Avant de se foutre par la fenêtre, il faut penser à l'ouvrir.
Il n'y a rien de nouveau dans l'art excepté le talent.
Nous savons que chaque homme est mortel, mais non que l'humanité doit mourir.
Ce qui est moral est ce que vous trouvez bon après et ce qui est immoral est ce que vous trouvez mauvais après...
On dit que le sang veut du sang.
Les faux témoins sont méprisés même de ceux qui les subornent.
L'homme succombera tué par l'excès de ce qu'il appelle la civilisation.
Retenez, du savoir, ce qu'il faut au bonheur.
N'importe qui sait proférer des paroles menteuses ; les mensonges du corps exigent une autre science.
Les gouvernants gouvernent l'Etat ; les technocrates, les gouvernants ; et la vanité les gouverne tous.
Aujourd'hui, l'intéressant et le curieux priment le vrai ; l'étrange et l'émouvant priment le vrai. On s'intéresse à des doctrines qu'on n'adopte pas ; on admire des exemples qu'on ne suit pas.
La pruderie est une espèce d'avarice, la pire de toutes.
Il n'y a pas de sots métiers, c'est entendu... Mais il y a ceux qu'on laisse aux autres.
Rien ne nous rend aussi grands qu'une paire d'échasses.
Il se prépara un grand vocabulaire et attendit toute sa vie une idée.
Les vieillards sont dangereux : ils se moquent bien de ce qui peut arriver après eux.
Il est évident que Dieu était une solution, et qu'on n'en trouvera jamais une autre qui soit aussi satisfaisante.
Dieu est celui qui enseigne l'ivresse contrôlée ; il est un maître, et il ne tient qu'à toi de faire de ton paraître une esquisse de maîtrise, qui en toi fera danser l'être.
Dieu est père, mais il n'y a pas plus mère que lui, disait un Père de l'Eglise. Plus que les paroles, ce sont les larmes qu'il écoute et qu'il comprend.
Les pensées de Dieu sont des fêtes oubliées.
Mais l'athéisme qui évince Dieu, évince-t-il les questions sur Dieu ?
C'est sur les vitres qu'on grave les mots ineffaçables.
Les dieux sont nos métaphores, et nos métaphores sont nos pensées.
Un langage quelconque ne peut jamais avoir plus de signes que ceux qui l'instituent n'ont d'idées.
Quand tu donnes, donne avec joie et en souriant.
Considérons l'opinion, la renommée, avec l'idée qu'elle doit non pas guider, mais nous suivre.
La déconsidération systématique de l'ennemi ne peut qu'avilir le vainqueur.
On ne peut comprendre l'homme en-dehors de la nature, et la nature est incompréhensible sans l'homme.
Aucun homme n'est l'égal d'une femme, si ce n'est avec un tisonnier et une paire de souliers à clous. Et encore, même ainsi, ne l'est-il pas toujours.
Coeur qui soupire n'a pas d'yeux pour le voisin d'en face.
Combien de coeurs ont eu mal simplement parce qu'ils ne surent pas se rassasier de ce qui en aurait fait déborder d'autres.
La nuit : combien elle pourrait être quelque chose de merveilleux si on savait l'approcher, se l'annexer.
La révolution est une aventure merveilleuse pour ceux qui peuvent y gagner quelque chose.
L'homme le plus sage n'est jamais suffisamment prévenu contre sa propre vanité.
Réduction du temps de travail : pour les trente-cinq heures d'ici l'an 2000, rassurons tout le monde, c'est trente-cinq heures par semaine ; ce n'est pas seulement trente-cinq heures d'ici l'an 2000 !
Tristesse de chair est signe de faible complexion.
Les prétentions sont une source de peines, et l'époque du bonheur de la vie commence au moment où elles finissent.
Un milieu élégant est celui où l'opinion de chacun est faite de l'opinion des autres. Est-elle faite du contre-pied de l'opinion des autres ? C'est un milieu littéraire.
Et pour la fête, comme pour les enterrements, les commémorations, on sort les "habits du dimanche", ceux que l'on achète un peu trop grands et qui deviennent très vite un peu trop courts.
Rien n'est jamais complètement neuf, c'est comme les mots, les choses reviennent, elles sont neuves quand même.
Nous ne choisissons pas les choses qui nous touchent.
Est-ce que la mort me consolera de ma vie ?
La sottise nourri le scepticisme.
La vie est une immense oeuvre théâtrale incessament coupée d'entractes secs, et d'une brève utilité.
Les flatteurs des princes ont dit que la chasse était une image de la guerre ; et en effet, les paysans, dont elle vient de ravager les champs, doivent trouver qu'elle la représente assez bien.
Le sens de l'histoire s'acquiert en y participant un peu.
Ce ne sont pas les chantiers qui manquent mais la volonté politique.
Il n'y a pas d'humour au féminin.
L'amour est aussi imprécis que Windows : dans les deux cas, on ne sait pas où on va.
La meilleure preuve que les célibataires connaissent beaucoup mieux les enfants (et les femmes) que les pères de famille, c'est qu'ils ne se marient pas.