Il y a deux sortes de journalistes : ceux qui s'intéressent à ce qui intéresse le public ; et ceux qui intéressent le public à ce qui les intéresse - et ce sont les grands.
Les ennuis d'amour ont cela de bon que ils n'ennuient jamais.
Il est des moments où il ne vous resterait plus aucun droit si l'on ne pouvait mépriser.
Les vertus domestiques ont un parfum peu odorant.
Les femmes croient toujours ce qu'elles ont besoin de croire, tant pis pour elles.
Il y a un art d'écrire, celui de ne pas le suivre.
Le critère du développement du marxisme n'est pas la vérité, mais le pouvoir.
Les documents humains font les bons livres.
Ce sont les oiseaux les plus mal bigarrés qui chantent le plus mal.
Ce que l'on gagne est à soi et l'on a le droit d'en disposer.
Un créateur n'a que faire de l'amour, sa tâche le requiert sans partage.
En vieillissant, nous perdons le sens des vérités fondamentales.
L'expérience de l'un n'est pas nécessairement le malheur de l'autre.
On n'essaie pas d'aimer. On aime ou on n'aime pas.
Les prophètes prédisent, en se lamentant, l'histoire ancienne.
Les mêmes craintes, les mêmes calamités ramènent les mêmes terreurs.
Rien de grand n'a jamais eu de grands commencements.
La foi consiste à construire avec ce qui est là, afin d'atteindre ce qui est ailleurs.
Les choses sont comme les êtres, on peut toujours en y mettant le prix les posséder.
Les jours s'enfilent et se suivent sans se ressembler. Les plaies se referment ; l'oubli atténue la souffrance.
L'hostie est une pilule pour la foi.
À quoi sert d'avoir des idées, si ce n'est accompagné d'Alleluias ?
Les histoires vraisemblables ne méritent plus d'être racontées.
L'intelligence est insipide sans altruisme.
Toute mystique est outrance.
En Corse, il faut savoir à qui poser les questions mais surtout à qui ne pas les poser. Et quand vous obtenez une réponse, dans la plupart des cas, il faut savoir l'oublier.
A travers tous les trafics, manipulations ou transmutations génétiques de l'espèce, on est arrivé à un point de non-retour où l'on ne peut plus déterminer ce qui est humain ou non humain.
On appelle faiblesse les fautes des femmes qui ont une bonne réputation. Elles s'appellent scandales pour les autres.
Etre prodigue, ce n'est pas si commode. Ceux qui recherchent ce défaut ne l'ont jamais.
Il y a des sottises bien habillées, comme il y a des sots très bien vêtus.
Il y a beaucoup de remèdes pour lesquels on ne connaît pas de maladie.
Si on n'avait pas ce qui est rude, comment saurait-on ce qui est doux ?
Quelle que soit l'étendue de notre raison, au-delà se trouve encore davantage pour nous surprendre.
Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve.
Traduire de la poésie, c'est comme vouloir empailler un clair de lune.
On ne peut pas consommer grand chose si l'on reste tranquillement à lire des livres.
62400 répétitions font une vérité.
Bien rares sont les gens qui savent vraiment écouter.
La seule façon d'échouer pour moi, c'est de ne pas essayer.
L'orgueil en fleur a pour fruit des épis de crime dont on n'engrange, aux moissons, que des pleurs.
Le bonheur humain, s'il s'élève assez haut, ne meurt pas stérile ; de la prospérité naît un insatiable malheur.
Que la défiance soit votre compagne inséparable, vous serez à l'abri de tous les maux.
Ce n'est pas la plus forte ni la plus intelligente des espèces qui survivra, mais celle qui est la plus apte à changer.
Ma plume est une aile et sans cesse, soutenu par elle et par son ombre projetée sur le papier, chaque mot se précipite vers la catastrophe ou vers l'apothéose.
Quand il entend les autres prononcer le mot de « chance », il dit : « Ah oui ! Voilà comme les faibles appellent le courage. »
Décidément, cette chambre est triste. Les grosses araignées du matin, qu'on appelle pensées philosophiques, ont tissé leurs toiles dans tous les coins... Allons dehors.
On n'oublie jamais une femme qui a été votre femme.
Le bonheur est dans la jouissance du plaisir et dans l'absence de la douleur.
J'aime dans le chat cette indifférence avec laquelle il passe des salons à ses gouttières natales.
Les mains du Christ qui bénissent sont comme un toit qui nous protège. Mais elles sont en même temps un geste d'ouverture qui déchire le monde afin que le ciel pénètre en lui et puisse y devenir une présence.