des chiens.
La confiance, d'accord, mais c'est quand même ce qui fait les cocus.
Les animaux ont été créés par Dieu pour donner aux hommes une impression de supériorité.
L'homme libre est celui qui n'a pas d'esclaves.
Les animaux ne manquent jamais de naturel, sauf à l'état domestique.
La jalousie horrifie l'amour.
Les paysans font toujours les bons gestes.
L'histoire se fait au fil des calendriers ; mais les histoires sont hors du temps.
Une des rares caractéristiques des visages fatigués, c'est que les sourires y restent imprimés une demi-seconde de trop.
Les idées volent parfois si haut, dans nos campagnes électorales, qu'il est impossible de les apercevoir à l'oeil nu.
Il n'y a rien qui permette de condamner un gastronome, tant qu'il ne va pas jusqu'à l'indigestion.
On n'a jamais pires ennemis que ceux dont on a refusé l'amitié.
Les vainqueurs n'hésitent pas à citer la compétence.
L'éphémère est la matière du théâtre.
L'aphorisme est un genre qui ne rétrécit pas, parce que sa brièveté ne le permet pas.
Le sujet meurt dans l'avènement de l'individu.
Presque en toutes choses, les préceptes valent moins que l'expérience.
Ce n'est que dans les bras de la jouissance que la morale dort tranquillement.
Nous sommes faits de l'étoffe de nos rêves.
Les Américains adorent les huîtres. Avant de les manger, ils ôtent soigneusement les sales bêtes gluantes qu'il y a à l'intérieur.
Tu ne dois pas contrôler tes pensées. Tu dois juste arrêter de les laisser te contrôler.
Vous avez tous une raison d'être. N'écoutez pas ceux qui n'ont plus d'espérance envers vous.
Le mot « camarade », c'est sans doute le mot qui a le plus souffert de la politique.
Si vous saviez, lorsque vous commencez à écrire un livre, ce que vous allez dire à la fin, croyez-vous que vous auriez le courage de l'écrire ?
Personnellement, je reste à l'écart des aliments naturels. À mon âge, j'ai besoin de tous les conservateurs possibles.
Je pense que la conception selon laquelle la femme a le devoir de mettre des enfants au monde se modifiera au cours du prochain siècle et fera place à du respect et de l'admiration pour celle qui, sans renâcler et sans faire de grandes phrases, prend de tels fardeaux sur ses épaules !
Il n'y a que deux femmes qui doivent se trouver mêlées à la vie de chaque homme pour son bonheur : sa mère et la mère de ses enfants. Hors de ces deux amours légitimes, outre ces deux créatures sacrées, il n'y a qu'agitations vaines, qu'illusions douloureuses et ridicules.
C'est grâce à mes parents que j'ai acquis cette indépendance d'esprit.
Tu te souviens du pont,Qu'on traversait naguère,Pour passer la rivière,Tout près de la maison.
Est-il possible de faire avec la multitude une collectivité d'hommes libres au lieu d'un rassemblement d'esclaves ?
Plus on s'est trompé dans la vie, plus on donne de leçons.
Le poète doit pouvoir tout dire, en toute liberté. Essayez donc un peu, mes amis, vous verrez que vous n'êtes pas libres.
Ces vieux matelas en laine, une fois qu'ils sont creusés au centre... Il faut choisir : camper chacun sur la bordure, ou alors sombrer ensemble dans la fosse commune.
Si j'avais bien peint toute ma vie, jamais je n'aurais pu être heureux. Maintenant, il me semble que je suis au même stade que Goethe arrivant à Rome et s'exclamant : "Enfin, je vais naître !"