Je viens d'atterrir et j'ai le coeur brisé pour Paris et la France. Je prie avec vous. Je prie pour Paris.
Faire face à la mort, c'est finir par vivre.
Le jour même où le sentiment se déclare, nous prenons nos dispositions pour n'être pas surpris par son déclin.
Une comédie qui se termine par un mariage, c'en est une autre qui commence - ou bien, un drame.
Je ne dirais jamais de mal de la littérature. Aimer lire est une passion, un espoir de vivre davantage, autrement, mais davantage que prévu.
Quand le coeur d'une fille est pris, son amant n'a plus rien à lui demander.
La sérénité est la cellulite de l'âme.
Pour conserver longtemps le coeur de son amant, il faut toujours que l'espérance et la crainte agissent sur lui.
Un politicien est un individu dont les opinions politiques sont opposées aux vôtres. S'il a les mêmes idées que vous, c'est un homme d'Etat.
Du banc des ministres au ban de la société, il n'y a que l'espace d'un faux pas.
Electeur. Personne qui apprécie le distingué privilège de voter pour l'homme du choix d'un autre homme.
Il vaut mieux n'avoir pas tout à fait assez de ce qui est nécessaire que de ne jamais pouvoir avoir trop de ce qui est inutile.
Un homme devient grand, et tout à coup beaucoup de gens se font lierre, parce qu'il s'est fait chêne.
Les femmes polissent les manières, elles sont les vrais précepteurs du bon goût, les instigatrices de tous les dévouements. L'homme qui les chérit est rarement un barbare.
Célébrité n'est pas belle, et ce n'est pas ce qui nous grandit.
Lycée. 1/ Ecole antique où l'on s'entretenait de philosophie. 2/ Ecole moderne où l'on discute de football.
Etre juste une heure de temps, vaut mieux qu'adorer Dieu durant soixante années consécutives.
Penser est beau, prier est mieux, aimer est tout.
L'arbitraire est une arme à un si grand nombre de tranchants, que ceux qui la tiennent s'y couperont éternellement les doigts.
Quand la bourse se rétrécit, la conscience s'élargit.
Les gourmands font leur fosse avec leurs dents.
On n'aime guère un bonheur qui vous tombe ; on veut l'avoir fait.
L'obscénité est tout ce qui se trouve choquer un quelconque magistrat âgé et ignorant.
Examinez bien vos paroles et vous trouverez que, lors même que vous n'avez aucun motif d'être faux, il est très difficile de dire l'exacte vérité.
Un sot ne voit pas le même arbre qu'un sage.
Si nous n'avions pas tant de défauts, nous ne prendrions pas tant de plaisir à en remarquer chez les autres.
Les mêmes causes qui nous procurent des biens peuvent également nous causer des maux, tout en nous offrant le moyen de les éviter.
L'expérience, ce fruit tardif - le seul fruit qui mûrisse sans devenir doux.
L'antiquité est l'aristocratie de l'histoire.
Il n'y a pas de sots métiers, c'est entendu... Mais il y a ceux qu'on laisse aux autres.
La publicité, c'est la gloire du riche ; la gloire, c'est la publicité du pauvre.
Dieu est esprit, il pense, il veut ; mais ne l'humanisons pas : il ne pense et ne veut pas comme nous.
Les pensées de Dieu sont des fêtes oubliées.
Le beau n'est jamais inutile, il existe ne serait-ce que pour qu'on le haïsse.
Au pire des passions les hommes conservent un sens de l'équité qui manque aux femmes. Celles-ci, même scélérates, sont toujours intimement convaincues qu'elles ont raison. De là leur supériorité dans le combat.
Il faut dire du bien des femmes en général - et en particulier à chacune, du mal de toutes les autres.
Tâtons : une façon de compter sur ses doigts.
Il faut être modeste. Modeste, mais hautain.
Plutôt que de savoir ce qui a été fait, combien il vaut mieux chercher ce qu'il faut faire.
Le génie, c'est ce qui peut faire voir les étoiles en plein jour.
On n'est jamais ruiné quand on a bien à soi toute sa vie et tout son amour. Nous marcherions dans l'or que nous n'aurions aucun bonheur, si nous ne nous aimions pas.
L'ethnographie n'est-elle pas une tentative de rachat et un symbole d'expiation de l'Occident ?
Le désir est le grand ressort providentiel de l'activité ; tout désir est une illusion, mais les choses sont ainsi disposées qu'on ne voit l'inanité du désir qu'après qu'il est assouvi.
On n'a vraiment pas besoin de savoir pour aimer, et le temps que l'on dépense à tenter de connaître l'être qu'on aime, c'est tout le temps qu'il lui faut pour mourir.
Il ne peut y avoir de Créateur, tout simplement parce que son affliction devant le sort de sa création lui serait inconcevable et insupportable.
Il y a des âges pour les bons vins, mais non pour ceux qui les boivent.
Autrefois les hommes chantaient en coeur autour d'une table ; maintenant c'est un seul homme qui chante, pour la raison absurde qu'il chante mieux. Si la civilisation l'emporte, bientôt un seul homme rira, parce qu'il rira mieux que les autres.
S'il ne restait que deux hommes au monde, le plus fort n'hésiterait pas une minute, à défaut de suif pour frotter ses bottes, à tuer son unique compagnon afin d'en prendre la graisse.
Le spectacle de la mort, chez les jeunes gens, exalte la passion de vivre.
Le nom est plus qu'une désignation de la personne. Il est indissolublement lié à l'être. Nommer quelqu'un, nommer un objet, c'est le connaître à fond, jusque, dans ses parties les plus secrètes.