La vieillesse, c'est quand on commence à se dire : "Jamais je ne me suis senti aussi jeune".
Quand on ne peut plus remplir le coeur d'une femme, il faut encombrer sa vie.
Tout ce que réalise l'homme tourne autour d'un seul axe : l'homme lui-même.
C'est la politique de Satan de plaider en faveur d'une tolérance infinie et sans bornes.
Il n'y a point d'homme pour l'homme : nous vivons aux aguets les uns des autres, comme fait le chat de la souris.
Il n'y a pas d'affaires urgentes. Il n'y a que des affaires en retard.
Quand je suis dans l'eau, j'ai des idées. Quand j'en suis sorti, je sèche.
Il est dur de travailler pour un maître âpre, mais il est plus dur encore de n'avoir point de maître pour qui l'on travaille.
La mesure d'une erreur est en même temps la mesure de la vérité correspondante.
Le plaisir, c'est encore la seule chose qui oblige les hommes à un peu de précision.
La simplicité que je recherche est tout à côté de la complication et cette frontière est si mince, si fragile.
Chaque début d'écriture est un retour à la case départ. Et la case départ, c'est un endroit où l'on se sent très seul. Un endroit où aucun de vos accomplissements passés ne compte.
Renoncez à l'étude et vous n'aurez aucun souci.
Il n'y a plus d'intimité, plus de correspondance de l'âme dans ce qu'une lettre fait penser que dans ce qu'elle dit.
Les religions ne sont que des quêtes du bon mode d'emploi de l'existence humaine.
La bouche accuse, le coeur absout.
Autant d'hommes, autant d'opinions.
Les politiques ne manquent pas d'alléguer la raison d'Etat pour autoriser tout ce qu'ils font sans raison.
Les femmes les plus galantes deviennent sincèrement vertueuses quand il s'agit de condamner leurs rivales.
Les hommes ne sont pas des esclaves, ce n'est pas vrai, ils se flattent ; ce sont des domestiques volontaires qui aiment à changer de place et de maître.
Depuis que je suis marié, je n'ai jamais mis les pieds dans une autre femme.
On se vaut, bien que l'on ne se convienne pas.
Quelquefois je me dis : "Dieu nous pense. Il ne pense pas à nous".
Dieu est un animal que l'on traque, que l'on tente d'apprivoiser, qui toujours s'enfuit, rompt la longe par laquelle on tente de le domestiquer, regagne les contrées sauvages, inaccessibles à qui a perdu l'innocence.
C'est grand-peine d'ête vieux, mais ne l'est pas qui veut.
L'homme ne vit pas très longtemps. Question de vitesse de transit à travers le monde.
Une pièce de trois sous vaut toujours mieux qu'une larme.
Le public vient de rire aux oeuvres des auteurs comiques, mais il est bien le seul.
Peut-être que Dieu n'eût pas souffert le péché, s'il ne faisait ses délices de notre repentir.
De toutes les inventions de l'homme, je doute qu'aucune n'ait été aussi facile que celle du ciel.
L'imagination a été inventée pour alimenter l'espoir.
Ceux qui nient l'immortalité de l'âme se rendent justice.
La mort, gendarme féroce, est inflexible dans ses arrêts.
On prend goût à son désespoir. C'est plus facile que de lutter !
Les amours fougueuses, intemporelles n'appartiennent qu'à l'âge tendre.
Le propre des questions insolubles est d'être usées par la parole.
Dans le mariage, on fait l'amour par besoin, par devoir. Dans l'amour, on fait l'amour par amour.
L'histoire est faite de trous, de fosses... et de fosses communes.
Le regard, la voix, la respiration, la démarche sont identiques ; mais comme il n'a pas été donné à l'homme de pouvoir veiller à la fois sur ces quatre expressions simultanées de sa pensée, cherchez celle qui dit vrai, vous connaîtrez l'homme tout entier.
On ne peut passer sa vie à naître.
Le passé est fait pour se vivre, puisqu'il a été notre présent.
Il faut parfois puiser sa fortune au-dedans de soi.
Le temps des utopies ne dure jamais longtemps.
Ce qui est le pire, au fond, ce n'est pas de renoncer à un être. On finit toujours par trouver des raisons. C'est de renoncer à ce qu'il représente dans une vie.
On sait qu'il faut écrire simplement ; mais on ne pense pas des choses assez solides pour soutenir la simplicité.
Les gens ont une grande satisfaction à savoir ce que les autres ne savent pas.
Tout est prédit par le dictionnaire.
Les pâtes alimentaires aujourd'hui se vantent sur le premier mouvement de la symphonie n°25 de Mozart. C'est le mouvement allegro con brio. Mozart s'excuse, il n'avait pas pensé à composer un allegro al dente.
A qui doit mourir du choléra, Dieu dépêche le microbe du choléra, de même qu'il décerne le microbe du coup de pied dans le cul à celui qui doit recevoir un coup de pied dans le cul.
Tous les morts sont pauvres.