Epousez une femme qui a de beaux yeux : il vous en restera quelque chose.
- Monsieur Bramard, une cigarette ? - Merci, j'essaie de commencer !
Le bonheur est une chose tellement fragile, de nos jours. On dirait qu'il y en a à peine assez pour tout le monde.
Un quart d'heure avant sa mort, il était encore en vie.
Ce n'est pas pour l'amour des êtres qu'on chérit les êtres : c'est pour l'amour de soi qu'on chérit les êtres.
L'individu s'oppose à la collectivité, mais il s'en nourrit. Et l'important est bien moins de savoir à quoi il s'oppose que ce dont il se nourrit.
Apprécier le moment présent autant que faire se peut.
La femme nous remet en communication avec l'éternelle source où Dieu se mire.
Il y a deux manières de prendre une femme : par la taille et par le sentiment.
Nous appelons désintéressé tout homme à qui l'intérêt de sa gloire est plus précieux que celui de la fortune.
L'amour ne tolère pas la liberté. Où il y a l'amour, il n'y a plus de liberté.
Ce qui est bien dit se dit en peu.
La manière d'obéir fait le mérite de l'obéissance.
Pour vivre centenaire, il faudrait abandonner toutes les choses qui donnent envie de vivre centenaire.
Dans l'adolescence, on aime les autres femmes parce qu'elles ressemblent plus ou moins à la première ; plus tard, on les aime parce qu'elles diffèrent entre elles.
Vous ne savez pas comment servir les hommes. Comment sauriez-vous servir les dieux ?
L'opinion publique est un composé de folies, de sagesse, de sentiments faux, de sentiments justes, d'obstination et de paragraphes dans les journaux.
Une des phases nécessaires de toute conquête, grande ou petite, c'est que les conquérants se querellent entre eux pour la possession et le partage des biens des vaincus.
Presque toujours, en politique, le résultat est contraire à la prévision.
Otez à nos savants le plaisir de se faire écouter, le savoir ne sera rien pour eux.
Le hasard ? Mais c'est Dieu qui garde l'anonymat.
En politique une absurdité n'est pas un obstacle.
Rendez donc à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.
Qui nous voit trop souvent voit bientôt qu'il nous lasse.
Les grands hommes ne s'abusent point sur leur supériorité; ils la voient, la sentent, et n'en sont pas moins modestes.
Si Dieu apparaît le plus souvent aux femmes, c'est qu'il tient à leur faire part d'un mystère qu'il veut rendre public.
Les femmes sont extraordinaires. Elles savent se servir de leur moindre atout : l'une, c'est sa démarche, l'autre, son décolleté, une troisième, ses jambes... Il y en a même qui se servent de leur intelligence !
La renommée est la messagère indifférente du mensonge et de la vérité.
La haine est la plus grande affaire de la vie. Les sages qui ne haïssent plus sont mûrs pour la stérilité et pour la mort.
Quand nous sommes jeunes, nous souhaitons de chastes épouses, sans savoir tout ce que nous coûtera leur vertu.
Et Dieu dit : "Le néant existe, c'est moi qui l'ai créé".
Dieu n'est-il pas le poète suprême en tant qu'il improvise les mondes ?
Dieu, autrefois moins vivant qu'on ne l'a cru, est aujourd'hui moins mort qu'on ne le dit.
Les prétextes n'ont jamais besoin d'être vraisemblables ; autrement, ils seraient des raisons, non des prétextes.
Quand le présent finit, ménageons l'avenir : Du roi qu'on a vu prince on peut tout obtenir.
L'amour est un mot qu'il faut se garder de prononcer. Ce qui compte, c'est la réalité.
Seuls les grammairiens sont assez naïfs pour penser que l'exception confirme la règle.
Il y a des choses communes qu'il ne faut pas dédaigner : rien n'est aussi commun que le soleil, si ce n'est l'amour.
Un bon divan est souvent ce qu'il y a de plus efficace pour meubler une conversation.
Faire du zèle est dangereux.
Le corps humain doit être allergique à l'air puisqu'il le recrache dès qu'il en avale.
Il y a des gens qui préfèrent au succès la satisfaction qu'ils trouvent en eux-mêmes.
Celui qui, par hasard, a une honnête femme vit heureux avec un fléau.
Quand nous regardons une femme, nous pensons à nous, tandis qu'elle, maligne, c'est à nous qu'elle pense.
Si beaucoup te craignent, méfie-toi d'eux.
Les statistiques sont une forme d'accomplissement de désir, tout comme les rêves.
Puisque nous ne savons pas à l'heure actuelle comment rendre les ordinateurs sages, nous ne devons pas leur confier de tâches demandant de la sagesse.
A trente ans, tout est joué : oeuvre, carrière, amour, destinée. Après, il suffit de suivre les rails - chemin de velours ou mauvaise glissade, peu importe - on "suit" sa pente. Entre vingt et trente ans, on la "fait".
Il faut aimer beaucoup pour avouer à quelqu'un sa misère.
Les soucis d'une fortune à édifier entraînent presque fatalement la dureté du coeur.