Qui donne aux pauvres prête à Dieu ; qui donne à l'Etat voudrait bien ne pas prêter à rire.
L'usage exige qu'un sadique reconnaisse le meurtre mais non pas le plaisir.
C'est fou comme la voix seule peut dire d'une personne qu'on aime - de sa tristesse, de sa fatigue, de sa fragilité, de son intensité de vivre, de sa joie. Sans les gestes, c'est la pudeur qui disparaît, la transparence qui s'installe.
Celui qui, par hasard, a une honnête femme vit heureux avec un fléau.
La vie ressemble à la maladie en ce qu'elle procède par crises et usure progressive, comme elle comporte aussi ses améliorations et aggravations quotidiennes. Mais, à la différence des autres maladies, la vie est toujours mortelle.
Pour adorer Dieu, il faut devenir Dieu.
Nous sommes des animaux étranges : les défauts que nous condamnons le plus sévèrement chez les autres sont ceux dont nous ne pouvons nous corriger.
La chance, c'est une question de veine.
Un homme courtois doit, avant d'entrer dans la mort, faire passer sa femme avant lui.
Ne prendre de ce monde que ce qu'il faut pour achever notre route.
Quand le ressort secret des volontés s'est détendu, il ne sert à rien de remonter les mécanismes.
Les statistiques sont une forme d'accomplissement de désir, tout comme les rêves.
Le monde n'a peut être pas de sens, mais il a des structures, et tout est là.
Il faut aimer beaucoup pour avouer à quelqu'un sa misère.
La vertu n'est pas photogénique.
Il n'y a pas d'autre drame dans la vie d'un être que celui de l'instant, se répétant sans fin, de sa première perte de pureté...
La vie que l'on recherche ressemble toujours à nous-mêmes.
S'ils invoquent le ciel, c'est pour usurper la terre.
Si le mensonge n'existait pas, il n'y aurait nul besoin de le conjurer en disant des "je le jure".
Beauté grecque : femme laide portant une amphore.
On a souvent parlé de la couleur et de la saveur des mots. Mais on n'a jamais rien dit de leur tension, de l'état de tension de l'esprit qui les profère, dont ils sont l'indice et l'index, de leur chargement.
Dans notre monde, seuls les sots sont punis, non les vicieux.
Prétendre avoir été exhaustif quant aux potentialités de l'avenir, c'est un sommet dans l'histoire de la sottise.
Le monde est une comédie pour ceux qui réfléchissent et un tragédie pour ceux qui sentent.
J'ai toujours pensé que les salaires devaient s'établir en raison inverse de l'intérêt que l'on prend à son travail.
A Los Angeles, ils ne jettent pas leurs ordures. Ils en font des émissions de variétés pour la télévision.
Là où les idées manquent, un mot arrive toujours à temps.
Quand tout est permis, il y a peu de conflits.
Le plaisir d'un texte, le ravissement d'une interprétation ne sont pas liés au prix du livre ou de la chaine hi-fi.
L'amitié est "réduite aux acquêts", elle va généralement croissant, ce qui n'est pas toujours le cas pour l'amour.
L'affirmation de la vie ne va pas sans la pensée de la mort, sans l'attention la plus vigilante, responsable, voire assiégée, obsédée de cette fin qui n'arrive pas à arriver.
Souvenez-vous que chacun vit dans son univers.
En journalisme, on peut écrire une mauvaise page aujourd'hui à condition d'en écrire une bonne demain. Dans une pièce de théâtre, il faut déchirer la page mauvaise.
Un baiser, c'est du fuego, c'est pas de la bave d'escargot.
Se demander si les choses sont vraies avant de se demander ce que nous en pensons est un exercice qui finit par paraître ingénu, tant il est passé de mode.
La vieillesse aime bien faire un câlin avec le temps.
Le clonage véritable n'est pas dans les éprouvettes mais sur nos murs, dans nos magasins et sur nos journaux !
Les musées d'art de Paris contiennent les plus belles collections de cadres jamais vues.
Le charme est une notion étrangère aux urbanistes.
Le problème de réforme de l'état est "incontournable". Ce qui signifie qu'on la contourne depuis deux siècles !
La sexualité, c'est quelque chose que l'on a à l'intérieur de soi, une espèce de dynamique, de mouvement, de perpétuelle pulsion qui s'oriente vers un premier plaisir qui est le plaisir du corps propre.
C'est un défaut courant des hommes : penser qu'avec un peu d'argent ils obtiendront toujours ce qu'ils voudront.
Vivez votre vie en ne célébrant pas les victoires, mais en surmontant les défaites.
L'esprit ne se développe jamais dans la corruption et le mensonge.
Le corps s'en va, le coeur séjourne.
Le port du foulard imposé par les courants fondamentalistes signifie qu'une femme doit cacher ses cheveux pour ne pas être objet de désir.
Le fantastique est une ressemblance abstraite des choses par l'imagination.
Ma vie est là pourtant, très exacte et très vraie,Harnais quotidien, sonnailles de grelots,Comédie et roman, faux rires, faux sanglots,Et cette herbe des sens folle, comme l'ivraie...
Peut-être que le bonheur c'est ça : ne pas avoir l'impression d'être ailleurs, faire autre chose, être quelqu'un d'autre.
Pour réussir quoi que ce soit dans ce jeu, vous devez être prêt à vous aventurer dans les limites du désastre.