Il n'y a rien comme l'argent pour faire taire la malveillance.
Emprunter ne vaut pas mieux que mendier.
Les connaissances qu'on a cherchées restent, celles qu'on n'a pas cherchées se perdent.
A mon avis, les généraux qui meurent à la guerre commettent une faute professionnelle.
L'avantage de la gloire : avoir un nom trimbalé par la bouche des sots !
Ce qui sauve les femmes, c'est que pour lire dans leur âme, il faut regarder leurs yeux.
Les pleurs secs ont pour vestige un lit de rides.
L'esprit est une maison vide, qu'il faut habiter et façonner à la longue.
La forme peut-être plus importante que la substance. Un glaçon peut faire effet de lentille et créer une flamme.
Il n'y a plus, de nos jours, que deux sortes de piétons : les rapides et les morts.
Zèle, se dit d'un collaborateur dont on ne peut rien dire d'autre.
Pour faire leurs mauvais coups, les critiques dramatiques ne sortent qu'après la tombée de la nuit.
Les obus et les décorations tombent au hasard sur le juste et l'injuste.
La pensée est d'essence si rare que partout où l'on en découvre une manifestation, l'on est tenté, non seulement de la goûter, mais de l'approuver.
Trop de culture épuise un champ fertile.
On ne perd jamais que d'une voix, et cette voix fait le tout.
On fait des films pour la même raison qu'on entreprend des voyages.
La violence, c'est quand même terriblement graphique. Il y a dedans une énergie cinégénique incroyable. On entre dans le domaine de la métaphore, du symbole.
En amour, il n'y a ni crimes ni délits ; Il y a des fautes de goût.
Bien fou qui s'oublie, encore plus qui se lie.
Les masses sont les véritables héros.
Les pensées sont exemptes d'impôt.
Qui ose a peu souvent la fortune contraire.
Le présent est pour les riches et l'avenir pour les vertueux.
Promettre est la veille de tenir.
Rien ne résume un homme, pas même ses idées.
Les mots sont dociles à qui les aime.
On craint l'intelligence de certains fous.
Les êtres finissent toujours par vous échapper.
Tout se résume à la peau.
Dieu créa tout ce qui n'était pas Et oublia d'être Alors l'homme créa Dieu.
Ceux qui nous déplaisent ne se confondent pas avec ceux qui nous agressent.
Au-dessus de quarante ans, on est tous du même âge.
Avec trop, on se perd. Avec moins, on se trouve.
Être aimé est une force. Aimer est une faiblesse.
Dans le monde désacralisé, il n'y a que l'art qui puisse fournir un analogue ou un équivalent du sacré.
Tuer les nuances c'est tuer la liberté, l'appétit de créer, l'amour, le bonheur.
Il faut et il suffit, pour qu'il y ait souveraineté, que soit effectivement présente une certaine volonté radicale qui fait qu'on veut vivre même lorsqu'on ne le peut pas sans la volonté d'un autre.
La peste a pris la relève de la lèpre comme modèle de contrôle politique, et c'est là l'une des grandes inventions du XVIIIe siècle, ou en tout cas de l'âge classique et de la monarchie administrative.
Dans les périodes où tu sens l'envie de tomber amoureux, tu dois faire attention où tu mets les pieds : comme avoir bu un philtre, de ceux qui te font tomber amoureux du premier être que tu rencontres. Ce pourrait être un ornithorynque.
Excuse-moi de ne t'avoir laissé que de l'argent et des terres. Je ne sais même pas si tu en voudras. J'aurais voulu te laisser de l'amour, mais quand on est, comme moi, dans l'enseignement depuis bientôt quarante ans, on ne se fait aucune illusion sur la dévaluation des sentiments qu'on peut offrir aux jeunes.
Il ne sert à rien, en effet, de ressusciter le passé, si ce n'est pour mieux comprendre le présent.
Il n'y a pas de place dans la haute montagne pour le fantastique, parce que la réalité y est par elle-même plus merveilleuse que tout ce que l'homme pourrait imaginer.
Aujourd'hui la loi des apparences régit aussi la vie de tous les jours dans tous les métiers.
En un seul point la femme le cède à l'homme: l'esprit de synthèse. La femme est plus éparse et rassemble moins.
Je crains moins le feu que les dispositions du peuple.
Soudain elle me presse,Écarte les nervures de l'ombre,Féconde les régions du feu,M'invente où je ne rêvais plus.
À l'occasion de la question coloniale, la Révolution française avait commencé à s'affronter elle-même, et, en se confrontant avec les principes dont elle était née, à se cliver, donc à se définir.
Les chants ne s'arrêtent pas, mais ils roulent maintenant inquiets et lourds par les vallées de la peur, les tunnels de l'angoisse et les feux de l'enfer.
Je crois qu'il n'y a pas de libération, sans création.