Trop gouverner est le plus grand danger des gouvernements.
Il y en a qui n'ont tout leur esprit que lorsqu'ils sont de bonne humeur, et d'autres que lorsqu'ils sont tristes.
Monsieur, vous avez fait un faux numéro, mais je vous passe ma femme. Elle se fera un plaisir de vous faire la conversation.
Comme le corps s'accroît par les aliments, notre esprit s'accroît par les idées.
Pourquoi n'aimerait-on pas sa femme ? On aime bien celle des autres.
Tant d'hommes et de femmes subsistent sans exister, car ils ne comptent aux yeux de personne !
Tout est permis en dedans.
Le mauvais exemple est contagieux.
Quand nous sommes las d'aimer, nous sommes bien aises que l'on devienne infidèle, pour nous dégager de notre fidélité.
Une poule est seulement la façon d'un oeuf de faire un autre oeuf.
La justice sans force, et la force sans justice : malheurs affreux.
C'est le faible qui s'offre le plus souvent à secourir le faible.
On aime à deviner les autres, mais l'on n'aime pas à être deviné.
On n'acquiert tout pouvoir sur les autres qu'en renonçant à tout pouvoir sur soi-même.
Attribuer une haute valeur à l'opinion des hommes, c'est leur faire trop d'honneur.
Les proverbes sont de courtes maximes tirées d'une longue expérience.
Une femme disait : les aveux vraiment flatteurs ne sont pas ceux que nous faisons, ce sont ceux qui nous échappent.
L'amour est le côté idéal de Dieu, l'égoïsme son côté réel.
L'ambiguïté est une richesse.
Les journaux sont un peu comme les spectacles. Plus il y a d'histoires tragiques, plus cela intéresse les gens.
Et si nous n'étions rien de plus que le souvenir de quelqu'un ?
Nos besoins de haine sont satisfaits, mais nos besoins d'amour restent inoccupés.
Ce sont les oiseaux les plus mal bigarrés qui chantent le plus mal.
Comme ceux de la Providence, certains dessins sont impénétrables.
Ne nous leurre-t-on pas depuis des siècles à propos des avantages et de l'utilité de l'éducation ?
Si ce n'est pas expressément interdit, c'est permis.
Le malheur est un grand maître, qui ploie le plus souvent sous son bras d'acier les caractères les plus intraitables.
Le pouvoir n'est pas une invention, c'est un état de fait et un état de siège.
Opéras. Ces mélodrames de grande classe pour tempéraments tragiques.
Les jours s'enfilent et se suivent sans se ressembler. Les plaies se referment ; l'oubli atténue la souffrance.
Une bonne terreur, de temps en temps, vous remet les idées en perspective.
On est toujours moins seul qu'on ne croit.
Sans doute nous ne battons plus la table contre laquelle nous nous cognons, mais pour des coups différents, quoique de nature analogue, nous avons inventé le mot destin, que nous nous entendons à accuser.
Un livre devrait être un geste.
Il n'y a plus d'auteurs au théâtre ; s'il y en avait, cela se saurait, ils seraient publiés.
Pour longue que soit la route, elle conduit toujours en un lieu habité.
L'attention est une forme de prière.
Dieu ne s'occupe pas des fins de mois.
Pourquoi privilégier ce qui n'existe plus au détriment de tout ce qui est là ?
On ne guérit jamais complètement, quand on a écrit. On n'en est jamais quitte avec ce poison.
La plupart des problèmes matrimoniaux de nos jours proviennent du fait que nous dorlotons trop nos charmantes compagnes.
La volupté est la plus courte forme de l'oubli.
Qui est avec moi est contre moi.
Je ne suis pas du tout un playboy. J'ai passé mon temps à tomber amoureux de telle ou telle fille et de le lui dire avec un tel épanchement de passion et de tendresse, que rien quoi, ça se terminait toujours dramatiquement.
Je pense que les hommes qui ont une oreille percée sont mieux préparés pour le mariage : ils connaissent déjà la douleur et ont déjà acheté des bijoux.
Il n'est pas de chagrin qu'un livre ne puisse consoler, disait Montaigne et Montaigne avait toujours raison.
Folles amours font les gens bêtes.
Il ne convient qu'à un scélérat de perdre la vie par une sentence.
On veut toujours croire que son père va régler tous les problèmes, va abattre toutes les murailles et, brusquement, on voit son père s'excuser, on le voit baisser la tête, on le voit devenir un enfant. Et plus enfant que nous.
Quelle bonne chose ce serait si les scientifiques mouraient à 60 ans, car passé cet âge, leur opposition à toute théorie nouvelle est certaine.