L'accent est l'âme du discours, il lui donne le sentiment et la vérité.
L'être humain n'a jamais le temps d'être, il n'a jamais le temps que de devenir.
Moi, l'amour je ne le cherche pas, je l'attends.
Le doute est en effet un état de balancement ou une espèce d'équilibre où les enfants ne peuvent pas se tenir.
La mémoire, c'est comme l'écho qui continue à répercuter après que le son s'est éteint.
Un homme qui garde des chaussettes de ville avec un bermuda ne peut pas être totalement mauvais.
Dis-moi où chercher la Vérité... Elle doit être chez Dieu. Dieu l'a prise au ciel et se l'est gardée pour lui.
L'avare ne fait de bien que quand il meurt.
La vérité triomphe parfois, quand elle cesse de l'être.
L'individu à lui seul est un être pauvre, un être facilement vaincu, et il a besoin d'un milieu favorable pour développer ses possibilités. Mais la société n'existe que pour l'individu et non pas l'inverse.
Le coeur est le dépositaire des nobles sentiments ; et le caractère en est la sentinelle.
On nous a donné le sommeil pour nous reposer de vivre avec nous-mêmes.
Quand une fois on a goûté au suc des mots, l'esprit ne peut plus s'en passer. On y boit la pensée.
Lire est une forme de paresse dans la mesure où on laisse le livre penser à la place du lecteur. Le lecteur lit et se figure qu'il pense ; de là ce plaisir qui flatte l'amour-propre d'une illusion délicate.
L'égalité des droits, quand le droit est bafoué, c'est toujours bon à prendre !
Ne flatte pas le peuple qui veut.
Quand pour une grande cause, tous les hommes d'un grand pays mettent en commun ce qu'ils ont de grand, ils sont plus grands que le plus grand des hommes.
Le monde compte plus d'imbéciles que d'habitants.
Dans presque tous les mythes fondateurs, personne n'a de pire ennemi que son frère, si ce n'est son père qui, craignant une alliance des frères contre lui, prend parfois les devants et les tue.
La solitude de Dieu est Sa force.
Un départ, ça ressemble toujours à une désertion...
C'est fou comme la voix seule peut dire d'une personne qu'on aime - de sa tristesse, de sa fatigue, de sa fragilité, de son intensité de vivre, de sa joie. Sans les gestes, c'est la pudeur qui disparaît, la transparence qui s'installe.
Les camps de camping, c'est quelque chose ! C'est un truc qui pue, qui coûte cher, où les gens s'entassent par plaisir et que si demain ils étaient obligés d'y aller, ils gueuleraient comme jamais !
Le grand art, c'est toujours de l'érotisme camouflé.
Les explications relèvent toujours d'une mauvaise conscience.
La charité couvre la multitude des péchés.
La mer, c'est une chose d'une monotonie formidable, une chose qui efface tout.
Les esprits sont comme les parachutes. Ils ne fonctionnent que quand ils sont ouverts.
Quand le ressort secret des volontés s'est détendu, il ne sert à rien de remonter les mécanismes.
La neige, ce n'est rien, du néant que nous passons notre vie à déplacer entre deux courts étés.
C'est quand on est jeune qu'on doit en profiter pour faire les choses sans penser. Après on passe son temps à penser aux choses qu'on n'a pas pu faire.
Le retour à la terre n'est pas tant un remède à la crise économique qu'à la crise morale. La terre n'attend que des bras pour produire et rendre l'homme meilleur.
Le poids du souvenir, la seule chose qui compte dans les moments suprêmes.
Au fond, tous les êtres se ressemblent tellement. Ils veulent tous la même chose.
Nous ne maîtrisons que ce que nous trouvons finalement ridicule, c'est seulement lorsque nous trouvons le monde et la vie qu'on y mène ridicules que nous avançons, il n'y a pas d'autre, pas de meilleure méthode.
L'imprévisible apparaît comme un défi scandaleux lancé à la face d'un monde dont le coeur bat chaque jour davantage au rythme des ordinateurs.
Le luxe et l'éclat de la fleur affirment que le bonheur est au bout de la passion satisfaite ; son affaiblissement et ses pâles couleurs, que la souffrance est au bout de la passion comprimée.
Un homme ne doit se mirer que dans les yeux d'un adversaire, et seulement pour une question d'honneur.
Avant tout le théâtre est une cérémonie.
Un manteau royal va toujours bien. C'est le triomphe de la confection.
Si les êtres mettaient à réussir leur existence la même énergie qu'ils consacrent à persuader les autres, le monde serait un jardin de roses.
Nous bricolons plus ou moins notre vie pendant soixante à quatre-vingts ans, et ensuite, quand nous savons à peu près comment il faudrait vivre, il nous faut mourir.
Le plaisir d'un texte, le ravissement d'une interprétation ne sont pas liés au prix du livre ou de la chaine hi-fi.
Peu importe le niveau de virilité d'un homme, il en perd 50% dans une jacquette d'hôpital.
Se sentir écrivain ne dispense pas d'écrire, cela s'éprouve, on ne peut pas se croire sur parole.
C'est en voulant connaître toujours davantage qu'on se rend compte qu'on ne sait pas grand-chose.
Souvenez-vous que chacun vit dans son univers.
Remède. Agent thérapeutique qui guérit rarement le mal qu'on a mais donne à chaque instant un mal qu'on n'avait pas.
Tant que l'on fera perdre la vie aux voleurs comme aux meurtriers, les vols ne se commettront jamais sans assassinats. Les deux délits se punissant également, pourquoi se refuser au second, dès qu'il peut couvrir le premier ?
Le rite est une méditation active.