Il n'est d'éternellement neuf que l'éternellement vieux.
Le gadget mène le monde, et le Japon mène le gadget.
Nous nous croyons bien les plus habiles quand nous sommes les plus heureux.
On commence à mourir dans la tête des autres.
Il en est des races comme des tribus : elles ne se mélangent pas, elles se combattent jusqu'à l'extermination.
L'avenir n'est rien, on n'est bien vraiment qu'avec ses souvenirs.
L'alibi est la faiblesse des innocents.
On ne peut devenir que ce qu'on est.
Quand une vieille haridelle peut encore servir, pourquoi acheter un poulain ?
On ne veut bien que ce qu'on imagine richement.
Ceux qui s'accrochant au pouvoir après avoir été désavoués lors d'une consultation nationale et profitent de la confusion qu'ils ont créée pour tenter de se rétablir appartiennent à la confrérie des politiciens habiles, désinvoltes et cyniques.
Quand les lois seront justes, les hommes seront justes.
C'est une jolie allégorie que celle qui fait sortir les songes vrais par la porte de corne, et les songes faux, c'est-à-dire les illusions agréables, par la porte d'ivoire.
L'ennui n'engraisse que les sots.
Quand je pense à ce que je suis, je suis ce que je pense.
Les rêves, c'est l'autre toi qui te répond.
Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve.
Ce qui nous permet, comme êtres humains, de survivre psychologiquement à la vie sur terre, avec toutes ses douleurs, ses drames et ses défis, c'est d'avoir un sentiment d'accomplissement et une vie de sens.
'ai la certitude que la mort ne peut éteindre la flamme que j'allumée au Ghana et en Afrique. Longtemps, après ma mort, elle continuera de brûler et d'être portée haut, éclairant et guidant tous les peuples.
Ce qui me rend heureux, c'est d'être heureux.
Le soleil, sans donner un sou à personne, fait la vie et la richesse du monde.
Il faut avoir vécu des années dans le rien pour comprendre comment on peut être subitement effrayé par la possibilité.
Ne consens à vivre ni dans l'anarchie ni sous le despotisme.
Sourire, c'est parfois montrer que l'on n'est pas si sérieux qu'il semble, c'est atténuer les reproches, assurer une communion spirituelle que l'homme trop sérieux ne connaît pas. Sourire, c'est parfois détourner autrui du monde compact des intérêts pour l'appeler à une communion dans le non-sérieux.
Comment peut-on être au monde sans se poser la question de l'après ?
Le doute, c'est le point de départ de l'intelligence !
Je me sens bizarre, abandonné, flottant, comme un personnage dans une phrase que l'auteur ne finit pas.
Si j'avais bien peint toute ma vie, jamais je n'aurais pu être heureux. Maintenant, il me semble que je suis au même stade que Goethe arrivant à Rome et s'exclamant : "Enfin, je vais naître !"
Je réfléchis également aux surnoms pittoresques des pêcheurs de Port Lligat : le marquis, le ministre, l'Africain, il y a même trois Jésus-Christ. Je suis persuadé qu'il est peu d'endroits au monde -et aussi petits- où se rencontrent trois Jésus-Christ !
Les champs ont soif d'eau, les montagnes de neige, les éperviers d'alouette et les Turcs de têtes.
On mettait ses impairs sur le compte d'un manque d'éducation ou d'un bon-garçonnisme un peu bohème inhérent à son métier de comédien.
Dans cette direction-là, indiqua le Chat d'un mouvement circulaire de sa patte, vit un Chapelier, et dans cette direction-là, fit-il de l'autre, demeure un Lièvre de Mars. Allez voir celui que vous voulez : ils sont fous tous les deux.
J'ai trois fenêtres à ma chambre :L'amour, la mer, la mort,Sang vif, vert calme, violet.Ô femme, doux et lourd trésor !
On croyait savoir tout sur l'amourDepuis toujours,Nos corps par coeur et nos coeurs au chaudDans le velours,Et puis te voilà bout de femme,Comme soufflée d'une sarbacane.La ciel a même un autre éclatDepuis toi.
Qu'ai je mal fait, dites ma chère Amie ?Votre Amour semble être toute endormi.Je n'ai de vous plus de lettres, ni langage,Je n'ai de vous plus un seul petit message.
C'est bien de pardonner, c'est mieux d'oublier.
Dommage qu'il n'y ait pas un territoire pour les imbéciles, car il y aurait ainsi de la place ailleurs.
Un homme se lève à la vie quand son sexe se lève.
Point d'obsessions enfiévrées pour celui qui a traversé. Il s'est affranchi de toute peine, s'est absolument libéré, et s'est délivré de toutes chaînes.
Voir quelqu'un ne pas voir, c'est la meilleure façon de voir intensément ce qu'il ne voit pas.
L'avenir, au fond, même quand on le dévoile, reste toujours couvert.
Le libertinage absolue, s'il existe, est certes une impasse ; loin d'y trouver une extase continue, on s'y écoeure et quelquefois l'on s'y détruit.
On s'engage souvent par manque de courage intellectuel. Prendre un parti, c'est démissionner du sien.
L'art d'exagérer est, à mon sens, un art de surmonter, de surmonter l'existence.
Le véritable amour, c'est celui qui se construit dans l'évolution du temps, non celui qui se répète à l'identique comme on le souhaite dans le fantasme. L'amour ne s'éteint pas. L'amour évolue.
Les jobs à la con engendrent souvent le désespoir, la dépression et le haine de soi.
Quoique que vous fassiez, vous le regretterez. Mais si vous ne le faites pas, vous le regretterez plus encore...
La célébrité est une chose, la notoriété en est une autre.
Le péché n'est pas blessant parce qu'il est interdit, mais c'est interdit parce que c'est blessant.
La tragédie de la vie est que nous vieillissons trop tôt et que nous devenons sages trop tard.