A frotter, jour après jour, les barreaux de sa cage pour la rendre plus attrayante et à s'y cogner le nez le reste du temps, l'oiseau finit-il par en oublier sa chanson...
Jamais aucun triomphe n'est à ce point décisif, l'on n'aboutit jamais à de l'absolu.
On comprend assez tôt que la vie est une horrible chose dont on se serait bien passé.
Notre souffrance, dans l'immédiat, est faite pour s'intégrer dans l'ordre du monde, où elle se transforme en équilibre, donc en bonheur.
Les rêves de jeunesse sont des rêves solitaires qui durent peu.
Il est difficile de dire avec vérité à partir de quel mot commence une révolution.
Les choses et les phénomènes se transforment, passent à leurs opposés, reviennent changés, mais ce qui fait que les choses sont les choses n'est pas une chose et reste fixe.
L'argent donne moins de valeur aux choses qu'elle ne lui en confèrent.
Nous avons dit souvent d'impérissables choses.
Tu veux bâtir des cités idéales, détruis d'abord les monstruosités : gouvernements, casernes, cathédrales, qui sont pour nous autant d'absurdités.
Si un écrivain est couronné, encensé, il considère que c'est la juste contrepartie de son talent, s'il est ignoré de la critique, dédaigné par le public, il en tient l'attachée de presse pour principale responsable.
Les libéraux peuvent comprendre tout sauf les gens qui ne les comprennent pas.
Il y a des livres qu'on voudrait pouvoir envoyer à ceux qui sont morts.
Le théâtre sert à créer une dialectique, pour que les gens réfléchissent à leur vie, à son sens : pourquoi est-on là et à quoi cela sert-il ?
La célébrité c'est bien ; la postérité c'est mieux.
Sur la littérature universelle plane un nuage d'alcool.
Mon copain pensait qu'il n'allait pas y arriver. Il s'est alors mis à positiver. Maintenant qu'il positive, il ne va plus le faire.
Il y a de l'espoir pour tout le monde, c'est ce qui fait tourner l'univers.
Tout écrivain commence par être un lecteur.
C'est l'idée du despotisme qui nous donne l'idée de la démocratie.
Un écrivain ne doit jamais perdre cet «état d'enfance». Un état qui n'est pas nécessairement de l'immaturité ou de la sentimentalité, mais une manière de regarder les choses comme si on les voyait pour la première fois.
Toutes les directions ne se valent pas ; ceux qui cherchent leur chemin le savent bien.
Dans toutes les oeuvres d'art difficile d'accès, le lecteur est récompensé de ses efforts : il est bouleversé.
Celui qui chante retrouve la vie, retrouve le cri de l'enfant Dieu.
Les siècles ne sont-ils que des points de repère pour une vieille fille, l'histoire ?
Les hommes seraient un peu plus intéressés par la monogamie si elle sonnait moins comme "monotonie".
Le passé ne sert qu'à l'avenir, rien ne sert de s'y attarder.
Dans les choses l'homme ne peut que se perdre et se disperser.
Se vaincre, en plein triomphe, est triompher deux fois.
Il faudrait pouvoir unir les contraires, l'amour de la vertu avec l'indifférence pour l'opinion publique, le goût du travail avec l'indifférence pour la gloire, et le soin de sa santé avec l'indifférence pour la vie.
Les objects inanimés peuvent être classés en trois catégories : ceux qui ne fonctionnent pas, ceux qui tombent en panne et ceux qu'on ne retrouve jamais.
L'ambition ne vieillit pas.
Les fausses mauvaises idées ont de l'avenir dans la pub.
J'ai gardé des preuves pour montrer que j'ai toujours payé mes impôts : regardez, j'ai gardé les chèques !
La poésie, pour moi, c'est l'affiche sur laquelle on découvre une sublime nana.
S'engager, c'est vraiment redistribuer un peu de la chance qui a été la sienne aux moins heureux.
C'est à travers les relations avec autrui, et par leur intermédiaire, qu'on prend conscience de son propre vieillissement ; soi-même, on a toujours tendance à se voir sous les espèces de l'éternité.
Ne juge pas la journée en fonction de la récolte du soir, mais d'après les graines que tu as semées.
Tu penses avoir tout perdu, mais en ce moment une personne avec beaucoup moins que toi est heureuse.
C'est à travers la mort que l'on connait la vie.
La compassion est le sourire de la générosité.
Ils ne demandaient rien d'autre que d'être heureux ensemble. Même pas heureux d'ailleurs, ils n'étaient plus si exigeants. D'être ensemble, c'est tout.
Cela avait-il un sens, au fond, de lire et de ne pas parler ? Lire servait-il à faire parler ? Le silence des mots lus poussait-il vers le dehors le chahut bruyant des mots dits ? Comment se supportaient-ils, les [...] ► Lire la suite
Je vertige de vivre,Plus loin plus haut,L'extase et l'immensité,Je vertige d'être vivant.
J'avais envie de parler d'amour, probablement parce que c'est quelque chose qui fait partie de moi. Dans le fond, c'est une chose agréable à exprimer, tout simplement.
Je n'aime pas l'amour raisonnable, il faut aimer violemment.
C'est quand on a tout perdu qu'on se retrouve.
Il faut une grande hardiesse pour oser être soi : c'est surtout dans nos temps de décadence que cette qualité est rare.
Voyez comme le colonialisme est perfide, têtu, funeste.
Mais tant qu'on vous résistera, que rien ne vous retienne, pas même la vue d'un père dans les rangs ennemis.