En amour, les grands plaisirs touchent de près aux grandes douleurs.
On a la chance de vivre dans un pays où depuis Rabelais, on a une grande liberté. La Révolution a aussi provoqué la naissance de la presse, qui a engendré le dessin de presse et décoincé des choses.
Avec tout l'argent du monde, on ne fait pas des hommes : on les dégrade.
L'économie ne sait même pas prévoir d'imminents désastres dans sa propre sphère.
Certains croient que le génie est héréditaire : le Ciel ne m'a pas donné de progéniture.
L'intelligence, c'est la tentation vaine de se passer du temps.
Il n'y a qu'une chose qui se démode : la mode, et c'est la mode qui emporte le succès.
La gauche est une patrie ; on en est ou on n'en est pas.
Il n'y a que deux sortes d'hommes sur la terre : ceux qui donnent et ceux qui reçoivent. Les seconds haïssent toujours les premiers.
Vie : c'est l'espace de temps que l'on met à parcourir en partant d'un trou pour entrer dans un autre.
C'est déjà assez triste d'être ruiné. S'il fallait encore restreindre son train de vie.
Pour faire l'amour, soignez votre visage, et pour soigner votre visage, faites l'amour.
Soyez des spectateurs attentifs là où vous ne pourrez pas être des acteurs.
La plupart des gens ont des sensations conventionnelles.
L'argot, c'est le latin des affranchis.
La vie a mille aspects, le néant n'a qu'un moule.
Coucher avec une fille, ce n'est que lui faire ce qui lui plaît : de là à lui faire faire ce que nous voulons, il y a souvent bien loin.
Le mariage est un état trop parfait pour l'imperfection de l'homme.
La nature féminine est un abandon sous forme de résistance.
Nous parlons plutôt que nous ne pensons.
Le hasard dans certains cas, c'est la volonté des autres.
Vous cherchez Dieu ? Alors cherchez-le dans l'homme.
Il faut tenir à une résolution parce qu'elle est bonne, et non parce qu'on l'a prise.
Il ne faut pas s'irriter contre le cours des choses.
Le gain de la recherche, c'est la recherche elle-même.
L'idéal : ce lieu commun qui ne trouve nulle part.
Mettre la dernière main à son oeuvre, c'est la brûler.
Dans les monarchies, le grand art pour parvenir à une place éminente, ne consiste souvent qu'à savoir s'ennuyer.
Nous ne pleurons pas, parce que nous sommes tristes. Nous sommes tristes parce que nous pleurons.
Dans les discours, les grands sujets sont le contraire des femmes : moins on les serre de près, mieux on les embrasse.
Il y a deux manières de plaire : amuser et intéresser.
La vertu. Un effort sur soi-même en faveur des autres.
Les vertus sont frontières des vices.
Les femmes ne perdent jamais une occasion de se montrer mystérieuses.
Chaque tête a une possibilité donnée et limitée de se créer les illusions qui lui sont nécessaires.
La plupart des écrivains font leurs livres chiants pour faire croire qu'ils sont longs.
Une Anglaise est la lutte de la chlorose et de la couperose.
L'ambition enivre plus que la gloire.
Obscur, l'écrivain l'est d'abord à lui-même et il ne se connaît jamais si bien que lorsqu'il est célèbre.
Si les talons hauts étaient si merveilleux, les hommes en porteraient.
Il ne faut pas se faire d'illusions : ce qu'on appelle communément le peuple n'est pas plus fou que l'élite ; la seule différence, c'est qu'il n'est pas toujours capable de le dire.
Surtout ne posons pas de questions, car nous savons bien que n'existent pas les réponses apaisantes.
Les pensées qui blessent viennent du dehors, du passé.
Devant la peur, les plus braves deviennent des lâches ou des héros...
Le pourrissement de l'attente, l'ennui.
Un président n'a pas d'amis.
La façon dont un individu se définit lui-même est déterminée par une vision intérieure, la manière dont il se voit lui-même, et par une vision extérieure, la manière dont il est vu par les autres.
Le signe doit tenir lieu de la chose en l'absence de celle-ci, la représenter au loin, à la fois détaché de la chose mais aussi suffisamment attaché pour ne renvoyer qu'à elle.
Les deux types de révolutionnaires : les apôtres et les techniciens.
La plupart des bienfaiteurs ressemblent à ces généraux maladroits qui prennent la ville et qui laissent la citadelle.